AccueilINNOVATIONSCLOUD SOUVERAIN : QUE MANQUE-T-IL AUX ACTEURS EUROPéENS POUR FAIRE LE POIDS ?

Cloud souverain : que manque-t-il aux acteurs européens pour faire le poids ?


Publié le 02/06/2021

Image actu

 

 

À l’occasion de la publication d’un livre blanc sur le “Cloud de confiance”, le think tank Digital New Deal et la Mission Numérique Des Grands Groupes ont interrogé un panel de 85 représentants de grands groupes. Objectif : comprendre ce qu’il manque aux acteurs du cloud français et européens pour faire le poids face à Amazon, Google ou Microsoft.

 

L’étude qualitative et quantitative réalisée à l’automne 2020 par Digital New Deal et la Mission Numérique des Grands Groupes cherchait à apporter des éléments de réponse sur les perceptions et préoccupation des grands groupes vis-à-vis des technologies cloud. Si les qualificatifs de “flexibilité”, “portabilité”, “modularité” et “élasticité” lui sont communément associés, le cloud suscite également des craintes : 75% des entreprises interrogées pensent ainsi que le Cloud Act et le Patriot Act en vigueur aux États-Unis font courir un risque à la sécurité des données.

 

 

 

Pour mémoire, le Cloud Act est une loi fédérale américaine promulguée en mars 2018, autorisant “les instances de justices judiciaires ou administratives (fédérales ou locales) à obtenir des opérateurs télécoms et des fournisseurs de services de Cloud Computing établis sur le territoire américain, des informations stockées sur leurs serveurs qu’ils soient basés aux États-Unis ou dans des pays étrangers”, comme le rappelle le livre blanc.

 

Malgré cette épée de Damoclès, les acteurs du marché les plus avancés restent des entreprises américaines et la plupart des dirigeants de grands groupes européens acceptent d’opérer un compromis “risque/bénéfice” en leur faveur. Les entreprises interrogées peinent en effet à trouver des alternatives européennes aux services de stockage et d’analyse de données à grande échelle performants et efficients tels que ceux proposés par Google (avec Big Query) ou Amazon avec AWS.

 

 

Salesforce, Shopify, Adobe ou Google, avec leurs suites packagées, préemptent le marché.

 

Il en est de même dans l’intelligence artificielle, où AWS SageMaker d’Amazon et GoogleIA Plateform dominent, ainsi que dans la bureautique collaborative, un domaine où G-Suite (Google) et Office 365 (Microsoft) se sont imposés dans les usages. En e-commerce et en marketing, ce sont des acteurs comme Salesforce, Shopify, Adobe ou Google, avec leurs suites packagées, qui préemptent le marché. “Le vrai problème, souligne Laurence Houdeville, de la Mission Numérique des Grands Groupes, c’est la dépendance à ces solutions et l’absence d’alternative.”

 

 

Amazon Web Services, Microsoft Azure, Alibaba Cloud, Google Cloud et Tencent Cloud,dominent nettement le marché

 

Conséquences : seules 35% des entreprises consultées sont utilisatrices de solutions des fournisseurs de Cloud européens (Orange, OVHcloud, Scaleway d’Illiad, Atos, Docaposte, Outscale). À eux cinq, Amazon Web Services, Microsoft Azure, Alibaba Cloud, Google Cloud et Tencent Cloud, dominent nettement le marché : ils représentaient 80% du marché mondial du IaaS (“Infrastructures as a Service”) en 2019 selon Gartner.

 

 

Un livre blanc pour encourager le développement d’alternatives européennes

 

Dans leur livre blanc rédigé à la suite de cette enquête, le Digital New Deal et la Mission Numérique Des Grands Groupes émettent treize recommandations pour encourager le développement d’alternatives européennes, dans trois directions : l’autonomie technologique, l’autonomie décisionnelle et l’autonomie pédagogique. Notamment, le rapport recommande de favoriser l’essor et le soutien sur le long terme de l’open source, d’adopter des critères répondant à des enjeux de souveraineté, de renforcer les critères environnementaux dans les appels d’offres, d’encourager une plus grande transparence dans les contrats, mais aussi de renforcer la culture numérique des décideurs ou encore de créer un “TOEIC du Cloud”.

 

Autant d’éléments qui, selon les auteurs du rapport, permettraient de favoriser l’émergence d’alternatives crédibles et efficaces aux technologies non-européennes. Et au passage, d’assurer “la promotion de standards garants des valeurs européennes et humanistes”.

Commentez


Abonnez-vous à la revue

RECHERCHER PAR