26 janvier 2026

Temps de lecture : 7 min

Sandrine Plasseraud lance Studio Sérendipité, une agence « attention-first »

[EXCLU] Ex-fondatrice et présidente de We Are Social France (2009-2021), puis co-fondatrice et associée de The Seventh House depuis 2022, Sandrine Plasseraud lance officiellement, ce 26 janvier 2026, Studio Sérendipité. Pour INfluencia, elle présente son agence attention-first, emblématique d’une nouvelle génération de structures conseil, à la fois senior, agiles et orientées exécution.

Dans un paysage saturé de contenus et de messages, l’attention est devenue la ressource la plus rare et le principal levier de différenciation des marques. À l’heure des IA génératives et de la fragmentation des usages, l’enjeu n’est plus de produire plus, mais de repérer ce qui mérite réellement l’attention, puis de l’activer avec justesse et cohérence.

C’est sur ce constat que Studio Sérendipité, l’agence lancée par Sandrine Plasseraud, ex-fondatrice et présidente de We Are Social France et co-fondatrice de The Seventh House, s’inscrit dans une nouvelle génération de structures conseil attention-first.

Pour INfluencia, elle revient sur sa méthode, sa vision du rôle de l’IA, et les signaux faibles qui feront la différence pour les marques dans les prochaines années.

INfluencia : Dans un monde saturé de contenus et de messages, vous lancez Studio Sérendipité avec une promesse « attention-first ». Qu’est-ce qui vous a donné le sentiment que c’était le bon moment pour créer cette agence, et surtout, que ce positionnement répond à un vrai angle mort du marché ?

Sandrine Plasseraud : Nous vivons dans un paradoxe : nous n’avons jamais été exposés à autant de contenus, de data et d’outils… et pourtant, l’attention et la confiance sont devenues les ressources les plus rares. Dans ce contexte, le vrai luxe n’est plus de parler plus fort, mais de capter l’attention et de faire émerger une idée claire, crédible et désirable, puis de la déployer avec une exécution irréprochable. Pour y parvenir, il faut d’abord savoir prêter attention : écouter, trier, relier, repérer les signaux faibles, et transformer l’inattendu en opportunité.

Ce projet est aussi un cap personnel et entrepreneurial. Après avoir créé seule la filiale française de We Are Social au sein d’un groupe international et l’avoir développée jusqu’à en faire un des acteurs de référence sur le marché, puis cofondé The Seventh House, je me lance aujourd’hui en solo.

A 50 ans, je suis au clair sur ma valeur et sur les marques avec lesquelles je veux travailler : c’est un cap de maturité, de confiance et d’alignement. Et ce n’est pas une intuition : mes échanges avec les annonceurs, et surtout les appels d’offres remportés, m’ont confirmé que ma vision « attention-first » alliée à une stratégie des moyens / d’amplification et à ma capacité à imaginer et piloter des dispositifs d’activation 360 était singulière et répondait à une attente très concrète du marché.

Studio Sérendipité apporte une méthode de bout en bout : partir de ce qui mérite l’attention (tension culturelle, vérité produit, preuves…), concevoir des formats qui captent et retiennent (formats narratifs, sérialisation, expériences…), puis orchestrer un dispositif multi-touchpoints online et offline, avant, pendant, après.

Les créateurs y ont toute leur place parce qu’ils apportent ce que la marque ne peut pas produire seule : crédibilité, culture, narration, preuves, ou accès à une communauté. Dans ce cas, on collabore avec eux comme des partenaires de concept et d’exécution, pas comme un simple achat de reach.

INfluencia : Vous affirmez qu’à l’ère des IA génératives, le savoir est devenu une commodité et que l’avantage se joue désormais dans la capacité à prêter attention. Concrètement, qu’est-ce que l’IA change -et ne change pas- dans la façon de penser la stratégie et la création aujourd’hui ?

Sandrine Plasseraud : À l’ère des IA génératives, la sérendipité devient une discipline encore plus évidente : l’IA rend l’information abondante, instantanée, et très souvent prévisible. Elle accélère tout ce qui relève de la collecte, de la synthèse, de l’exploration d’options. Mais cette abondance crée aussi un effet paradoxal : plus il y a de réponses, plus il devient difficile de repérer l’inattendu qui compte.

Aujourd’hui, l’avantage ne vient pas de « savoir plus », mais de savoir où regarder, et de détecter un détail qui détonne avant qu’il ne devienne une tendance.

Concrètement, l’IA change la façon de penser la stratégie et la création en permettant d’itérer très vite, de prototyper des pistes, de tester des formats et d’industrialiser la production. Elle fait gagner du temps sur le «comment » : le volume, les variantes, et elle pousse à raisonner davantage en systèmes : séries, formats récurrents, dispositifs d’activation 360, qui se déploient sur tout le parcours, online et offline. Mais elle ne change pas l’essentiel : l’IA ne remplace ni le regard, ni le jugement, ni le courage du parti pris. Elle peut proposer, elle ne tranche pas ; elle peut compiler, elle ne ressent pas.

C’est là que la sérendipité reste profondément humaine : relier un signal faible à une vérité produit, à une tension culturelle et à une preuve crédible, puis transformer ce lien en une idée claire et désirable. L’IA aide à chercher et à produire, mais la valeur se joue dans la capacité à choisir ce qui mérite d’exister, à le rendre juste et légitime, et à l’exécuter avec cohérence dans le temps. En somme, l’IA accélère le bruit, là où la sérendipité, elle, permet de trouver le sens et de le transformer en avantage compétitif.

