Gala accélère sur les diversifications : évènementiel à Cannes, nouveautés sur le print et sur YouTube…
Gala, 3e média mondial sur les réseaux sociaux, accélère sur l’événementiel. Le titre donne rendez-vous au public et à ses partenaires au Festival de Cannes, en complément de son traditionnel Gala Croisette. Détails avec Erin Doherty, directrice de la rédaction, et Louise-Anne Raimbault, l'éditrice.
INfluencia : Depuis votre arrivée à la direction de la rédaction de Gala en juin 2025, vous avez orchestré la « premiumisation » de l’hebdomadaire souhaitée par le groupe Figaro. Avec quels objectifs et quels résultats ?
Erin Doherty (en photo à gauche) : En kiosque, nos lectrices ont quelques secondes pour décider si elles achètent ou pas un magazine. Si la photo de couverture n’est pas impactante ou inspirante, la sanction est immédiate. Il fallait redorer le blason de Gala.
Les couvertures sont devenues plus esthétiques et plus attractives pour séduire les lectrices mais aussi les agents de célébrités ou d’acteurs.
Cela nous a permis de monter des couvertures avec des personnalités qui n’avaient jamais accepté de faire la une de Gala : Pierre Niney, Laurent Laffite, ou encore Laetitia Casta. Sharon Stone nous a liké après sa couverture.
Gala est une bulle éditoriale, qui permet de suivre l’actualité de l’entertainment et de se changer les idées. De nouveaux rendez-vous ont été créés pour proposer un journal toujours plus divertissant, inspirant, hédoniste et prescripteur.
Nous avons renoué avec des formats longs, avec un vrai temps de lecture, remis du décryptage et de l’enquête, qui permettent d’aborder via le people des faits de société sur la neuro-divergence, les nouvelles folies de chirurgie esthétique…
Je tenais aussi à réinvestir dans le lifestyle. Un hors-série Evasion sur les plus beaux hôtels du monde, lancé en one shot en décembre, a été rentable et reviendra cette année.
Le print est l’ambassadeur de la marque mais nous sommes aussi assis sur un socle de réseaux sociaux que l’on nous envie. Tout ce que l’on conçoit sur le print a une déclinaison sur le social.
IN : Comment travaillez-vous cette puissance sur le social ?
E.D. : La puissance de Gala sur les réseaux est liée à la présence de la rédaction sur les événements mode et cinéma, sur les tapis rouges… mais aussi à l’éditorialisation et à l’incarnation de nos contenus. Gala fait 800 millions de vues au moment des défilés de mode. C’est colossal !
La vidéo sur « Le Vexin enchanté de Pierre Sauvage », le fondateur de Casa Lopez, a atteint 800 000 vues. Les contenus en immersion dans les coulisses du Festival de Cannes ont généré plus de 380 millions de vues…
40 % des vidéos vues du Festival de Cannes sur les réseaux sociaux proviennent des comptes de Gala.
IN : Le Festival de Cannes est, depuis 16 ans, un rendez-vous important avec Gala Croisette. Vous y investissez encore davantage cette année…
Louise-Anne Raimbault : La rentabilité de la marque nous donne les moyens d’investir et de prendre des risques. Cannes représente un investissement conséquent avec une cinquantaine de personnes qui descendent pendant 15 jours, mais un investissement rentable et une part significative du business de l’année.
En tant que marque média, Gala est devenu un acteur incontournable du Festival. Cet événement constitue aussi un axe de diversification très important, qui va nous permettre de nous lancer dans l’événementiel. L’an dernier, nous avions déjà noué un partenariat avec Vega La Plage, avec sa plage privée au pied du Calton.
En 2026, nous serons co-partenaires et coproducteurs de tous les événements sur la plage Vega pendant le Festival de Cannes. Un studio Gala sera installé
Avec notre autre partenaire Initial Consulting, nous organiserons des soirées officielles de films et de partenaires, des showcases avec Waxx, des formats éditoriaux avec un « Cannorama » animé par Michel Denisot et une collaboration exclusive avec le maquilleur et influenceur Charly Salvator.
Des déjeuners seront proposés par des chefs invités qui nous ressemblent, notamment Céline Pham qui a créé une carte spécifique pour la durée du Festival.
