La chute de la papesse d’Instagram, TikTok joue les « drama queen », Matthiew McConaughey se prend la tête avec l’IA pendant qu’elle cartonne sur Twitch… Les 4 secousses sociales de janvier
Chiara Ferragni sort acquittée du « Pandorogate », mais laisse une alerte durable sur l’influence “caritative”. TikTok teste PineDrama, son appli de micro-séries qui joue à fond la carte du drama. Matthew McConaughey verrouille sa voix et son image tandis que Twitch ne peut qu'observer la montée en puissance d'une streameuse/IA.
La reine d’Instagram a trébuché… sur une brioche.
À Milan,Chiara Ferragni(38 ans, 28 millions d’abonnés) a été finalement acquittée dans l’affaire du « Pandorogate ». Tout est parti d’une brioche de Noël vendue comme « caritative »… et devenue un cas d’école du bad buzz pour celle qui compte encore 28 millions d’abonnés sur la plateforme.
En 2022, son image avait été utilisée pour promouvoir des pâtisseries Balocco, avec la promesse affichée de soutenir le service pédiatrique de l’hôpital Regina Margherita de Turin.
L’opération avait initialement rapporté plus d’un million d’euros à ses sociétés… tandis que la donation à l’hôpital se limitait à 50 000 euros, versés avant même le lancement. Ferragni avait reconnu une faute de com, disant avoir lié « de bonne foi » commerce et charité.
Le parquet de Milan avait initialement requis une peine d’un an et huit mois de prison contre la créatrice.
Même acquittée, l’addition reste salée : amende d’un million d’euros pour pratiques commerciales déloyales, des partenaires qui lâchent (Tod’s, Coca-Cola), et sa société TBS qui passe de 4,4 millions de bénéfice net à 2,3 millions de perte en 2025.
Rome, elle, a serré la vis : au-delà de 500 000 abonnés, enregistrement obligatoire et règles de transparence renforcées.
Sur Twitch, c’est l’IA qui fait la loi
Le compte Vedal987enregistre la plus grosse progression en termes d’abonnés actifs du mois de janvier, loin devant Jynxzi, premier humain du classement (201,040 contre 81,018, ce jeudi 22 janvier).
Cette nouvelle star du streaming s’appelle Neuro-sama et se présente comme une VTubeuse. Un terme qui renvoie aux créateurs (jusque-là humains), incarnés par un avatar animé à l’écran (pilotée ici par le studio de développement Vedal).
Nous avions déjà dédié un sujet à cette nouvelle tendance des Vtubeur dans le streaming live en avril dernier.
La « créatrice » est capable de discuter avec le chat, chanter, réagir à des vidéos et jouer aux jeux vidéo. Surtout, et c’est un avantage certain pour les marques qui veulent travailler avec « elle », la chaîne peut tourner 24h/24, 7j/7.
Le ROI est bien senti : en se basant sur un tarif d’abonnement à 5 dollars, 201 040 subs représentent environ 1 005 200 dollars par mois rien qu’en abonnements (hors pubs, bits et dons).
Jynxzi, surpris en plein live d’avoir été dépassé, résume l’époque : « C’est le futur du streaming… et c’est le jeu ». Haut les coeurs..?
TikTok s’inspire du « sens du drama » chinois
Fin décembre 2025, ByteDance a mis sur les rails PineDrama, une application centrée sur les « short dramas ».
Le principe tient en une formule : des épisodes de moins de deux minutes, un jeu très appuyé, et un plot twist toutes les trente secondes… histoire de vous empêcher de poser le téléphone.
Pour l’instant, le test est limité aux États-Unis et au Brésil.
L’interface pousse la recette maison : recommandations maximisées, onglets pour personnaliser l’expérience, espace pour réagir et faire vivre des communautés autour des programmes.
Et côté contenus, PineDrama se cale sur des tropes ultra performants en ligne, de la « dark romance » au fantasme du milliardaire possessif.
Pourquoi maintenant ? Parce que le marché (ré)chauffe. L’industrie des micro-dramas est estimée à 26 milliards de dollars d’ici 2030 selon Variety. En Chine, berceau du « duanju » (le nom originel du format), elle pèserait 8 milliards de dollars en 2025 et plus de 830 millions de spectateurs, selon Media Partner Asia.
En sommes, ByteDance veut capter, chez lui, une consommation déjà monétisée ailleurs… et transformer TikTok de vitrine en caisse.
Matthew McConaughey dépose sa voix et son image pour couper l’herbe à l’IA
L’acteur américain a déposé officiellement des extraits vidéo (image) et des extraits sonores (voix) de sa personne auprès de l’United States Patent and Trademark Office (USPTO).
Son avocat Kevin Yorn résume l’objectif : obtenir pour les individus des protections comparables à celles des entreprises, et s’assurer que les talents puissent être rémunérés quand leur voix ou leur image sont exploitées.
L’initiative passe par la branche commerciale de sa fondation Just Keep Livin, créée avec son épouse Camila.
Jusqu’ici, peu d’acteurs sont allés en justice, même si Scarlett Johansson a attaqué en 2023l’application Lisa AI, accusée d’avoir utilisé son image sans consentement pour une publicité.
L’acteur Texan, lui, pose un cadre en amont… tout en restant pro-IA : il a même pris une participation dans ElevenLabs, spécialisé dans les voix, qui a créé une version audio IA de l’acteur avec son accord.