INfluencia : Studio Sérendipité revendique une approche très opérationnelle, de la détection des signaux faibles jusqu’à l’activation. Comment éviter que la «stratégie culturelle « reste un exercice intellectuel sans impact réel sur les contenus, les campagnes et les performances business ?

Sandrine Plasseraud : Il est crucial d’aborder la « stratégie culturelle » avec un pragmatisme radical : une stratégie n’a de valeur que si elle se transforme en décisions et en production. Chez Studio Sérendipité, on part d’une conviction simple qui est que le vrai luxe n’est plus de parler plus fort, c’est de capter l’attention. Mais on la rend immédiatement opérable : on trie la masse, on relie les indices, on repère un signal faible… puis on le convertit en choix concrets.

Dès le départ, l’idée et l’exécution sont pensées comme un seul et même mouvement. Une tension culturelle n’a d’intérêt que si elle se traduit immédiatement en architecture de contenus et d’activation : une idée directrice, des formats adaptés, un rythme et une orchestration multi-touchpoints online/offline, avant, pendant et après. À ce stade, la stratégie est un plan d’actions exécutables, qui guide la production et sécurise l’impact.

Enfin, on pense impact business, parce qu’une idée ne vaut rien si elle ne change rien. Et c’est précisément ma spécialité : transformer une intuition ou un signal faible en partis pris, en contenus, en activations et en résultats.

On verrouille l’exécution et on mesure ce qui compte vraiment : compréhension, mémorisation, préférence, puis, selon l’objectif, trafic qualifié, leads, conversion ou rétention. Autrement dit, la culture n’est pas un discours : c’est un levier de clarté, de confiance et de performance, parce qu’elle se matérialise en actions.

INfluencia : Vous avez choisi un modèle agile, senior et sur-mesure, en vous entourant d’une galaxie d’experts indépendants. En quoi ce modèle est-il, selon vous, plus adapté aux enjeux actuels des marques que les structures d’agences plus classiques ?

Sandrine Plasseraud : Le modèle indépendant n’a rien de nouveau : le cinéma et la production fonctionnent comme cela depuis toujours et c’était d’ailleurs déjà le modèle de The Seventh House. Il permet d’absorber les variations de charge sans dégrader l’exigence, dans un contexte économique où les budgets sont plus scrutés. C’est un modèle plus sain : on investit là où ça crée de la valeur, au bon moment, sans inertie structurelle.

Ce qui change, c’est la nature et la stabilité de cette « galaxie ». Ce ne sont pas des profils de passage : beaucoup sont des partenaires de longue date, des collaborateurs devenus freelances, avec lesquels j’ai travaillé pendant des années, notamment chez We Are Social. Ils se connaissent, ils savent travailler ensemble, et je sais précisément comment les mobiliser selon les enjeux.

Surtout, cette agilité est devenue indispensable parce que les marques naviguent dans un écosystème de points de contact mouvants (plateformes, formats, usages, canaux) qui exige des expertises très spécifiques.

Enfin, s’entourer d’experts indépendants seniors n’est pas un différenciant en soi, c’est un moyen. Le différenciant, c’est le prisme et la méthode : la capacité à passer de la stratégie à l’exécution sans perte, à orchestrer des dispositifs 360 avec un niveau de craft constant, et à délivrer une qualité qui se traduit en impact et en satisfaction client. Et à moyen terme, j’ai l’ambition d’internaliser certains profils clés et de faire grandir l’agence au fil des besoins.

INfluencia : Vous suivez de près les bascules en cours (nouveaux usages de recherche, GEO, recomposition des écosystèmes d’attention…). Quels sont, selon vous, les signaux faibles que les marques et les agences sous-estiment encore… et qui feront la différence dans les deux à trois prochaines années ?

Sandrine Plasseraud : Finalement, le GEO n’est plus un signal faible parce que tout le monde en parle. Le vrai signal faible, c’est l’impact réel de cette bascule : on ne passe pas simplement d’un canal d’acquisition à un autre, on passe d’un web du clic à un web de la réponse.

La dégradation de l’expérience web (consentements GDPR à répétition, paywalls, pop-ups, comptes…), renforcée par des logiques économiques de captation de data et de monétisation, pousse l’utilisateur à rester dans des environnements où la friction disparaît. Résultat : l’enjeu n’est plus « comment ramener du trafic », mais comment rester choisi quand la réponse est servie ailleurs.

Ce que beaucoup de marques sous-estiment encore, c’est qu’on va devoir basculer vers une stratégie conversationnelle (ce que j’ai prôné dès la création de We Are Social), parce que c’est ainsi que les humains décident : en dialoguant, en demandant, en comparant, en cherchant des preuves. Et ce « conversationnel » ne se joue pas uniquement dans les LLM : il se joue dans l’écosystème complet des interactions (LLM, social, messages, points de contact directs).

En France, l’adoption est déjà massive : 44% des 15–64 ans ont utilisé une IA générative au second semestre 2025 ( source : Le Monde Informatique), et près d’un Français sur deux (48%) dit utiliser l’IA générative pour « faire des recherches » (source : IPSOS). En parallèle, 85% de la population utilise des services de messagerie instantanée (source : ARCEP) : c’est là que se logent de plus en plus d’échanges et de décisions.

Dans les 2 ou 3 prochaines années, ce qui fera la différence, ce n’est pas « être présent dans un LLM », c’est devenir utile et non-intermédiable dans ces conversations : fournir des preuves, des outils, des expériences, des données et des réponses activables, et les rendre exploitables dans des parcours où le site web n’est plus forcément le centre (ex : WhatsApp Business, formats courts et « réponse-ready »).

Les marques qui gagneront seront celles qui sauront orchestrer cette présence conversationnelle, plutôt que de continuer à penser uniquement en pages à référencer.

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