Buzzman nous fait aimer Allianz en se moquant de ses agents trop sérieux. Rire assuré.
Difficile d'imaginer mariage plus improbable que celui de Buzzman la frondeuse et d'Allianz la sérieuse... Et pourtant. Lancée ce dimanche, la première campagne née de cette union allie humour, audace et maîtrise.
C’est vrai que c’est pénible les gens trop sérieux. Surtout par les temps qui courent. Alors Buzzman a choisi l’autodérision pour cette campagne destinée à réchauffer l’ambiance.
Et surtout comme le souligne Constance Wiblé cette « autodérision est utilisée comme un levier d’expression, pas comme un gimmick. Un registre exigeant, rarement revendiqué dans l’assurance« . La preuve ?
A la plage, ce père de famille demande à son fils, -qui le tanne pour lui montrer son « magnifique » château de sable-, « oh mais c’est super, un château, mais c’est pas tout d’avoir un patrimoine, tu as pensé à l’assurer, a diversifier tes placements, à l’assurance vie, à ta clause bénéficiaire« … Ce même père, on le retrouve ensuite derrière son bureau, et là, son discours est carré, sérieux, rassurant, il connait son job. C’est un agent Allianz.
Sur le même principe, des amis jouent à un jeu de société culte, l’un des perso se décide, il « achète une maison là » , lance-t-il en plaçant son pion sur le plateau. L’une des amies l’interpelle : « alors toit tu achètes une maison là, toi « , ironise-t-elle… Tu as pensé à déposer un permis de construire, niveau habitation t’es comment ? t’as vérifié le montant de ta maison? « . Il lui répond alors dépité, « c’est une maison… en plastique… Sophie… » On retrouve la jeune femme avec un client potentiel, et là, c’est du sérieux.
Enfin, ce troisième spot tout aussi réjouissant nous emmène dans une petite salle de stand up où deux théâtreux se donnent la réplique dans un sketch.
Alors que l’un lance : « C’est parti ! tout droit sur Marrakech« , sa partenaire lui répond tout en se levant de son siège auto imaginaire, « désolée c’est quoi cette voiture, elle est assurée ? C’est un véhicule de location ou personnelle ? Elle est assurée tout risque ou au tiers… « . Le comédien lui répond hébété par sa réplique pour le moins hors sujet : « En fait… c’est … une impro« .
La signature, « C’est pénible les gens trop sérieux. Sauf quand c’est votre assureur », vient clore ces saynètes scindées en deux temps.
Jubilatoires, parfaitement joués, ces pépites, c’est certain, vont faire parler d’elles dans les foyers français et dans les cantines des entreprises.
Une communication complétée par une campagne d’affichage et la création d’une page TikTok, en clair comme l’explique Constance Wiblé, « il ne s’agit pas d’une campagne ponctuelle, mais d’un territoire de marque structurant. La plateforme est conçue pour être déclinée dans le temps, sur l’ensemble des canaux. Le lancement du compte TikTok s’inscrit dans cette logique de continuité et de conversation« .
Les trois spots pas rasants du tout à voir par ici ! Les spots saut en parachute et coach sportif à suivre…
Par ici l’interview.
INfluencia : pouvez-vous nous rappeler ce qui amené Allianz à changer d’agence?
Constance Wiblé : Nous étions avec Ogilvy depuis une quinzaine d’années. Une longue histoire, un compagnonnage très fructueux qui nous a d’ailleurs permis de faire un travail d’image sans lequel nous n’aurions pas pu en 2026, monter cette marche supplémentaire avec Buzzman… L’objectif, faire la différence avec nos concurrents qui travaillent tous sur la proximité, eux aussi.
