Les IA ont une mémoire figée sur 2020-2024… ce que révèle le Baromètre IA Réputation du CAC 40
Une entreprise vaut ce que l'IA en a retenu... Trickstr et Vectors publient la deuxième édition de leur Baromètre IA Réputation du CAC 40 : 39 800 questions posées à quatre modèles, pour mesurer comment l'IA générative évalue les entreprises françaises.
Le constat central : un modèle ne retient pas la source la plus fiable ni la plus récente, mais celle qui répond le plus directement à la question. Un article vieux de dix ans peut ainsi peser plus qu’un communiqué récent.
Conséquence, la cartographie que dressent les IA reste bien trop souvent figée sur 2020-2024, la période de leurs données d’entraînement : dirigeants partis depuis longtemps, controverses datées qui ressurgissent…
Au classement général, un score qui agrège neuf dimensions (vision stratégique, innovation, marque employeur, gouvernance, RSE…) sur 100 points, Schneider Electric (86,9) devance L’Oréal (85,5) et Safran (85,2). Air Liquide et Publicis Groupe (83,8) complétent le top 5.
Faits marquants :
La remontée du luxe, la plus forte progression du classement. Les reculs s’expliquaient surtout par des ruptures de gouvernance
Notoriété et réputation divergent. Certains groupes très exposés sont mal notés, alors que des « champions cachés » excellent sans être cités. Les IA évoquent même des entreprises hors CAC 40, comme Mistral, Doctolib ou EDF
Côté dirigeants, la moitié des mentions se concentrent sur cinq patrons, et c’est Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric) qui arrive en tête, pas la plus grande fortune de France
Sur 572 796 citations analysées, 31 % viennent des sites d’entreprise, 20 % des médias, 15 % des agrégateurs, avec de fortes concentrations : une agence de presse internationale pèse sur six des neuf critères, une plateforme d’avis de salariés capte 82 % des sources sur la marque employeur.
Ce qui est intéressant
Le classement ne mesure pas la performance des entreprises, mais la disponibilité et la proximité sémantique de leur contenu.
Notre insight
La bataille se déplace vers l’anticipation des prompts : ce que cherchent les gens. Mais il ne s’agit plus de mots clés, mais de conversations avec la machine désormais (et de plus en plus sans taper un mot, par requête vocale).
Enjeu réel : selon l’étudeTerra Nova citée dans le rapport, 31 % des utilisateurs d’IA déclarent avoir changé d’avis grâce à elle, pour le vote, comme pour les marques.