10 février 2026

Temps de lecture : 2 min

« L’ubérisation du marché immobilier n’a pas eu lieu : les nouveaux opérateurs, un peu arrogants, ont presque tous déposé le bilan », Jérémy Ordronneau (Century 21)

Le Directeur Communication Marketing et IT de Century 21 tient bon dans le chaos en s’appuyant sur ses fondamentaux – un maillage d’agences immobilières bien implantées dans les villes – et en misant sur l’innovation : l’IA bien sûr mais aussi la création du site Bien Ici, parmi les leaders sur l’immobilier.

Interview réalisée en partenariat avec le Club Annonceurs.

Pour découvrir les résultats complets de l’étude The Brand Immersion#10 « Naviguer dans le chaos », téléchargez la synthèse digitale ici. Et retrouvez les autres interviews de dirigeants de marques

INfluencia : A quels bouleversements le marché de l’immobilier est-il confronté depuis quelques années ?

Jérémy Ordronneau : A la fin de l’épidémie de Covid 19, il y a eu une explosion des ventes qui a formé une sorte de rattrapage. Pendant le Covid on a dû s’adapter il fallait digitaliser nos facteurs de ventes avec des visites virtuelles et des signatures numériques.

Ensuite, les clients ont cessé de les demander. On a besoin d’un contact physique avec le bien immobilier. On valorise mieux les biens mais personne ne veut acheter un bien sans l’avoir vu.

IN : Dans le chaos, sur quelles qualités faut-il compter ?

J.O. : Chez Century 21, on résiste bien à la crise, car nos pros de l’immobilier savent qu’il va falloir opérer une pédagogie avec les vendeurs. Et notre choix stratégique consiste à ne pas faire que de la transaction immobilière mais aussi de la gestion, ce qui donne à nos agents une assise financière.

La profitabilité immédiate n’est pas la même mais en terme de valorisation de l’entreprise, ça les stabilise et leur permet de conserver leurs forces vives. C’est le facteur principal qui nous permet de résister aux crises.

IN : De nouvelles structures ont attaqué ce marché avec des méthodes dites plus souples/rapides, qu’est-il advenu de ces nouveaux entrants ?

J.O. : A un moment, on parlait beaucoup de l’ubérisation du marché de l’immobilier. Les nouveaux opérateurs, un peu arrogants au départ, ont presque tous déposé le bilan.

Aucun modèle n’a fait la démonstration de son succès.

IN : Le principe des mandataires a-t-il redistribué les cartes sur le long terme ?

J.O. : Ils sont toujours sur le marché mais n’ont pas mis notre modèle en danger, ils sont allés sur le terrain des Particuliers aux Particuliers. Nos parts de marché n’ont pas baissé, ils ne nous ont pas abimés.

Ces réseaux ont mis des conseillers sur des zones rurales où il n’y en avait pas, nous n’avons pas le même modèle économique. Nos agents immobiliers le sont 100% de leur temps, ce sont de vrais commerçants dans la cité.

IN : En quoi ces bouleversements ont été des facteurs de changement vertueux pour Century 21 ?

J.O. : Nous ne répondons pas à une problématique, nous observons et nous essayons de nous adapter aux changements du monde. Il y a quelques années nous avons regardé ce qu’il se passait dans l’hôtellerie -avec Booking entre autres- et on ne voulait pas que nos agences soient obligées de payer beaucoup pour être sur Le Bon Coin.

Alors nous avons créé le site Bien Ici qui est devenu le 3e site immobilier en France. La marque est puissante et indépendante, leader en notoriété sur le digital avec 25% de la part d’audience des marques immobilières en France.

IN : Quels nouveaux changements s’annoncent pour votre marché, notamment ceux liés au développement de l’IA ?

J.O. : Noua avons commencé à travailler avec un outil d’IA générative pour avoir de plus belles annonces, éviter de faire perdre du temps aux conseillers et les rendre plus performants, ce qui est notre priorité. Mais on ne croit pas à un système de remplacement.

IN : Est-ce que cela ne risque pas de conduire à une uniformisation des annonces ?

J.O. : Nous n’avons pas le même logiciel métier que les autres agences, ce que nous intégrons en termes d’IA est à nous, nous réussirons toujours à être différents des autres.

IN : Vous en discutez au sein du Club Annonceurs ?

J.O. : Oui je crois beaucoup à l’intelligence collective. J’aime beaucoup m’inspirer de ce que font les membres du Club Annonceurs, cela nous donne des idées nouvelles.

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