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Innocence en Danger brise le silence qui entoure la maltraitante infantile


Publié le 22/10/2020

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L’ONG chargée de la prévention et de la protection contre les dangers qu’encourent les enfants et Rosapark lancent une campagne pour sensibiliser le grand public au rôle des voisins et à l’importance du signalement via le 119, le numéro d’urgence. Et comme souvent, on mobilise Place de la République.

 

 

En France, 1 enfant meurt tous les 5 jours sous les coups d’un proche, selon une étude de L’Inspection générale interministérielle du secteur social menée en 2019. Pour The Lancet, et son étude orchestrée en 2015, 80% des mauvais traitements sont infligés par les proches. Quant à Harris Interactive, son rapport réalisé pour l’association L’Enfant Bleu en octobre 2017 est clair, 1 français sur 3 estiment qu’au cours des dernières années, un cas de maltraitance d’enfant s’est certainement produit dans leur entourage. Enfin, la même association Enfant Bleu stipulait en 2018 que 60% des personnes interrogés soupçonnent des maltraitances dans leur entourage mais n’agissent pas.

 

Chaque année, de nouvelles campagnes de sensibilisation sont développées par le Ministère des Solidarités et de la Santé ou par des associations pour sensibiliser les Français au rôle du signalement. Pourtant, le commun des mortels a toujours aussi peur de s’y résoudre. Parce qu’on a du mal à croire qu’autant de violence soit possible, aussi proche de chez nous. Parce que signaler signifie s’immiscer dans la vie privée des gens. Parce qu’on a peur de se tromper. Parce que signaler s’apparente à « dénoncer ». 

 

Mais « contre l’enfance maltraitée, il ne suffit pas de s’indigner. Il faut se mobiliser, dénoncer, agir. Cette année, cela fera 20 ans que nous menons une lutte acharnée pour la protection de l’enfance », rappelle Homayra Sellier, Fondatrice et Présidente d’IED -Innocence En Danger-, une association dont l’objectif est de protéger les enfants contre toutes formes de violences. Alors pour marquer cet anniversaire, IED a fait appel à l’agence Rosapark pour développer une campagne à forte résonance avec un objectif simple : donner aux citoyens Français le réflexe de signaler.

 

 

 

 

Le mur du silence 

 

« Pour mobiliser les Français autour du signalement, il ne suffit pas de leur dire. Il faut les toucher émotionnellement et les responsabiliser. Et pas seulement les professionnels travaillant avec les enfants, ou les services publiques, mais tous les Français. Car nous sommes tous potentiellement à quelques centimètres d’un drame... en tant que voisins », explique Jean François Sacco, Co-fondateur et Directeur de la Création chez Rosapark. En effet, dans la plupart des cas de violences faites aux enfants, les voisins auraient peut-être pu empêcher le pire en appelant le 119, un numéro dédié à l’enfance maltraitée, ouvert 24h/24, 7j/7, gratuit, et l’appel peut-être anonyme. Suite à une évaluation des informations recueillies, celles-ci sont ensuite transmises aux services de protection de l’enfance du département de résidence de l’enfant lorsque la situation est jugée inquiétante. C’est ainsi qu’est née l’idée « Juste un Mur », une installation physique sensée incarner la distance réelle qui séparait les victimes de leurs voisins. 

 

Ainsi, depuis hier, 21 octobre 2020, 3 murs représentant 3 histoires tragiques ont été érigés Place de la République. Le cas d’Aliya, petite fille de 4 ans morte sous les coups de son beau-père le 13 avril 2008 dans sa salle de bain, après de nombreux mois à subir les pires atrocités. Le cas du petit Dylan, petit garçon de 4 ans battu à mort par son beau-père le 3 octobre 2003, dans sa chambre, après des mois de sévices et d’humiliations. Le cas du petit Nicolas, mort le 9 août 2003 dans son salon, après des multiples coups et sévices. Sur la tranche du mur, un panneau raconte en quelques lignes ces histoires tragiques, en changeant au préalable leurs dates, les noms des personnes concernées et les lieux pour des raisons de confidentialité, tout en matérialisant la distance d’à peine 30 centimètres, qui séparait l’enfant du voisin.

