4 juin 2026

Temps de lecture : 2 min

State of the medias 2026 : l’IA s’impose comme copilote des journalistes qui se détournent de plus en plus des réseaux sociaux pour vérifier les faits

La 17e édition de l'étude State of the Media de Cision dresse le portrait d'un métier sous pression. Deux mouvements ressortent : l'IA devient un outil du quotidien, et les réseaux sociaux perdent du terrain, y compris pour vérifier l'information.

Dans son étude « State of the medias 2026« , Cision a interrogé plus de 2 000 journalistes dans le monde. Moins de moyens, plus de travail : l’IA devient une aide bienvenue pour une majorité de journalistes.

En 2026, le premier défi des journalistes redevient la vérification des faits face à la désinformation (50 %), après avoir été relégué l’an dernier. Suivent le manque de moyens (49 %, moins de budgets et de postes pour plus de travail) et l’IA elle-même (43 %, contre 30 % en 2025). Trois pressions qui passent toutes devant la concurrence des créateurs de contenu (28 %).

Justement, l’IA. Son adoption a bondi depuis la dernière édition du rapport : 79 % des journalistes l’utilisent en 2026, contre 53 % un an plus tôt. Mais comme copilote, pas comme plume. Ils s’en servent surtout pour chercher des idées (48 %) ou transcrire à l’écrit des interviews (41 %), nettement moins pour leurs rédiger leurs articles… encore heureux (27 %, quand 20 % la refusent totalement à la rédaction).

À l’inverse, les réseaux sociaux reculent sur presque tous les usages. La promotion de leurs contenus reste la première raison d’y aller, mais elle chute de 64 % à 54 % en un an.

L’interaction avec le public perd 18 points, le recueil d’informations 14. Le signal le plus net : ils ne sont plus que 24 % à s’en servir pour vérifier une information, contre 42 % l’an dernier. Au moment où la lutte contre la désinformation redevient leur premier combat, les journalistes se fient de moins en moins aux réseaux pour s’informer.

« Face à la déferlante IA, ces professionnels des médias qu’ils soient côté journalistes ou RP, font face à un double défi. Celui d’utiliser l’IA pour assumer la charge de travail et les délais de plus en plus courts imposés par les exigences du monde de l’information moderne et des réseaux sociaux ; tout en se prémunissant du danger de la désinformation », résume Cyndie Bettant, Directrice Marketing & Impact communication Leader Europe du Sud.

👉 Lire aussi Budgets en berne, IA et l’importance du « relationnel »… Les relations presse se réorganisent en 2026

Malgré la chute, quels sont les médias sociaux les plus utilisés par les journalistes ? Le trio de tête reste inchangé par rapport à 2025, mais, avec de légères hausses dans l’ensemble :

  • Linkedin : 62 % (vs 59 % en 2025)
  • Instagram (54 % (vs 51 %)
  • Facebook 53 % (idem en 2025).

X, en quatrième position, poursuit sa chute (37 % vs 39 %), alors que YouTube progresse à 35 % (vs 29 %) et WhatsApp à 29 % (vs 26 %). À noter que, lorsqu’il a été demandé aux journalistes qu’elle était la plateforme qu’ils jugeaient la plus utile pour leur travail, la réponse numéro 1 a été LinkedIn, citée par 33 % des répondants.

Ce qui est intéressant

Glissement de confiance : les journalistes adoptent massivement l’IA pour travailler, mais se détournent des réseaux sociaux pour s’informer. L’outil fermé et contrôlé prend le pas sur la plateforme ouverte… et bruyante.

Notre insight

Pour les professionnels des RP, deux repères concrets : on atteint un journaliste sur LinkedIn, plus guère sur X ; et dans des rédactions hantées par la désinformation, une information solide et vérifiable pèse plus qu’un coup d’éclat social.

Allez plus loin avec Influencia

les abonnements Influencia

Les médias du groupe INfluencia

Les newsletters du groupe INfluencia