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Les robots volent-ils notre travail ?


Publié le 04/11/2020

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La crise sanitaire mondiale, doublée d’une récession économique sans précédent, pose de nombreux défis en matière d’emploi. Face aux Cassandre qui ne manquent pas de prédire chômage de masse et fracture sociale, les chroniques #FutureOfWork documentent les changements positifs du travail et des organisations, afin de contribuer à renforcer l’employabilité dans le monde de demain.

 

 

La peur des robots est un sentiment tenace dans l’imaginaire collectif, entretenue par des mythes de la ‘pop culture’, comme par exemple celui de Terminator. En terme d’emploi, l’éventualité d’un remplacement de l’humain par des robots inquiète. En 2018, la Commission Européenne a d’ailleurs mesuré que 72% des travailleurs européens « pensent que les robots volent des emplois » . Des robots humanoïdes comme Pepper , accueillent déjà des clients pour les orienter dans des magasins, ou des patients à l’hôpital pour les sensibiliser à leurs démarches préopératoires.

 

 

La France a des opportunités de croissance grâce à la robotisation

 

Le taux de robotisation et l’accès à l’emploi ne sont pas directement liés. En effet, les deux pays les plus robotisés au monde sont le Japon et l’Allemagne. Et leurs taux de chômage respectifs sont parmi les plus bas. La France ne dispose que de 19 robots pour 1000 salariés. Il y a donc une importante marge de progression si l’on se compare à l’Italie (20 robots/1000 salariés), à l’Allemagne (34 robots/1000 salariés) ou encore à la Corée du Sud (77 robots pour 1000 salariés).

 

5% des postes seraient susceptibles d’être intégralement remplacés par des machines

 

Une étude de McKinsey a révélé que d’ici 2022, la moitié des heures travaillées en France étaient potentiellement automatisables. Mais la moitié des heures travaillées ne veut heureusement pas dire la moitié des emplois supprimés ! Les analyses démontrent que seuls 5% des postes seraient susceptibles d’être intégralement remplacés par des machines. En revanche, le besoin d’adaptation du monde du travail sera massif, puisque près de 60% des emplois pourraient être partiellement automatisés. Bref, nous n’allons pas tous être remplacés par des machines, nous allons devoir travailler différemment.

 

Des robots magasiniers qui améliorent le quotidien à l’hôpital

 

 

Pour illustrer ce sujet, l’initiative du Centre Hospitalier de Montréal (CHUM) est intéressante. En effet, cet établissement a mis en place une « autoroute des robots » au sein de l’hôpital pour mécaniser une partie des taches des magasiniers. L’objectif est d’automatiser le transport des plateaux repas, des médicaments, des déchets et de la lingerie. 70 robots déplacent aujourd’hui 1500 chariots au sein d’un bâtiment de 26 étages. La Chef Logisticienne du CHUM déclare d’ailleurs au Huffington Post que « ce que les robots font au quotidien, c’est pousser des chariots à longueur de journée, ce n’est pas une activité à valeur ajoutée. Cela permet de faire en sorte que nos employés, les magasiniers, soient davantage présents pour servir le personnel clinique et technique ».

 

La posture du dirigeant est clef pour réussir une automatisation bénéfique

 

En tant que médecin et en tant que PDG, le Professeur Brunet qui dirige le CHUM, s’intéresse en priorité à la santé. Son objectif n’est pas de « diminuer les ressources pour ‘faire de l’argent’ mais bien d’améliorer les soins pour le patient » . En effet, Fabrice Brunet insiste beaucoup sur le fait que la robotisation à outrance pourrait amener à une réduction des effectifs, avec un robot qui remplace le travailleur humain. Cela n’est pas le cas au CHUM. La finalité est d’améliorer la qualité de vie des malades, le bien-être de l’équipe soignante et sa performance.

 

Considérer le verre à moitié plein...

 

Les robots ont eu un impact bien supérieur à ce qui était attendu, avec des gains de temps de manutention et de temps logistique, permettant une optimisation de l’allocation des ressources. Ceci a permis de faire évoluer l’emploi de magasinier vers celui d’agent logistique, en charge de l’optimisation de l’utilisation des ressources. Parce qu’ils ne perdent plus d’énergie à pousser des chariots ou à de temps à attendre des ascenseurs, les magasiniers peuvent désormais consacrer leurs efforts à distribuer les produits dans les services de manière intelligente. Cela engendre un gain de temps pour les équipes cliniques, qui de leur côté, peuvent mettre à profit ce temps pour le réorienter vers le patient. Le Centre Hospitalier de Montréal n’a pas trop de magasiniers. Leur métier a changé : désormais, ils pilotent les robots, gèrent des stocks informatisés, scannent les codes-barres.

 

Tout devient alors un enjeu de gouvernance

 

Le CHUM a mis en place des mesures d’efficacité concluantes, centrées sur l’atteinte de l’objectif final, à savoir l’amélioration des services et de la qualité des soins proposés au patient. La volonté du dirigeant joue un rôle clef afin de bien garder le cap de l’objectif à atteindre, derrière chaque démarche d’automatisation. Tout devient alors un enjeu de gouvernance, afin de bien mesurer l’impact de la robotisation en fonction de la valeur ajoutée créée pour chacun (collaborateur, client/patient, entreprise), et non simplement sur la rentabilité financière court terme.

 

Et vous, comment envisagez-vous demain de travailler avec des robots ?

 

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