 

 

 

 

Et comme un drame peut arriver tout près de chez vous, le message est clair : « Si vous avez un doute, appelez le 119 ». Pas de culpabilisation mais plutôt un appel aux Français pour qu’ils se mobilisent contre cette violence. « Protéger un enfant, c’est un acte citoyen. Signaler, c’est une obligation légale et doit devenir un réflexe. Mais parce que trop de Français ont encore peur de signaler, peur des conséquences de cet acte, nous avons voulu adopter une approche plus pédagogique, plus rassurante. Nous avons donc associé à cette installation impactante, un dispositif digital pédagogique autour des signes et du 119. Car comment signaler si on ne sait pas voir les signes qui doivent nous y amener ? », explique Homayra Sellier. C’est ainsi que l’association a fait appel au médecin Gilles Lazimi pour établir une liste de 9 signes prioritaires qui doivent conduire au signalement.

 


 

Un devoir d’attention 

 

Parmi les signes univoques, listés par l’opération, nous avons tout d’abord les violences sonores et verbales répétés, telles que des bruits de coups, des pleurs, des cris, des insultes ou des propos dévalorisants. Viennent ensuite les signes physiques, tels que des blessures, des brûlures, des fractures, une apparence négligée et sale, ou pire encore, un retard de développement psychomoteur évident, de langage, de marche, ou une incoordination psychomotrice. Enfin, nous parlerons de troubles de comportement suspects, comme un enfant qui change d’attitude en présence d’autres adultes et/ou parents, un enfant qui semble craintif ou replié sur lui-même, qui exprime une peur des adultes et/ou de ses parents, ou encore un enfant qui a des préoccupations sexuelles inadaptées à son âge, s’exprimant notamment dans les jeux, les dessins, la parole, ou par une attitude agressive envers les autres enfants et adultes. Une liste aussi exhaustive que nécessaire, qui sera partagée et diffusée notamment sur le site de l’association et les réseaux sociaux.

 

 

 

 

« Grâce à l’aide de la région Ile de France et son Vice-Président, Patrick Karam, nous avons eu la chance de pouvoir faire une vraie campagne de sensibilisation et mobilisation de grande ampleur, qui je l’espère réussira à changer les comportements des Français face au signalement, et sur le long terme, à faire baisser les chiffres alarmants des violences faites aux enfants. Car comme le dit Victor Hugo, l’enfant s’appelle Avenir », conclut Homayra Sellier

 

Avant de laisser le mot de la fin à Patrick Karam, vice-président de la région Ile de France en charge des sports, de la jeunesse, des loisirs, de la citoyenneté et de la vie associative. Sacré portfolio, Jared Kuschner serait fier. « Avec le soutien total de Valérie Pécresse, j’ai souhaité porter un programme de lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations. Il vise notamment à agir en faveur de l’égalité femmes-hommes, mais également à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Nous avons souhaité engager fermement la Région Ile de France dans la lutte contre toutes les formes de violences et maltraitances infantiles définies comme toute forme de violences, d’atteintes ou de brutalités physiques et mentales, d’abandon ou de négligences, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle. Je veux saluer ici le travail exceptionnel et la campagne menée par l’association Innocence en Danger. C’est une campagne indispensable sur la nécessité du signalement des violences faites aux enfants, d’autant plus nécessaires dans le contexte actuel de crise sanitaire au cours de laquelle les actes de violence ont été en recrudescence durant les mois de confinement. Le signalement est une obligation juridique mais surtout et avant tout une nécessité morale. Signaler ce n’est pas dénoncer mais protéger ». 

 

 

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