8 juin 2026

Temps de lecture : 4 min

GenZ : plus active, plus prudente face à l’information, plus exigeante dans le travail qui doit être intéressant et rapporter assez (Etude « Moi Jeune » de 20 Minutes)

Depuis 10 ans, 20 Minutes scrute les 18-30 ans avec son étude "Moi Jeune", réalisée avec OpinionWay. Cette édition anniversaire montre de vrais mouvements dans leur manière de se définir, de se projeter dans l’avenir et aussi de s’informer. A méditer à quelques mois de la prochaine échéance présidentielle…

(c) 20 MInutes

Comprendre les aspirations, les usages, les inquiétudes et les contradictions des 18-30 ans pour faire « un selfie sans cliché » de cette génération qui a grandi dans l’instabilité. Voilà toute l’ambition de l’étude « Moi jeune » que 20 Minutes déploie depuis 2016 et qui aborde différents sujets qui font écho à la réalité des jeunes : l’identité, l’engagement, la santé mentale, le rapport au travail, la crise du logement, le sommeil, les vacances, la déconnexion, le cyberharcèlement, le sexe, les relations amoureuses, les jeux vidéo…

Les résultats de l’étude 2026, dont les résultats ont été dévoilés le 4 juin, montrent une génération très polarisée et à l’identité plus éclatée, en recherche de stabilité notamment dans le couple… Et aussi une génération qui se positionne davantage, notamment sur sa capacité à influer sur la société et dans son rapport à l’information.

Deux tiers des 18-30 ans cherchent eux-même l’info

Longtemps décrits comme passifs face aux flux et aux algorithmes, les 18-30 ans sont devenus beaucoup plus actifs dans leur manière de s’informer, en allant vérifier les informations à la source, en les croisant et les contrôlant. A plus forte raison depuis que et le flou est devenu « le nouvel allié de la désinformation ». Dans leurs usages quotidiens :

  • 66 % vont eux-mêmes chercher l’info (+26 points vs 2017)
  • 20 % laissent l’information venir (+10 points)
  • 12 % font « un peu les deux », soit un score en dégringolade par rapport aux 50 % de 2017

Une génération plus sceptique et prudente face à l’information

Face au déferlement des fake news, aux contenus générés par l’IA, aux algorithmes et à la multiplication des sources, toute information – même exacte – devient potentiellement suspecte, pour peu qu’elle soit atypique, étonnante ou apparemment invraisemblable.

Près d’un jeune sur cinq (19 %) ne sait pas dire s’il a déjà été manipulé ou pas, un score en hausse de 16 points par rapport à 2017.

« Aujourd’hui, le sujet n’est plus uniquement de savoir si on croit ou non aux fake news, mais le délai de prise conscience que l’on s’est fait avoir. On voit un déplacement entre deux formes de vulnérabilité et la montée en puissance du doute », a souligné Eléonore Quarré, responsable des études Société du pôle Société d’Opinionway.

Les 18-30 ans évoluent aussi dans un univers médiatique qui a évolué, comme l’a souligné François Gemenne, enseignant à HEC, spécialiste de la gouvernance climat et des migrations, tout au moins pour ce qui concerne son domaine d’expertise :

« Certains médias sont devenus de plus en plus militants et beaucoup de jeunes journalistes vivent leur média comme un canal de militantisme. Aujourd’hui, on déconseille à nos étudiants, eux-mêmes de plus en plus polarisés, de s’informer dans la presse qui s’est muée en tract militant. »

En cette année présidentielle, 20 Minutes, qui cible principalement les jeunes actifs et de plus en plus à travers la vidéo, met plus que jamais en avant son positionnement autour d’une une information gratuite et non partisane :

« C’est un rôle majeur que nous entendons jouer auprès des jeunes actifs mais aussi de tous les publics qui sont plus éloignés de l’information, dans les zones périurbaines et rurales », explique sa directrice de la rédaction Fanny Annoot-Oualia.

Plus confiants qu’il y a 10 ans dans leur capacité à faire bouger la société

En 2017, 71 % des 18-30 ans se vivaient comme « spectateurs de leur époque » et avaient le sentiment de ne pas être en mesure de faire bouger la société. En 10 ans, ils ont retrouvé confiance dans leur capacité d’action : 49 % des jeunes estiment avoir, à leur échelle, un impact sur la société (+20 points) et un jeune sur deux continue de penser que sa génération réinventera la manière de faire de la politique.

« Les mobilisations climatiques, les engagements numériques, les collectifs locaux ou encore les nouvelles formes d’expression ont progressivement reconstruit ce sentiment d’utilité », note l’étude.

La « génération climat » est pourtant loin d’avoir totalement retrouvé la patate :

  • 55 % pensent aujourd’hui que leur génération sera capable de relever les défis écologiques (+7 points vs 2017)
  • 71 % déclarent malgré tout se sentir dépassés face à la situation environnementale

Leur confiance reste aussi assez contrastée dans la manière de se percevoir :

  • 46 % estiment désormais que leur génération a moins confiance en elle (+8 points)
  • 30 % pensent au contraire qu’elle en a davantage (+11 points).

Un paradoxe ? Plutôt le signe d’une génération plus polarisée qu’il y a dix ans. Là aussi, c’est le « ventre mou » des réponses – les « ni plus ni moins confiance en elle » – qui s’est effondré, passant de 43 % en 2018 à 19 % en 2026.

Au travail, la fin des concessions

Le rapport de la GenZ au travail est un sujet multi-étudié, qui continue pourtant d’interroger en entreprise. En 2016, les 18-30 ans mettaient en avant le plaisir au travail (56 %) bien avant le salaire (22 %), la carrière (10 %) ou encore l’équilibre vie pro / vie perso (44 %). En 2026, plus question de choisir !

« Aujourd’hui, les attentes sont beaucoup plus éclatées et la vie professionnelle passe par tous les leviers qui peuvent exister : l’argent et la carrière entrent beaucoup plus en compte, tout comme la sécurité de l’emploi », souligne Clément Moulin, responsable marketing et études de 20 Minutes.

L’intelligence artificielle transforme également profondément leur rapport au travail et près d’un tiers des jeunes considèrent déjà l’IA comme indispensable dans leur parcours scolaire ou professionnel.

Dans son rapport à l’entreprise, la jeunesse a besoin d’accéder rapidement à des responsabilités mais pas toujours comme leurs aînés peuvent l’entendre, a noté Anthony Babkine, entrepreneur social, DG et cofondateur de Diversidays, association qui œuvre pour l’égalité des chances dans la Tech :

« Souvent, on confond niveau de responsabilité et statut dans l’entreprise. Les jeunes veulent accéder à l’information et participer aux décisions. Si on ne change pas la manière dont l’entreprise fonctionne, ils ne resteront pas. »

Aujourd’hui, c’est plutôt l’entreprise qui détermine les plans de carrière, ce qui « ne fonctionne pas du tout avec les 18-30 ans », a ajouté Jean-Baptiste Lion-Pinson, fondateur du JLP-Lab, qui « traduit la GenZ aux entreprises (et inversement) » :

« Avec la GenZ, le plan de carrière doit être flexible. Il y a aussi un truc qui marche : la reconnaissance, et c’est gratuit. »

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Méthodologie

L’étude Moi Jeune est réalisée par OpinionWay pour 20 Minutes.
Elle s’appuie sur un panel de 3 500 membres représentatifs des 18-30 ans, 120 000 interviews et 187 enquêtes. Pour s’adapter aux usages de cette génération, les questionnaires sont adressés par SMS à la communauté Moi Jeune.

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