“Nos objectifs de campagnes sont simples : nos vues, le taux d’engagement sur nos projets, les chiffres d’utilisation de l’application que nous voulons mettre en place, ce n’est pas ce qui nous intéresse. Notre seul objectif : une augmentation nette du nombre de bulletins de votes déposés dans les urnes par les 18-35 ans » explique le groupe.
Chez les 18-24 ans, la participation électorale s’est fragilisée au fil des années. En 2002, environ 32 % des 18-24 ans votaient à tous les tours des élections majeures ; en 2017, ils ne sont plus qu’environ 18 %. Autrement dit, en quinze ans, la pratique du « vote systématique » chez les plus jeunes a presque été divisée par deux.
Dans le même temps, l’abstention systématique est passée d’environ 11 % en 2002 à près de 19 % en 2017 pour cette tranche d’âge.
« Derrière ces chiffres se cache une réalité plus complexe : les jeunes ne se désintéressent pas nécessairement de la société ou du débat public. Ils investissent simplement d’autres espaces d’expression, notamment numériques, associatifs ou communautaires » analysent-ils.
Leur proposition repose alors sur l’ identification des “points de friction” et la création, non pas d’un dispositif de communication, mais d’une expérience plus engageante mêlant serious game, influence, plateforme interactive et activation terrain.
Un « Crash-Test démocratique »
Les étudiants du Master « Communication, animation et innovation des territoires » proposent alors de simplifier le parcours en commençant par collaborer avec des profils capables de vulgariser les sujets complexes, d’expliquer les mécanismes démocratiques avec des codes plus accessibles.
Le principe : un « daron du web » anime un live interactif dans lequel les spectateurs deviennent acteurs d’une simulation politique. Le public est invité à prendre des décisions collectives, arbitrer des choix budgétaires, répondre à des situations proches de celles auxquelles sont confrontés les élus.
Le « chat » devient alors une assemblée virtuelle : les participants votent, débattent et découvrent les conséquences de leurs choix.
En parallèle on inonde le web de fact-checks institutionnels
“Qu’est-ce qu’une élection législative ? », « Comment fonctionne le scrutin proportionnel ? », « À quoi sert concrètement votre maire ? »” poursuivent-ils.
L’objectif n’est pas de donner une leçon de démocratie, mais de faire ressentir concrètement la complexité d’une décision publique.
Le « Tinder des programmes »
Autre dispositif imaginé par les étudiants : une plateforme numérique baptisée « France Élections », pensée comme un outil simple d’accès et adapté aux usages mobiles. Au cœur de ce concept le : « Tinder des programmes ». Plutôt que demander aux citoyens de parcourir de longs documents électoraux, la plateforme propose une comparaison rapide des propositions.
Logement, transports, climat, économie, santé, (…) : les positions des différents candidats y sont présentées sous une forme synthétique et comparable. Une manière de transformer une recherche d’information complexe en expérience plus intuitive.
« Tu compares les programmes en 2 minutes et tu règles ta procuration sans bouger de ton canapé ».
Le QR code comme passerelle entre rue et numérique
Les étudiants ont également imaginé une stratégie offline-to-online destinée à amener la campagne dans les lieux de vie des jeunes : des QR codes géants installés dans des espaces fréquentés : campus, transports, lieux de sociabilité ou zones urbaines, pour rediriger immédiatement vers la plateforme numérique.
« On s’incruste dans le quotidien : barbiers, boulangeries, street-art… Pour que voter devienne un geste aussi naturel et « stylé » que d’acheter une paire de sneakers ». Le QR code devient ainsi une porte d’entrée vers l’information électorale et les démarches pratiques.
« Le prix d’un kebab pour sauver la démocratie »
À travers « Voix Active », les étudiants proposent finalement une campagne qui repose sur une idée simple : pour mobiliser, il faut d’abord intéresser.
Leur dispositif ne cherche pas seulement à informer sur le vote. Il propose de créer un parcours où chaque étape devient une interaction : jouer, comparer, scanner, comprendre, participer.
Une approche qui illustre la façon dont ces futurs professionnels de la communication imaginent les formats capables de rapprocher institutions et publics.
« On investit un million, si on ramène 200 000 jeunes aux urnes, ça nous coûte 5€ par personne. C’est le prix d’un kebab pour sauver la démocratie ».
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