« Les femmes ne font rien le 13 octobre » : une campagne pour réclamer leur place dans les décisions
Pour mobiliser le 13 octobre, World with Women et l’agence AustralieGAD misent sur une formule choc. Mais derrière cette journée d’arrêt, le mouvement porte dix revendications : la campagne doit faire connaître les changements qu’il réclame, au-delà de la date et du slogan.
Le 13 octobre, l’association World with Women invite les femmes qui le peuvent à s’arrêter pendant vingt-quatre heures : au travail, à la maison, mais aussi dans leurs achats. Le mouvement veut rendre visible leur contribution à la vie des foyers comme à l’activité économique, en s’inspirant de la mobilisation des Islandaises en 1975. Un rassemblement est notamment prévu place de la Bastille, à Paris.
Pour donner une portée nationale à cet appel, l’agence AustralieGAD a conçu la campagne « Les femmes ne font rien le 13 octobre. Et ça va tout changer ». Le dispositif associe affichage, presse, numérique, réseaux sociaux et relais de personnalités.
En plus de cette prise de parole qui sert à interpeler l’opinion publique, World with Womenporte dix mesures très concrètes. Le mouvement créé en 2026 évoque notamment l’égalité salariale, la revalorisation des métiers du soin et de l’éducation, et la parité dans les instances de décision publiques et privées.
La mobilisation vise aussi la présidentielle de 2027. Dans une tribune publiée le 11 octobre dans La Tribune Dimanche, des signataires parmi lesquels l’ancienne ministre Élisabeth Moreno, Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, et Mercedes Erra, fondatrice de BETC, demandent aux candidats d’intégrer ces mesures à leur programme avec un calendrier précis.
Elles réclament également la création d’un ministère de plein exercice consacré à l’égalité dans les cent premiers jours du prochain quinquennat. Le titre de leur appel résume cette échéance : « Le 13 octobre, les femmes s’arrêtent. Le 14, c’est à vous d’agir ».
Ce passage de la visibilité au pouvoir de décision concerne aussi les professionnels de la communication. Sur le terrain des images, le bilan mondial 2025 de l’Unstereotype Alliance et de Kantar mesure des progrès : le score évaluant les représentations de genre sans stéréotypes dans les publicités étudiées a augmenté d’environ 30 % sur un an. Leur indicateur plus large de représentation inclusive a gagné six points.
Notre insight
Une campagne peut faire évoluer la représentation des femmes sans changer leur place dans les décisions. World with Women pousse plus loin : après la mobilisation du 13 octobre, son efficacité se jouera aussi dans les engagements que les candidats prendront — ou non — sur ses dix mesures