Le RN veut réduire de 92 % la dotation de l’audiovisuel public, actant la privatisation de France Télévisions et Radio France
Le Rassemblement national prévoit de retirer 3,5 milliards d’euros au financement public de l’audiovisuel d’ici à 2028 et de privatiser une grande partie du secteur. Au-delà de l’économie annoncée, son projet pose une question pour les médias, leurs producteurs et les annonceurs... que deviendraient les programmes ?
Présentée le mardi 6 octobre par Marine Le Pen et Jordan Bardella, la trajectoire budgétaire du RN prévoit environ 32 milliards d’euros de réductions de dépenses par an en moyenne sur le prochain quinquennat. La dotation de l’audiovisuel public passerait d’environ 3,8 milliards d’euros à quelque 300 millions en 2028 (soit une baisse de 92 %).
Cette baisse accompagnerait la privatisation de France Télévisions et de Radio France. Le RN entend toutefois maintenir dans le secteur public Arte, franceinfo et l’audiovisuel extérieur. Reste à préciser comment ces exceptions seraient financées : en 2026, Arte France et France Médias Monde recevaient à elles seules 602 millions d’euros de crédits publics.
Qui sortirait le porte monnaie ?
Si le projet du RN aboutissait, les repreneurs devraient trouver d’autres recettes, sans garantie que la publicité suffise. En 2025, France Télévisions a perçu 395 millions d’euros de publicité et de parrainage, contre 2,51 milliards de ressources publiques. Cette année-là, tout le marché publicitaire télévisé français, offres numériques comprises, représentait 3,24 milliards d’euros.
Le plan du RN comporte un autre volet, distinct de la privatisation : selon Contexte, les aides à la presse seraient réduites de 60 millions d’euros en 2028, puis de 180 millions en 2031, hors avantage postal. Le parti n’a pas encore précisé quels dispositifs seraient concernés.