Le secteur du divertissement et des médias pèsera 4 200 milliards de dollars en 2030 (croissance annuelle de 3,4 %), et c’est la publicité qui mène la danse. PwC en fait le segment le plus dynamique de son rapport Global Entertainment & Media Outlook 2026-30 : une croissance annuelle de 5,6 %, qui dépasse dès 2026 ce que les consommateurs dépensent en accès et abonnements.
Le ressort, c’est l’IA : en personnalisant les messages en temps réel, elle permet un ciblage plus fin et des tarifs (CPM) plus élevés. La publicité sur Internet, à elle seule, a bondi de 12,2 % en 2025, à 755,6 milliards de dollars.
Cette poussée publicitaire redessine les équilibres. La télévision traditionnelle recule (-2,7 % en 2025, à 360,5 milliards, et le déclin se poursuivra), tandis que le streaming (OTT – par internet sans passer par une box, un décodeur, un câblo-opérateur) mise de plus en plus sur la pub : les formats financés par la publicité y passeront de 19,4 % à 22,6 % des revenus d’ici 2030.
Le streaming arrive d’ailleurs à un tournant, celle de la « fatigue des abonnements », d’où une vague annoncée de consolidation et d’offres groupées.
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Mais le rapport réserve deux autres signaux forts. D’abord la revanche du présentiel : musique live, cinéma, événements et surtout salons professionnels forment un bloc en forte croissance (+5,2 % par an, vers 294 milliards), les salons et festivals d’affaires atteignant déjà la taille de la musique live.
Ensuite, l’irruption d’un nouveau géant : les paris et jeux d’argent en ligne ont plus que doublé depuis 2021 (79,5 milliards en 2025), et pèsent désormais plus lourd que le cinéma, un terrain publicitaire et marketing à part entière.
« La publicité reste une force motrice des revenus de l’industrie mondiale du divertissement et des médias, et son rôle ne fera que grandir à mesure que l’hyper-personnalisation portée par l’IA transforme la relation avec les utilisateurs. Dans un marché plus concurrentiel et des écosystèmes numériques en pleine expansion, les acteurs doivent repenser leur offre : proposer des formules groupées pour les consommateurs attentifs aux prix, tout en offrant les expériences premium et en présentiel qu’ils continuent de réclamer », conclue Bart Spiegel, Global Entertainment & Media Sector Leader, PwC
Ce qui est intéressant
Le rapport acte un basculement : la publicité rapporte désormais plus que les abonnements. Le modèle gratuit-financé-par-la-pub regagne du terrain sur l’abonnement, jusque dans le streaming qui s’était construit contre lui.
Notre insight
Deux angles morts à surveiller pour les annonceurs. Le présentiel (salons, live) redevient un média premium quand l’attention en ligne se sature : l’événementiel n’est pas un reliquat, c’est un canal en croissance.
Et le pari en ligne, plus gros que le cinéma, ouvre un inventaire publicitaire massif… mais miné (addiction, régulation) : un eldorado que les marques et les régies devront manier avec prudence.
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