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Un hôpital de Nancy teste un algorithme pour désencombrer ses services


Publié le 17/09/2020

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Depuis ce mardi 14 septembre, le CHRU de l’hôpital central de Nancy fait sa mue technologie grâce à un nouveau logiciel capable de mieux orienter les patients à leur arrivée aux urgences. Lancé en 2015 par une équipe canadienne, le programme fait ses premiers pas sur le continent européen. 

 

 

« L’hôpital doit relever de nombreux défis, comme améliorer l’expérience des patients, la qualité de vie au travail des soignants, l’optimisation des coûts de fonctionnement des établissements, etc. ». Pour la commission Smart Hospital de la Smart Buildings Alliance -une association qui milite pour l’avènement des smart cities-, l’heure n’est plus au questionnement : le secteur hospitalier français doit transformer numériquement afin de répondre aux enjeux sanitaire actuels et futur. Une prudence « post-covid » qui implique des changements importants non seulement sur l’infrastructure et les équipements existants, mais aussi sur l’organisation de l’hôpital. L’heure est à l’innovation. Attention, cependant, à ne pas voir ces hôpitaux 2.0 plus beaux qu’ils ne le sont vraiment. Un aveuglement technologique qui conduirait à occulter les risques qu’ils soulèvent, notamment sur le bon respect des règles de la RGPD et des données à caractères personnelles -à priori, pas de risque à ce niveau là grâce à une anonymisation des patients-, ou la maîtrise des cyberrisques. Tu entends Akon ? Il n’y a pas de solutions miracles.

 

Pas de quoi non plus devenir technophobes et voir le verre d’aspirine à moitié vide. Les responsables des urgences de l’hôpital Central de Nancy ont décidé d’avoir recours à un algorithme pour éviter la saturation de leur service. Actuellement en phase de test depuis le 14 septembre dernier et jusqu’en mars 2021, le programme, imaginé en 2015 au Canada, n’avait encore jamais été utilisé en Europe. Son objectif est clair, il ne s’agit pas de « diminuer les entrées aux urgences, mais bien de fluidifier le parcours du patient », insiste Tahar Chouihed, urgentiste du CHRU de Nancy, auprès de France Bleu. Il a suivi de près les tests menés par ses confrères canadiens ces dernières années : « Ils en sont à plus de 60.000 patients réorientés avec un taux de reconsultation qui est de moins de 3% », s’enthousiasme-t-il. 

 

 


 

Déroulez le mode d’emploi

 

Le processus débute par une rapide évaluation de l’état des patient, effectuée par une infirmière dès leur arrivée aux urgences. Cette dernière lui pose ensuite une série de questions -« depuis combien de temps avez-vous mal à la gorge? », « avez-vous de la fièvre? », etc.- classées par niveaux de gravité. Grâce au calcul effectué par le logiciel, les malades sont ensuite admis si une hospitalisation rapide est nécessaire. Dans le cas échéant, ils sont réorientés vers d’autres services de l’hôpital, voire des structures médicalisées extérieures, en fonction de leurs états de santé. Par exemple un autre cabinet médical, SOS Médecins, ou le Centre médical de soins immédiats d’Essey-les-Nancy peuvent ainsi être sollicités.

 

« Les gens ressentent parfois une urgence qui, après réévaluation par un professionnel de santé, se révèle une urgence relative qui peut être prise en charge dans des structures intermédiaires », détaille le médecin. Le patient, s'il est d'accord, pourra donc être réorienté et s'évitera ainsi plusieurs heures d'attente -cinq en moyenne aux urgences de Nancy-. Très utile quand on est sûr de s’être fracturer le pied, que l’on se soumet à toute la batterie de test nécessaire -scanner et j’en passe-, pour réaliser, résultats en main, qu’il ne s’agissait que d’un vulgaire hématome. Qui a parlé de vécu ? 

 

 

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