Big Productions se lance dans la course à l’IA avec Ideas and Machines
La société de production co-dirigée par Raphaël Carassic crée la surprise aujourd'hui en annonçant la création d'un écosystème intégré, Ideas and Machines, qui intervient de l’écriture à la postproduction et modifie concrètement la fabrication des films publicitaires. Aux commandes Marin Rousseau, Lead AI Artist, ex Firm.
L’arrivée tonitruante de l’IA au sein de la communauté publicitaire fait grand bruit, et les divers métiers de la com s’interrogent sur la meilleure façon d’utiliser l’IA… tout en sachant déjà que des têtes vont tomber.
Face à des annonceurs pressés de voir leurs films produits à l’IA pour réduire leurs budgets de production, les agences se pressent de monter leurs entités IA comme Fred & Farid et son AIMagination…
Les maisons de production et les postproductions doivent elles aussi, faire leur coming out tôt ou tard. La première à entrer dans le game estBig Productions qui annonce d’emblée « un investissement coûteux mais nécessaire pour le lancement de Ideas and Machines, studio doté d’une IA propriétaire« , comme l’explique Raphaël Carassic Directeur associé de Big.
Raphaël Carassic, directeur associé de Big Productions.
Cette IA propriétaire, développée en interne et destinée à accompagner l’ensemble des métiers de la fabrication, n’est pas, selon Raphaël Carassic, « liée à une inquiétude particulière face au contexte actuel où l’IA s’immisce dans tous les métiers. C’est bien une décision artistique pour servir au mieux les projets des annonceurs et de leurs agences publicitaires« .
Ainsi, l’objectif de Ideas and Machines serait ni plus ni moins, d’intégrer l’IA au processus créatif des réalisateurs afin d’optimiser et d’augmenter la valeur ajoutée artistique à chaque étape de la fabrication des films de la préproduction, au tournage, en passant bien évidemment par la post-production.
Le studio baptisé Ideas and Machines est d’ores et déjà dirigé par Marin Rousseau, ancien de Firm, et de Faubourg. Il y occupe le poste de Lead AI Artist, une fonction encore rare dans le secteur.
« L’IA n’a de sens que si elle sert la fabrication, analyse Marin Rousseau. Entre des mains créatives, elle devient un outil qui aide tous les métiers du film – mise en scène, image, décors, costumes, montage, sound design ou VFX – à se projeter dès l’amont dans le même univers. Elle permet de tester des pistes avant le tournage et de maintenir une continuité visuelle d’un bout à l’autre du pipeline, sans jamais s’écarter de la vision du réalisateur ni de l’exigence craft qui fait la force de Big. »
Marin Rousseau, -ancien de Firm et de Faubourg- à la tête de Ideas ans Machines chez Big.
Une nouvelle révolution qui viendrait finalement s’ajouter au numérique et aux VFX intégrés par le passé. Pour mémoire, Big intégrait la post-production en 2025 sous la houlette de Johan Luce-Antoinette.
Un gain d’efficacité allant jusqu’à 20 % en pré production
Ainsi, avec le montage, les stations Flame et After Effects, les stations IA, la salle d’étalonnage et les capacités de livraison TV et web, Big dispose désormais d’un socle technique unifié qui accompagne le film de bout en bout.
Selon Raphaël Carassic, cet écosystème complet a déjà permis à la structure de mener à bien les premiers projets initiés l’an dernier de bout en bout, avec un gain d’efficacité allant jusqu’à 20 % en pré production grâce à une clarification plus précoce des intentions visuelles.
Sur le plateau, l’outil facilite les décisions techniques, améliore la continuité entre les métiers et sécurise les éléments qui seront prolongés en post-production. En post-production enfin, la suite IA stabilise les intentions visuelles définies en amont, permettant de réduire significativement les retouches grâce à une préparation renforcée et une cohérence visuelle accrue.
La suite IA repose sur des modules propriétaires, compatibles avec les standards de la production audiovisuelle, et sur des workflows nodaux inspirés des pratiques VFX. L’ensemble fonctionnant sur les serveurs internes de la société, répartis sur ses deux sites. Aucune donnée ne transite par un service externe : l’infrastructure de Big assure la confidentialité complète des projets. Par ailleurs, comme tient à le préciser le producteur, « Big entraîne des micro-modèles dédiés, construits exclusivement à partir d’images et de vidéos dont elle détient les droits, garantissant la cohérence esthétique et la sécurité juridique ».