18 février 2026

Temps de lecture : 3 min

Santé mentale : 13 millions de Français ont des troubles psychiques, 53% disent avoir été en souffrance en 2025

Des millions de Français vivent avec des troubles psychiques, ce qui a un impact social mais aussi économique sur les entreprises et notre système de santé. Les outils de prévention en entreprise, comme ceux de Moodwork, apparaissent plus nécessaires que jamais.

C’est un pas dans la bonne direction mais la ligne d’arrivée semble continuer de s’éloigner année après année. La santé mentale a été désignée en 2026 grande cause nationale pour la deuxième année consécutive.

En France, treize millions de personnes présentent un trouble psychique chaque année, si l’on en croît les chiffres officiels. Trois millions de particuliers vivent avec des troubles psychiques sévères.

Un quart des Français sous antidépresseurs

D’après l’Ifop, 53% des Français disent avoir été en souffrance psychique au cours des douze derniers mois. Pas étonnant donc que nos compat

riotes soient les plus gros consommateurs de psychotropes au monde. Plus d’un quart d’entre nous consomme aujourd’hui des antidépresseurs, des somnifères, des anxiolytiques ou des médicaments psychotropes, selon les données du Ministère de la santé et de la prévention

Ces maux touchent, bien évidemment, des millions de salariés et de travailleurs indépendants. Les conséquences de cette épidémie, longtemps passée sous silence, sont énormes pour les malades mais aussi pour les entreprises et le système de santé public.

« 40% des arrêts de travail sont liés à des troubles psychiques, révèle Grégory Salinger, le co-CEO de Moodwork, un éditeur spécialisé dans la prévention de la santé mentale et la gestion des risques psychosociaux (RPS) en entreprise. Ils sont aussi la principale cause des arrêts maladie de longue durée. »

Ce phénomène ne tend pas à s’estomper au fil du temps. Bien au contraire. « L’outil que nous avons développé et qui permet aux collaborateurs des entreprises qui utilisent nos services d’autoévaluer leur bien-être ou leur bien-être au travail montre une baisse de 8% du score moyen, constate cet entrepreneur qui a rejoint Moodwork l’an dernier après une levée de fonds de 3,1 millions d’euros. Plus inquiétant encore, le pourcentage d’employés qui se situe sur un benchmark sur lequel le risque de burnout est réel a bondi de 50%. »

Plusieurs raisons expliquent cette tendance pour le moins préoccupante. La première est plutôt rassurante.

« Dans le passé, les sujets liés aux troubles mentaux étaient très peu discutés, affirme le cofondateur du site de vente de vin Château Online qui a travaillé pendant 11 ans pour Microsoft avant de présider le site marchand Videdressing et de devenir Associé du fonds d’investissement Seven2 (ex-Apax Partners) entre 2017 et 2024. Mais depuis quelques années, une certaine prise de conscience s’est développée. Le Covid a notamment donné un coup d’accélérateur à ce phénomène. »

En parler ouvertement a logiquement provoqué une hausse du nombre de personnes avouant leur mal-être. D’autres facteurs, moins encourageants, sont toutefois apparus ces dernières années.

L’avenir de notre planète stresse notamment une part non négligeable des Français. 

« 10% des salariés dans notre pays se disent éco-anxieux et 5% affirment même être très anxieux. Les femmes, les jeunes et les manageurs sont surreprésentés dans cette catégorie. »

L’IA inquiète 60% des salariés

L’intelligence artificielle soulève également de nombreuses craintes. « Des chiffres de l’OCDE montrent que 60% des employés craignent que l’IA transforme profondément leur travail dans les toutes prochaines années », ajoute notre interlocuteur.

Pour lutter contre le mal-être au travail, plusieurs solutions existent mais la première à un nom : la prévention.

« C’est la raison d’être de notre outil d’autoévaluation, vante le co-CEO de Moodwork, qui accompagne aujourd’hui plus de 150.000 salariés dans des organisations comme Crédit AgricoleENGIEBouyguesAP-HP ou Swiss LifeNotre dispositif vise à détecter précocement les signaux faibles de l’arrivée de troubles mentaux afin de les prendre en charge rapidement et globalement. »

L’outil de cette tech se base sur un questionnaire validé scientifiquement auquel doivent répondre les salariés afin d’obtenir un bilan de leur niveau de bien-être. Si le score le nécessite, les collaborateurs sont ensuite invités à réaliser un bilan de burn-out afin de détecter ou de prévenir une potentielle situation à risque. Certains peuvent même être accompagnés par les psychologues de Moodwork.

13% de burn-out en moins

Les premiers résultats de cet outil anonyme et confidentiel semblent encourageants. « Le taux d’activation moyen de notre application par les salariés est de 40%, ce qui est largement supérieur aux 2% à 4% enregistrés par les lignes traditionnelles d’écoute proposées par les employeurs, explique Grégory Salinger. L’étude scientifique que nous avons mené l’année dernière montre, par ailleurs, une baisse de 13% du pourcentage d’employés en risque de burnout six mois après le début de l’utilisation de nos solutions. »

Même si des solutions de ce type existent désormais et que de plus en plus d’entreprises semblent avoir pris conscience de ce problème, les troubles psychiques et mentaux continuent de se développer aujourd’hui. L’actualité récente ne semble pas montrer un prochain renversement de tendance.

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