Maquette du studio Gala qui sera installé sur la plage Vega pendant le Festival de Cannes 2026
IN : En quoi cette présence à Cannes va-t-elle également contribuer à la relance de la marque sur YouTube ? Et pourquoi investir aujourd’hui sur cette plateforme où Gala n’a que 28.000 abonnés alors que la marque en compte 17 millions sur TikTok ?
L-A.R. : La chaîne YouTube de Gala existe depuis plusieurs années mais la rédaction sociale se focalise surtout sur TikTok et Instagram. En voyant notre force sur d’autres réseaux, YouTube ne comprend d’ailleurs pas que nous n’ayons que si peu d’abonnés sur leur plateforme. Ils souhaitaient que nous investissions du temps sur des contenus adaptés à leur réseau social en forte croissance sur le support télévision.
Tout cela demande une structure et des équipes qui aient le temps de se consacrer à des formats plus longs que ce que nous faisons déjà avec les YouTube Shorts.
J’avais envie de démarrer sur YouTube avec une qualité de télévision
Cannes sera le bon moment pour proposer de nouveaux formats avec l’expertise de professionnels de la télévision comme Michel Denisot.
E.D. : Se développer sur YouTube est aussi une manière de pérenniser notre lectorat. Le champ des possibles est colossal : des formats d’interviews sur la mode, des personnalités que l’on met en couverture… en trouvant un angle qui nous caractérise car Gala c’est de l’émotion.
Notre journaliste Candice Nedelec y est parvenue avec son podcast filmé « Le jour où ma vie a basculé », dans lequel les célébrités se livrent. L’entretien avec Sylvain Tesson est monté à 126.000 vues.
IN : Quelles sont les sources de monétisation de cet écosystème et sur quelles nouveautés travaillez-vous ?
L-A.R. : Nous développons beaucoup de formats publicitaires. Les opérations spéciales sont une part importante du social. Sur le web, des campagnes commercialisées en gré-à-gré allient les marques féminines du groupe (Gala, Madame Figaro, Journal des Femmes).
En 2026, nous voulons nous appuyer sur l’expertise du groupe Figaro en matière d’abonnement numérique et travailler sur des offres spécifiques de promotion de l’abonnement. Les offres, actuellement commercialisées via Le Figaro, permettent d’accéder au pdf du magazine.
Jusqu’à présent, le recrutement d’abonnés a plutôt été travaillé côté print. Il faut aussi faire connaître le magazine sur la cible du social. La Gen Z ne dit pas non au papier. Nous avons commencé à proposer des plus produits qui sont un moyen de les faire venir au kiosque.
IN : Gala est le troisième média mondial sur les réseaux sociaux. Que fait la marque de sa notoriété internationale ?
E.D. : Les marques qui lancent des produits sont très intéressées par cette audience internationale et les formats ad-hoc créés pour l’occasion. Quand elles investissent sur un contenu, plus le spectre d’audience est large, plus cela les intéresse.
Cette notoriété nous aide aussi à décrocher des exclusivités lors des sorties de films. L’an dernier, à Cannes, Gala était le seul média invité pour accompagner Tom Cruise sur la montée des marches ou lors de la soirée Spike Lee.
L-A.R. : Nous voulons aussi développer des éditions internationales. Il existe déjà une licence grecque, lancée à l’époque par Prisma Media. Le groupe Figaro est propriétaire de la marque Gala à l’international, hors Allemagne et Autriche (la marque a été créée par le groupe allemand Gruner + Jahr, ndlr).
Gala est une marque qui peut voyager facilement d’autant que, grâce à cette audience globale, elle est déjà connue
Il y a de belles opportunités de développement, par exemple en Amérique latine.
IN : Beaucoup d’influenceurs sont positionnés sur ce « créneau » des célébrités. Dans quelle mesure sont-ils une concurrence sur le social, notamment lors des événements que couvre Gala ?
E.D. : Certains influenceurs sont clairement devenus des médias, parfois présents sur les mêmes événements que nos journalistes. Ils y accèdent différemment : Gala est invité en tant que média quand les influenceurs sont invités pour eux-mêmes.
Le traitement de l’événement n’est pas non plus le même. Leur audience est fascinée par leur personne. La nôtre est intéressée par l’information que nous allons recueillir et traiter en tant que journalistes. Même un rendez-vous social comme notre Fashion Report est un travail journalistique.
