Epsilon : peut-on lancer un réseau social sans miser sur le clash ?
Après plusieurs mois de test, Epsilon s'est enfin dévoilé au public le 29 septembre dernier. Ce nouveau réseau social made in Europe veut offrir une alternative aux grandes plateformes sociales : un fil qui sélectionne (vraiment cette fois) selon ses centres d’intérêt, des échanges modérés avant publication et des data hébergées en Europe.
Publier une photo, commenter un post, lancer un sondage et j’en passe… vous ne serez pas dépaysé : Epsilon reprend les codes et les usages familiers des réseaux sociaux. Ses fondateurs, les Français Stéphane Dubreuil et Thomas Rocafull, veulent surtout changer ce qu’il y a sous les capot.
Sur les grandes plateformes, les réactions suscitées par une publication contribuent à sa diffusion, y compris lorsqu’elles alimentent des discours conflictuels. Epsilon entend donner davantage de place aux sujets que chacun a choisi de suivre qu’aux contenus qui provoquent le plus de commentaires.
À l’inscription, l’utilisateur sélectionne donc ses centres d’intérêt. Il peut ensuite suivre des comptes et rejoindre des communautés consacrées à la culture, à l’actualité, etc. Le fil est construit autour de ces choix initiaux et veut limiter le doomscrolling en ne faisant pas démarrer directement ses vidéos les unes après les autres.
Faire une place au débat suppose toutefois d’en fixer les limites. Epsilon annonce une modération des publications avant leur mise en ligne: un système automatisé repère les contenus problématiques, puis un modérateur intervient lorsqu’un message demande un examen plus attentif. Plus de modération après publication, comme chez la majorité des réseaux sociaux concurrents.
On se demande si ce système pourrait tenir avec un nombre important d’utilisateur mais c’est une question pour plus tard. Au moment du lancement, les fondateurs faisaient état d’environ 1 000 utilisateurs actifs.
Le service est gratuit et (pour le moment) sans publicité. Des abonnements pour les entreprises, les collectivités et les personnalités publiques sont prévus d’ici la fin de l’année, mais leurs conditions ne sont pas encore détaillées.
Ce qui est intéressant
Le projet revendique également un développement en open source et un hébergement européens. Ses fondateurs assurent que les données personnelles ne sont ni revendues ni utilisées pour cibler des publicités.