30 septembre 2026

Temps de lecture : 1 min

Soumission chimique : avec Gisèle Pelicot, une campagne montre pourquoi les victimes peinent à témoigner

L’association M’endors pas a lancé le 28 septembre en France une campagne conçue avec Havas Paris pour sensibiliser à la soumission chimique. Diffusée jusqu’au 18 octobre, elle invite les personnes qui soupçonnent une agression à chercher de l’aide, même en l’absence de souvenirs précis du moment.
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Crédit photo : AFP

Dans un studio, plusieurs personnes sont interrogées sur ce qui s’est passé avec leur compagnon, leur beau-père ou un collègue. Elles restent silencieuses, incapables de raconter. C’est le point de départ de la campagne conçue par Havas Paris pour M’endors pas, l’association fondée par Caroline Darian pour lutter contre la soumission chimique. Leur démarche est parfaitement résumé par l’accroche de la campagne : « Il y a des crimes que l’on ne peut pas raconter, parce qu’on ne s’en souvient pas ».

La soumission chimique consiste à administrer une substance psychoactive à quelqu’un à son insu ou sous la contrainte pour commettre un crime ou un délit, notamment une agression sexuelle. Il peut s’agir de drogues, mais aussi de médicaments détournés de leur usage.

Ces substances peuvent réduire la vigilance et provoquer des pertes de mémoire. Une victime peut donc ne garder que des souvenirs fragmentaires, voire aucun souvenir de la dite agression. C’est justement cette difficulté à comprendre puis à raconter les faits que le film met en scène.

Gisèle Pelicot, mère de Caroline Darian et victime de soumission chimique dans l’affaire des viols de Mazan, apparaît dans la dernière séquence. Elle invite les personnes qui soupçonnent une agression à contacter le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances, le CRAFS. Ce service les renseigne notamment sur les analyses possibles et les oriente vers la prise en charge la plus adaptée. Le message de l’association est précis : ne pas se souvenir ne doit pas empêcher de demander de l’aide.

Lancée le 28 septembre avec le soutien du ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, la campagne sera diffusée jusqu’au 18 octobre à la télévision, dans la presse, sur les réseaux sociaux et en affichage dans plusieurs grandes villes.

Notre insight

En évoquant un conjoint, un membre de la famille ou un collègue, le film rappelle que le danger peut venir d’une personne de son cercle proche. Il élargit ainsi la prévention au-delà de l’image du verre drogué par un inconnu en soirée, qui ne représente qu’une partie des situations vécues.

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