INfluencia : lorsque vous interrogez Buzzman aux côtés de quatre autres agences, la profession s’interroge sur le sérieux de cette demande…
C.W. : Effectivement, c’était inattendu, mais il y avait une vraie envie de voir ce que Buzzman pouvait nous apporter, une vraie curiosité, on se disait que c’était le bon timing pour tenter de nouvelles pistes. Une sorte de Buzz Man Time en fait. Et nous n’avons pas été déçus. Notre sujet c’est, je le disais, la proximité. Quand vous vendez de l’assurance, vous vendez un produit immatériel, invisible, que personne n’a envie d’acheter, que vous êtes obligé d’acheter, et que vous achetez trop cher. À un moment, on a besoin d’être aimés nous aussi. Notre enjeu, était de parvenir à nous rapprocher de nos audiences, (NDLR, ce qu’Ogilvy a fait en termes géographiques, avec ce maillage territorial comme le montre la vidéo ci-dessous).
La dernière campagne basée sur la proximité signée Ogilvy, agence d’Allianz durant quinze ans.
Il fallait donc aller au-delà du : « regardez nos 2600 agences , elles sont près de chez vous ». Buzzman nous a permis d’avoir ce supplément d’âme nécessaire pour pouvoir créer un lien plus fort, une empathie avec le public, et être la société d’assurance préférée des Français tout en étant allemande (rires).
INfluencia : le duo Buzzman/Allianz a fait parler les bavards en tout cas. On est loin de la statutaire Charlotte Rampling qui lançait Allianz en France…
C.W. : Oui, il y a quinze ans, la campagne d’installation de la marque en France était incarnée par Charlotte Rampling, une volonté d’imposer une image statutaire d’Allianz. Avec Ogilvy, toujours, la communication a évolué pour se rendre sur les lieux, les villes, où Allianz est implantée. Une stratégie qui nous a permis de gagner en nototiété, en proximité. Ces quinze ans de compagnonnage ont permis de créer de la notoriété, de la proximité, mais nous avions envie d’aller plus loin, plus empathique…
Charlotte Rampling choisie il y a quinze ans pour incarner Allianz, grâce à son élégance distante, son statut de comédienne iconique.
Clément Scherrer : vous avez raison, nous nous sommes vraiment demandé pourquoi Allianz nous mettait dans la boucle. Pour tout vous dire on pensait un peu être là pour faire la blague. Que pouvions-nous leur apporter? Nous petite agence qui habituée à travailler avec des marques très populaires… Eux, grand assureur allemand un peu impersonnel, assez statutaire, corporate.
Au final, renseignements pris (rires) nous avons compris que nous n’étions pas simplement le lièvre, mais qu’il y avait une volonté de changement. Nous nous sommes dit alors que l’on devait créer une proximité émotionnelle, tout en nous sentant libres de ne pas « faire du Allianz ». Ce que nous sommes parvenus à faire ensemble, j’espère.
INfluencia : comment travaillez-vous alors que vous êtes si différents, quel tandem est mis en place?
Cl.Sch : C’est plus qu’un tandem, c’était plutôt un bus ! Nous avons mobilisé toute l’équipe de direction, moi, Georges, Julien notamment ainsi que Guilhem Barbet et Pierre Cognard directeurs de création qui se sont emparés du sujet dès qu’on a pris le pitch.
INfluencia : quelle a été votre réaction quand vous avez été choisis en dehors de l’excitation que cela procure de remporter un nouveau client ?
Cl.Sch. : Ce qui est marrant c’est que cette compagnie cadrait si peu avec notre image, -assureur privé, allemand, rigoureux, pas très marrant-, qu’on s’est tout de suite dit, qu’il y avait quelque chose d’hyper intéressant là-dedans parce qu’être sérieux dans le monde d’aujourd’hui, c’est pas forcément très sexy, mais c’est finalement tout ce qu’on attend de la part d’un assureur.
C.W. : Il y a tout lieu de se méfier d’un assureur qui ferait des claquettes, qui ferait du charme, donc on s’est dit qu’un truc très cool serait justement d’assumer pleinement le fait d’être sérieux. Il y avait une intelligence au-delà du gag, au-delà de l’humour, il y avait une forme de justesse qui nous convenait parfaitement aujourd’hui.