La sphère des influenceurs nous intéresse car certains font des choses admirables et ont acquis une forme de célébrité. Nos lectrices s’y intéressent et parfois sont abonnées à leurs comptes.
On ne peut pas passer à côté de du phénomène des influenceurs qui, parfois, nous inspirent
C’est le cas avec Charly Salvator, un homme qui parle de maquillage et se maquille, et qui a poussé beaucoup de murs. Sa communauté connaît une progression colossale et il cherche à se diversifier. Notre collaboration exclusive sur le Festival de Cannes l’intéressait car il pourra aussi proposer autre chose à son audience.
Chez Sisley, j’ai eu l’occasion de travailler avec Léna Situations, qui propose aux marques un traitement assez éditorial. Ces collaborations sont aussi une manière de se faire connaître de la Gen Z avec des contenus et des formats qui les intéressent.
IN : Justement, que vous a appris votre passage chez Sisley, après une carrière dans la presse chez Elle et Condé Nast ?
E.D. : Ces trois années en tant que directrice de la communication globale chez Sisley ont été extrêmement intéressantes. J’étais d’ailleurs partie pour rester avant qu’on ne me propose de rejoindre Gala… Pour les marques de cosmétique, un lancement représente parfois dix ans de recherche. Quand elles présentent une nouveauté à la presse, c’est un investissement extrêmement important.
J’ai pu voir comment le service marketing, la recherche, la communication travaillent pour lancer un produit avec les guidelines globales, tout en prenant en compte les spécificités locales dans la quarantaine de filiales que comptait le groupe. Les parutions presse circulaient à tous les étages jusqu’au président, partaient à l’usine de Saint-Ouen l’Aumône, dans toutes les directions de la communication.
Chez Sisley, j’ai vu la force de la presse et l’importance de la validation d’un produit ou d’une formule par les journalistes.
Jamais ils ne concevaient de lancer une nouveauté sans la présenter d’abord à la presse. Les journalistes challengeaient énormément les équipes de la recherche. Et on ne mélangeait jamais presse et influence.
IN : comment cette expérience vous sert aujourd’hui, de retour côté médias chez Gala ?
E.D. : Avoir connu l’autre côté m’aide beaucoup. En rendez-vous avec les marques, je comprends mieux les enjeux dont elles me parlent. Les dircom sont sous pression et je sais ce que cela signifie. Je vois avec les journalistes la manière dont on peut mettre en avant les enjeux.
Les marques nous demandent de nous approprier les créations pour les faire vivre différemment. Les parutions presse circulent sur toutes les directions de la communication monde, qui les remettent sur leurs réseaux sociaux.
Quand je suis arrivée à Gala, je ne parlais que des réseaux sociaux. Ce sont les marques qui m’ont demandé et me demandent ce que l’on peut faire en print.
En savoir plus
La marque Gala en chiffres :
– Print : l’hebdomadaire affiche une diffusion France payée de 124 079 ex. (+2,7 %), dont 45 094 versions numériques, en hausse de 44,9 % (Source ACPM, PV 2025)
– Digital : 9 millions de visiteurs uniques et 33 millions de visites (premier site publisher)
– Social : 21 millions de socionautes (troisième média mondial derrière ESPN et Nickelodeon). 17 millions d’abonnés sur TikTok, 2,6 millions sur Facebook, 1,7 million sur Instagram, 28 000 sur YouTube
Taux d’engagement : 6,8 % sur Instagram et 4 % sur TikTok
– Audience : 11,99 millions de personnes (Source OneNext Globla 2025 S1)
Gala Croisette :
180 000 ex. distribués à Cannes dans les grands hôtels, notamment dans toutes les chambres des célébrités, sur les plages privées…
Les nouveaux rendez-vous éditoriaux :
L’indice Gala (snacking des choix de la rédaction), une rubrique Culture Club (où les coups de cœur des célébrités côtoient la sélection de la rédaction), Le petit guide (snob) de la beauté, des formats longs (carrières de stars…).
Sur le social : « Toute première fois », « Interview aléatoire » ou « Le Fashion Report » (un résumé des événements mode en moins d’une minute).