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Bernard Reybier : « Fermob a grandi en France sans pour autant vouloir être Made in France… »


Publié le 26/10/2020

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Branchée de chez branchée, en bonne santé, et toujours inspirée, Fermob avance ses jolis pions sans se soucier de la crise. C’est que Bernard Reybier, son Président, depuis 1989, n’a pas cédé aux sirènes plastoc des années 80… Et a gardé en tête cette phrase de Gustave Eiffel : "le fer, matière à idées".


 

IN. : pensiez-vous en 1989, lorsque vous rachetez Fermob, que cette dernière survivrait au temps et aux modes ?

 

Bernard Reybier : Fermob existe depuis 1870. Lorsque je reprends la société, elle fabrique du mobilier de jardin, il y a 14 salariés et c'est l'arrivée en trombe sur le marché, du design d'intérieur plastique. Certes, il y a déjà la fameuse chaise à volutes forgée à la main, et la gamme bistro. Et son catalogue fait deux pages... Je sais simplement qu’une marque existe par sa « couleur », comme Salomon ou Rossignol, peu importe le nom, et que dès le départ de cettte aventure, j’ai en tête une vision de l’entreprise en matière d’innovation, d’internationalisation et de design, ce que personne en France ne comprend à l’époque. La valeur ajoutée pour Fermob ce sera la conception, l’ergonomie, la valeur d’usage accolée à la valeur d’esthétique… Aujourd’hui nous comptons environ 80 collections différentes de mobilier de jardin, et 200 produits uniques. Certaines collections sont réellement les étendards de la marque et portent dans leur essence même l'identité Fermob. comme Luxembourg, Bistro, Dune, Costa, Alizé... gammes de meubles de terrasses emblématiques de la marque.

 

 

IN. : vous ne vous laisser pas tenter par le plastique… révolutionnaire dans les années 80-90, pourquoi ?

 

B.R. : mon idée à l’époque où je commence à travailler avec le designer Pascal Mourgue sur les différents produits est de rester populaire, -le plastique est mode et cher-, et de me fier au métier que j’ai choisi de développer, dans sa tradition. Le plus vieux du monde, celui de maréchal-ferrant. Aujourd’hui certains diraient que j’ai choisi l’éco-conception, à l’époque c’était simplement du bon sens. J'y croyais dur comme... fer.

 

 

IN. : Le chaland peut trouver chez vous aujourd'hui une palette d'au moins 18 coloris aujourd'hui... vous dites avoir créé dès 1996 la peinture zéro rejet… Cela veut dire quoi ?

 

B.R. : la première valeur de Fermob est le respect de l’environnement. Le développement durable n’existe pas. En 1996. J’investis le quart de mon chiffre d’affaires dans une installation permettant de fabriquer de la peinture zéro rejet. Je ne l’ai pas fait par conviction seulement, mais il se trouve qu’à l’époque j’ai des clients en Californie et en Scandinavie qui m’encouragent en ce sens. Par ailleurs, vous le savez, le fer est recyclable à 100%. Le fer est une matière à idées, cette phrase de Gustave Eiffel, et ses ouvrages me conduisent à penser comme lui. Le fer, c’est la simplicité, la liberté d’expression, l’avenir.

 

 

IN. : faire des collections dessinées par… c’est aussi l’une des clés de votre succès.

 

B.R. : oui, j’ai l’œil pour le dessin, j’aime ça, et c'était pour moi l'une des trois certitudes. Les designers qui collaborent avec nous sont prestigieux, et simples, Pascal Mourgue, Jean-Charles de Castelbajac, Andrée et Olivia Putman, Patrick Jouin… Ils ressemblent à nos collections, simples, résistantes, faciles à vivre. Dans mon esprit, Il y avait deux manières de faire avancer les choses. Soit changer intégralement de politique d’entreprise, soit écouter Brassens, « moi, je suis ce que je suis et je change les choses autour de moi ». Je fais partie de ceux là. Je n’ai jamais eu la prétention de tout bouleverser. Je n’ai pas eu non plus l’envie que Fermob devienne un groupe puissant, de fabriquer en Chine ou ailleurs. La société emploie aujourd’hui 450 personnes, réparties dans l’Ain d’abord à Thoissey,  à Saint-Didier-sur-Chalaronne à partir de 1980. Nous avons grandi en France sans pour autant vouloir être Made in France…

 

 

IN. : comment Fermob a-t-elle vécu le confinement ?

 

B.R. : nous-nous sommes arrêtés de travailler 36 heures pour réfléchir et on a décidé de mettre tout en place pour reprendre le travail, d’autant que tous les métiers que nous exerçons sont faits en tête à tête avec des… machines… (soudure, fonte...). Puis il y a eu la reprise qui a surpris tout le monde. Nous avons d’autorité décalé certaines des commandes à septembre-octobre, afin de mieux satisfaire la majorité de nos clients dans les temps. Dans l’ensemble cela ne s’est pas trop mal passé. Comme vous le savez, les gens confinés chez eux n’ont jamais autant acheté de produits pour leurs jardins, ou leurs habitats. Ils se sont préoccupés de leurs confort, de leur déco, de leur cocon, réparé, créé…

 

 

IN. : les habituels salons, dont Maison & Objet ne sont plus, comment parer à ces incontournables ?

 

B.R. : nous recevons certains clients chez nous, et puis notre société, ses produits sont connus dans le monde entier. Nous n'avons le désaventage d'être inconnus aujurd'hui. Imaginez une marque qui se lance, sur ce secteur, ou le retailer veut savoir savoir quel type de matériaux , quelles sensations au toucher, quel poids... C'est compliqué pour les nouveaux venus. Nous concernant, nous positivons en nous disant que nous avons évité des dépenses en locations de stands, en déplacements... Fermob continue de tourner.

 

 

IN. : des nouveautés en magasin?

 

B.R. : la lampe Aplo! Nos lampes sont devenues iconiques, les jeunes générations connaissent les chaises bistro de leurs parents, et viennent acheter les lampes mobiles pour leur maison!

 

 

 

 


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