6 février 2013

Temps de lecture : 2 min

L’histoire d’un clip vidéo à 200 €

En usant de ruse, d’entraide et de talents, le jeune groupe de musique Bengale nous donne une bonne leçon de créativité. Il redouble d’imagination et d’efforts pour imposer son univers à travers un clip romancé et à moindre coût…

A l’occasion de la sortie du numéro 4 de la revue Influencia sur la thématique de la « Jeunesse », l’étude Mediaprism nous a révélé que les jeunes sont résolument optimistes. Une positivité que l’on retrouve inéluctablement dans le dernier clip du groupe de pop française, Bengale.

Ces jeunes artistes dessinent une nouvelle pop qui n’hésite pas à emprunter les codes de plusieurs univers : rock, hip-hop des années 90’s, rap français et électro. Partisans de l’absence de frontières musicales, ils incarnent une pop eighties française décomplexée et poétique. A l’inverse des baby-rockers, ils rejettent la starification pour se montrer à nu. Une mouvance dénuée de snobisme pour qui l’audace et la créativité sont les fers de lance de leur prouesse artistique. Nul doute, c’est ce qui caractérise leur dernier clip réalisé à coups d’entraide, de réseaux sociaux et de débrouilles sur le terrain.

A l’image de cette génération, Bengale s’est construit sous forme de communauté avant même d’avoir un label. Ainsi, ils ont usé intelligemment de leurs contacts, amis et familles, en fédérant l’équipe de réalisation sur le réseau social Facebook. La pla-teforme a été un point névralgique pour le casting, la répartition des rôles, le planning.  » Quand Pauline et Ludo, les réalisateurs, nous ont apporté l’idée du clip, on a immédiatement créé un groupe de travail Facebook. Ce dernier a été super pratique, on a pu partager des vidéos, des photos, des listes d’accessoires ou des avis très rapidement.  »  expliquent deux des fondateurs du groupe, Romain Sanderre (guitare/choeurs) et Mickael Gachet (chant/clavier)

Côté inspiration, le groupe d’artistes nourrit un Tumblr d’imaginaires éclectiques pour amorcer l’idée d’un scénario.  Dès lors, un véritable réseau d’entraide se met rapidement en place, chacun des participants s’organise de son côté pour apporter une pierre à l’édifice. Des costumes dénichés dans les gardes robes et remodelés, des décors empruntés à des châteaux bordelais, des danseurs recrutés gracieusement à l’école de danse locale. En un sens,  une démarche naïve et symbolique à l’image de la musique du groupe bordelais.

Et pourtant rien n’est laissé au hasard : les réalisateurs Pauline Sanderre et Ludovic Schneiderovitch ont souhaité écrire une histoire romancée à mi chemin entre le mythe et la réalité. Loin d’un clip à faible budget et inversement qui se contente d’un défilement dans la rue, « Le dernier tramway » décide de jouer le parti-pris artistique jusqu’au bout.  Equipé uniquement d’un 5D, l’équipe de réalisation se lance le défi d’injecter de la fiction dans la ville de Bordeaux en s’inspirant de l’univers des Goonies et de l’île aux Trésors.

A l’heure où l’on tourne des courts-métrages avec des smartphones, l’équipe de Bengale prouve une fois de plus que la créativité peut se passer de gros budgets quand la proactivité et l’entraide prennent le pas…

Karima Benamer

La rédaction

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