Fashion Week : pourquoi les robots qui défilent agacent autant le monde de la mode ?
La Fashion Week parisienne s’ouvre ce lundi 28 septembre. Après les apparitions de robots humanoïdes à Londres et à Milan, leur usage commence à faire débat dans le microcosme de la mode. En cause : des mises en scène qui attirent l’attention... sans toujours montrer ce qu’elles apportent à la discipline.
Quatre robots mis à l’honneur… mais aucun tissu sur le dos. C’est l’une des images les plus marquantes de Vogue World, le spectacle annuel du magazine organisé le 22 septembre dernier à la fashion week de Milan.
Dans la Galleria Vittorio Emanuele II, les machines humanoïdes du fabricant chinois Unitree ont défilées, et même gesticulé, sur le titre L’Amour Toujours de Gigi D’Agostino. Une séquence censée invoquer le futur, mais qui a finalement provoqué le malaise chez plusieurs spectateurs présents.
Sur Instagram, les commentaires négatifs ont rapidement accompagné les posts. Les images de Miuccia Prada et d’Alessandro Michele, deux des plus grands stylistes et créateurs de mode contemporains, peu démonstratifs au premier rang (c’est un euphémise), ont également fait jaser.
Le facce di Miuccia Prada e Alessandro Michele davanti ai robot di Vogue World Milano sono diventate subito un meme.
Mais les organisateurs de l’évènement s’en défendent. Vogue World célébrait l’artisanat et l’innovation italiens, avec un chapitre intitulé « The Age of Intelligence ». Son directeur créatif, Juan Costa Paz, explique ainsi à Vogue avoir voulu représenter les débuts de la robotique. Une explication qui n’a pas convaincu tous les observateurs, beaucoup critiquant un coup de com’ qui n’a rien à voir avec la mode.
La mode n’a d’ailleurs pas attendu cette saison pour explorer ces rapprochements. En 1998, pour sa collection printemps-été 1999, Alexander McQueen faisait peindre la robe de Shalom Harlow par deux bras robotisés. En 2023, Copernimettait en scène des chiens robots dans une réinterprétation du Loup et l’Agneau. Mais la technologie participait dans ces deux cas à une création ou à un récit, plutôt que de simplement signaler la modernité du défilé.
Ce qui est intéressant
Dans une chronique, Cosmopolitan interroge le choix de célébrer le savoir-faire humain avec des machines, lors d’un événement comptant Meta Glasses parmi ses sponsors et OpenAI parmi ses soutiens. La critique porte autant sur l’imaginaire proposé que sur la place des entreprises technologiques dans les rendez-vous culturels.
Notre insight.
La polémique n’empêche pas les images de circuler. Selon Juan Costa Paz la marque revendique ses meilleurs chiffres d’engagement. Reste à savoir ce que le public retient : les créations, ou les machines venues les détrousser de quelques minutes d’attention.