Le binge drinking affecte la santé des jeunes buveurs même occasionnels, selon une étude de l’Inserm
Boire plus de six verres d‘alcool dans une soirée est nocif et souvent révélateur de problèmes plus profonds.
« Je ne bois pas souvent mais quand je le fais, je ne m’arrête pas à un verre mais cela ne fait pas de moi un alcoolique et n’indique nullement certains problèmes dont je pourrais souffrir. » Qui n’a pas entendu une phrase comparable prononcée par un adepte dubinge drinking ?
Un nombre croissant de jeunes succombent à cette pratique durant laquelle une personne consomme plus de six verres consécutifs contenant 10 grammes d’alcool pur.En Europe, un adulte sur cinq succombe à cette « tentation » au moins une fois par mois.
Une équipe de l’Inserm a cherché à savoir si le binge drinking, même à faible fréquence (moins d’une fois par mois), pouvait être associé à une probabilité plus élevée de symptômes de l’alcoolisme et/ou à certains profils socio-psychologiques (le genre, le lieu de vie, la consommation d’autres substances…).
Les conclusions de cette étude, dirigée par le professeur Philip Gorwood, psychiatre addictologue au GHU Paris Sainte-Anne et chercheur à l’Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (Inserm/Université Paris Cité), sont éloquentes.
Les binge drinkers occasionnels sont aussi en danger
Parmi les 3300 réponses recueillies par les chercheurs, plus d’un tiers (1204) provenait de binge drinkers à faible fréquence. Si l’immense majorité de ces buveurs pensent probablement n’avoir aucune dépendance, l’enquête montre que plus d’un tiers d’entre eux (36,5%)ont une consommation d’alcool dangereuse pour la santé. Ce chiffre ne dépasse pas 4,8% chez les non-binge drinkers.
L’étude montre en outre que les binge drinkers, même à faible fréquence, fument plus, et évoquent plus fréquemment des motifs de consommation liés à une facilitation des contacts sociaux. Ces profils sont également à la recherche de sensations fortes plus élevée que les non-binge drinkers.
Une seule solution: la prévention
Au regard de ces résultats, l’équipe de l’Inserm recommande la mise en place de stratégies de prévention ciblant les jeunes adultes. Avant tout jugement ou interdiction, la priorité est d’informer, caril n’existe pas de binge drinking anodin.
Notre insight
Le binge drinking est un problème qui doit être combattu avant même qu’il ne devienne une habitude pour les buveurs occasionnels.