INfluencia : vous choisissez d’assumer donc le caractère sérieux du métier d’assureur, tout en utilisant l’autodérision…
Cl. Sch. : Chez Buzzman , nous aimons travailler ce qui est perçu chez l’humain, comme une faiblesse, ou un défaut, en l’embrassant, et en l’assumant, c’est cela qui est intéressant avec ces films, cette campagne.
Oui les assureurs sont trop sérieux, et dans la vie de tous les jours c’est un pensum, mais en fait dans leur métier c’est cela justement qui fait que l’on a confiance.
Jean Cocteau disait à un acteur : « ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi ». Et c’est vrai dans la vie ce qui agace, ce qui est une aspérité, c’est aussi ce qui vous rend humain, identifiable et différent.
INfluencia : cinq films très drôles, empathiques, (des 30, 20 et 15 secondes) nous permettent donc de nous identifier et de comprendre qu’un défaut peut être une qualité dans le contexte du travail d’assureur…
Cl. Sch. : Parce qu’en fait l’humour est très fin, et que nous avons choisi, et c’est important de le dire, une grande qualité à l’exécution et avec à la réalisation, Adrien Armanet.qui a également tourné récemment pour SFR, Fortuneo, La Française des Jeux.
INfluencia : comment avez-vous choisi les différentes saynètes?
C.W. : Moi ce que je remarque, ce qui est très drôle, c’est que quand je montre les films à l’interne, personne n’a le même spot préféré. Et chacun est persuadé que le sien est le meilleur.
Cl. Sch. : Elles sont venues assez naturellement. Le saut en parachute, le coach sportif, la partie de Monopoly, des situations auxquelles chacun peut s’identifier. Le casting lui aussi était primordial, ainsi que le réalisateur et le chef opérateur. Les comédiens étaient absolument clé et il ne fallait pas lésiner là-dessus. La qualité de l’image, le jeu d’acteurs étaient fondamentaux. Chez Buzzman cela nous arrive très fréquemment de voir des scripts en réunion où tout le monde se marre autour de la table et le jour où ils sont exécutés, on continue de se marrer en les voyant… Ce n’est pas toujours le cas.
IN. : comment fait-on aujourd’hui en pub pour émerger au milieu des multiples contenus diffusés sur les plateformes en faisant le pari de l’autodérision, qui fait fureur auprès du public?
CL. Sch. : L’absurde est le symptôme d’un monde que l’on ne comprend plus, qu’on ne maîtrise plus. Ce que nous afaisons avec cette campagne est très différent. En effet, dans la plupart des contenus que l’on peut voir en ligne on fait de l’absurde pour faire de l’absurde. Je ne suis pas sûr que ce soit difficile d’émerger quand on met une certaine qualité de propos, une certaine qualité d’exécution parce que la profusion de contenus que tu mentionnes et même une large part des contenus publicitaires auxquels on est tous exposés au quotidien ne sont pas nécessairement qualitatifs.
C’est distrayant mais ça passe comme de la flotte dans une rivière, tu ne les retiens pas. Dans ces films, on ne ridiculise personne. On n’introduit pas de cynisme. C’est là qu’est notre capacité à être retenu, mémorisé, c’est qu’au delà de faire rire, on va chercher un truc que les gens se disent et on retourne leur perception. Les gens se disent « Ah les assureurs, c’est un peu chiant mais heureusement qu’ils le sont dans leur job » . Moi lire mon contrat d’assurance, ça m’ennuie. Devoir comparer entre mes divers produits d’assurance, ça m’ennuie. Ce n’est pas de l’humour gratuit.
INfluencia : vous vouliez évoquer un troisième larron, Pitchville…
C.W. : Je voulais les mentionner parce que nous avons été extrêmement bien accompagnés par Pitchville de la première à la dernière seconde. Le brief était d’une grande qualité mais aussi le choix des agences, l’alchimie, la relation entre nous. Enfin tout au long du parcours, je ne pensais pas que ce serait aussi agréable et smooth. Un appel d’offre agréable, je pense, pour tout le monde.
Les visuels trop sérieux (et moins évidents) sauf à avoir vu les films avant, de la campagne Allianz France