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Pourquoi Kering investit dans l’agriculture régénérative


Publié le 17/06/2021

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Fonds dédié à la biodiversité, projet pilote avec la startup Materra, collaboration avec des écoles de mode et de design, P&L environnemental, circularité… Kering multiplie les annonces en matière de RSE. Autant d’initiatives au service d’une mode plus durable, détaillées à l’occasion de l’événement ChangeNow.

 

En 2020, le groupe Kering (Gucci, Saint Laurent, Bottega Veneta, Balenciaga,…) a formulé sa stratégie biodiversité : une première pour un groupe de l’univers du luxe. Cette stratégie repose sur trois objectifs, comme l’a rappelé Christian Tubito, Head of Materials Innovation Lab, à l’occasion de l’événement ChangeNow : enrayer la perte de biodiversité, rétablir les écosystèmes et les espèces et impulser un changement systémique tout au long de la chaîne d’approvisionnement et au-delà.

 

UN FONDS POUR L’AGRICULTURE

 

À travers le Fonds Régénératif pour la Nature, lancé en partenariat avec l’ONG Conservation International début 2021, le conglomérat s’est donné pour objectif de convertir un million d’hectares de fermes et de pâturages en espaces d’agriculture régénératrice d’ici à 2025. Le fonds attribue des bourses de 100 000 à 300 000 euros à des projets dans le domaine, en se concentrant sur 17 pays et quatre matières premières : cuir, coton, laine et cachemire.

 

Dans sa définition de l’agriculture régénérative, Kering s’appuie sur la définition donnée par Robert Rodale, le fils du pionnier américain de l’agriculture biologique J.I. Rodale : celui-ci utilisait le terme “régénératrice” pour désigner une agriculture allant au-delà du “durable”, en ajoutant la notion de “restauration” des écosystèmes.

 

UNE FERME PILOTE EN INDE

 

Avec la startup Materra, rencontrée dans le cadre de l’accélérateur Fashion for Good, Kering participe d’ores et déjà à un projet pilote en Inde, autour d’une ferme productrice de coton selon les principes de l’agriculture régénérative. Ce projet est également soutenu par PVH, la maison-mère de Calvin Klein et Tommy Hilfiger, ainsi que par le fabricant indien de textile Arvind.

 

La ferme-pilote de Materra utilise à la fois des technologies innovantes, issues de la recherche agronomique réalisée par l’entreprise en Grande-Bretagne, comme un coton particulièrement économe en eau et en engrais, mais aussi des pratiques traditionnelles. “Anciennes et nouvelles méthodes sont incroyablement complémentaires”, tient ainsi à rappeler Edward Brial, le Chief Executive Officer & Co-Fondateur de la startup.

 

L’ENJEU DES MATIÈRES PREMIÈRES

 

Le discours a de quoi séduire un groupe de luxe comme Kering, attaché à défendre les savoir-faire traditionnels, tout en apparaissant à la pointe des tendances et de l’innovation. “Il est capital de développer de nouvelles compétences et approches des matériaux conventionnels, mais aussi autour de nouvelles matières », explique par exemple Christian Tubito, en évoquant le travail mené par le groupe pour faire évoluer les cursus des écoles de mode et design à Milan, Paris ou New York.

 

Son laboratoire, créé en 2013 au sein de Kering, est dédié à la recherche sur les tissus et textiles durables, afin de mettre à la disposition des créateurs des différentes maisons du groupe un catalogue de matières premières plus durables. L’impact des matières premières et des approvisionnements est également au cœur du “EP&L” (pour “P&L environnemental” ou encore “Compte de Résultat Environnemental”) que le groupe a institué afin de mesurer l’utilisation des ressources naturelles à travers toute sa chaîne de valeur.

 

En outre, Kering travaille sur des solutions de réduction des déchets, de recyclage ou d’upcycling et cherche à développer une économie circulaire autour de ses produits : c’est le nouvel axe de travail du groupe, annoncé en 2021. Pour Marie-Claire Daveu, la Chief Sustainability and Institutional Affairs Officer de Kering qui intervenait également à ChangeNow, l’engagement du groupe sur ces sujets est une évidence : “le monde du luxe fait les tendances : nous avons donc une responsabilité spécifique d’évoluer, non seulement pour le secteur du luxe, mais aussi plus largement.”

 


Ce papier a d'abord été publié sur The Good

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