Conspiracy Watch lance un magazine papier pour échapper aux algorithmes et parler du complotisme
Le site Conspiracy Watch, observatoire en ligne des théories du complot, prévoit de sortir en décembre le premier numéro d'un magazine papier, « Complorama », a indiqué le 15 septembre à l'AFP son fondateur, Rudy Reichstadt.
Le papier contre le complotisme. Le site de « debunking » [démystification des rumeurs] Conspiracy Watch a lancé le 15 septembre une campagne de préventes sur la plateforme Ulule pour lancer un magazine de 164 pages. « La logique qui nous guidait jusqu’à maintenant, c’était d’être là où le complotisme était le plus dynamique, sur internet d’abord puis sur les réseaux sociaux. Mais il nous est apparu qu’il fallait compléter l’éventail par le papier », a déclaré Rudy Reichstadt, co-fondateur du site aux côtés de Tristan Mendès-France à l’AFP.
Rudy Reichstadt, co-fondateur de Conspiracy Watch, aux côtés de Tristan Mendès-France
« Le papier nous permet d’échapper à la dictature de l’algorithme des réseaux sociaux, poursuit-il. Sur les plateformes les plus visitées, comme TikTok ou X, on a du mal à se faire entendre, et même à être visible », car « les algorithmes privilégient le clash, la polarisation, l’extrémisme », estime le co-fondateur de Conspiracy Watch.
En outre, un magazine sur le complotisme « n’existe pas dans l’offre éditoriale actuelle ».
« On est à 7 mois d’une élection présidentielle, qui peut être un moment de complotisme électoral », juge Rudy Reichstadt. Le magazine semestriel sera disponible en kiosques et en librairie à partir du 8 janvier.
Complorama reprend le titre du podcast que tient Conspiracy Watch sur la radio Franceinfo depuis 2021, et qui « fonctionne très bien, avec 200 000 écoutes par mois en moyenne », selon Rudy Reichstadt.
Au menu du premier numéro, qui nécessite un plancher de mille préventes pour être imprimé, le baromètre Ifop 2026 du complotisme, un dossier sur la manière dont le complotisme attaque l’institution judiciaire, un entretien avec l’ancien juge Eric Halphen ou encore une nouvelle de l’écrivain Iegor Gran.
Créé en 2007, Conspiracy Watch est financé principalement par des fondations privées, en particulier la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS), par le financement participatif et par des contrats avec des entreprises (pour des interventions, par exemple), selon son fondateur. Le site emploie quatre salariés et des pigistes réguliers.