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Des emballages mangeables, compostables, Embellium et d'autres start-up y travaillent d'arrache-pied


Publié le 06/09/2020

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Embelium est une start-up basée à Laloubère dans les Hautes-Pyrénées qui a mis en point un emballage 100% végétal et compostable. Un matériau qui répond à un véritable besoin : lutter contre le packaging en plastique qui tue notre planète. 

 

La boucle est bouclée. Basée à Laloubère dans les Hautes-Pyrénées, Embelium la start-up a mis en point un emballage 100% végétal et compostable. Fabriqué en France à partie de fibres d’origine agricole locales comme le chanvre et la rafle de maïs, et de mycélium, il se décompose en douze semaines, fournissant un humus sain et fertile. « Embelium est emprunté à la nature ; on l’utilise, on le réutilise… et on le rend à la nature », résume Rémi Laurant, l’initiateur de ce projet qui a travaillé pendant trente ans dans l’industrie des polymères, de l’automobile, de l’aéronautique et des produits grand public, avant de tout lâcher pour se consacrer pleinement à sa passion : l’apiculture.

 

 

Utile pour la cosmétique, la viticulture, les spécialistes de commerce en ligne...

 

Pour isoler ses ruches, cet entrepreneur a longtemps utilisé comme tous ses collègues des produits issus de la chimie comme la mousse et le polystyrène. L’idée lui est alors venue de mettre au point une solution 100 % naturelle. Après 18 mois de recherche, il a conçu Embelium et a réalisé que son matériau offrait de larges possibilités d’applications. Boites isothermes, pots de fleurs à valeur ajoutée avec graines intégrées, pots étanches destinés à la culture et à la décoration… Ce substitut aux plastiques alvéolaires peut répondre aux attentes des fabricants de cosmétique, des viticulteurs ou des spécialistes du commerce en ligne et de la livraison. Le temps presse.

 

 

400 millions de tonnes de plastique par an

 

Le problème est connu. Les emballages étouffent notre planète. Sur les 400 millions de tonnes de plastique qui sont produites chaque année dans le monde (contre 2 millions en 1950), 158 millions sont utilisées par le secteur de l'emballage, et principalement pour fabriquer des emballages à usage unique, selon une étude du think tank La Fabrique Ècologique, de la fondation Heinrich Böll et du mouvement Break free from plastic. 

 

 

En 2050, il y aura plus de plastique dans l’eau salée que de poissons


Aujourd’hui, 60% des espèces marines présentent des traces de plastique dans leurs intestins et cette catastrophe s’empire de jour en jour. La France produit, à elle seule, 4,5 millions de tonnes de déchets en plastique par an, soit 66,6 kilos par personne. 76% de ces résidus sont incinérés ou enfouis et seulement 22% sont recyclés, un taux plus faible que celui enregistré en Italie, en Espagne ou en Slovénie. Notre pays contribue au rejet de 80.000 tonnes de plastique dans la nature chaque année et plus de 10.000 tonnes entrent en mer Méditerranée, selon une étude de l’association de protection de l’environnement WWF Si l’essentiel des déchets rejetés par la France (66 %) restent en surface après un an, plus d’un cinquième (21%) reviennent sur ses côtes et 11% coulent au fond des océans. Pour lutter contre ce phénomène et protéger les rares poissons qui n’ont pas encore de plastique dans leur estomac, de plus en plus d’initiatives sont lancées afin de donner une seconde vie aux emballages et aux bouteilles d’eau que nous continuons d’acheter chaque jour.

 

 

Des meubles ou des tongs fabriqués avec des déchets

 

Certaines start-ups fabriquent des meubles ou des tongs avec des déchets. D’autres mettent en avant les avantages des bioplastiques qui ne font pourtant pas l’unanimité. Si le recyclage est une bonne option, la meilleure solution est d’éviter de produire toujours plus d’emballages néfastes pour notre environnement. Des solutions aujourd’hui existent pour protéger les aliments et les produits fragiles sans pour autant utiliser de plastique.

 

 

 Des solutions à gogo

 

La société américaine MonoSol est particulièrement novatrice dans ce secteur. Ses films solubles permettent notamment de fabriquer des dosettes de cafés qui « disparaissent » au contact de l’eau chaude. Financée grâce à la plateforme de crowfunding Kickstarter, la start-up californienne Reduce, Ruse, Grow a mis au point des gobelets en fibres de papier recyclées qui contiennent des graines de plantes. Après avoir bu votre café, il vous suffit de creuser un trou dans la terre afin de placer votre verre en carton et quelques semaines plus tard, vous verrez une jeune pousse percer dans votre pelouse

 

 

 

Cette idée pourrait permettre de redonner un bol d’oxygène à notre planète quand on sait que 146 milliards de ces gobelets sont utilisés chaque année aux Etats-Unis. Les emballages comestibles sont aussi à la mode.

David Edwards, un professeur de Harvard, s’est inspiré des propriétés naturelles des fruits comme les peaux de raisin pour mettre au point des emballages comestibles. Ses « wikipearls » peuvent ainsi contenir des yaourts, des glaces, des fromages ou des fruits à croquer sur le pouce. La chaîne de fast-food brésilienne Bob’s Burger a emballé ses burgers dans du papier comestible. Et la compagnie aérienne Air New Zealand a distribué à ses passagers des cafés dans des tasses en biscuits aromatisés à la vanille. Embelium va devoir faire face à une rude concurrence pour percer sur ce marché.

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