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L'UNESCO x DDB°Paris questionnent la norme et l'absurdité de nos sociétés en campagne


Publié le 24/06/2020

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La norme régit nos conduites, nos relations, nos perceptions de l’autre, du monde. Les institutions, les gouvernements, le système, régissent les normes. Les normes nous disent le normal. Le normal, c’est le tolérable, le banal, l’ordinaire, et l’officiel. Au regard du monde actuel, le normal est pourtant loin d’être tolérable. Pour en parler et mettre en lumière l’incohérence de notre perception de la normalité, l’Unesco dévoile un film saisissant signé DDB°Paris. Décryptage et interview de l'organisation.

 

« Les désastres et les catastrophes n’éclairent pas seulement le monde tel qu’il est. Ils déchirent le tissu de la normalité. Par l’ouverture ainsi créée nous entrevoyons d’autres mondes possibles », Peter C Baker, The Guardian .

 

Voilà qui sert de point d’ancrage au décryptage du film signé DDB°Paris pour l’UNESCO, qui pour rappel, communiquait en mai dernier pour la liberté de la presse. En 2020, au sortir de la tempête Covid-19, le « retour à la normale » interroge l’institution. Née au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Unesco a alors pour objectif de tirer profit de la crise passée en prônant l’unité et l’espoir de jours meilleurs. 75 ans plus tard, toujours la même rengaine. Mais au moment où le monde commence à se remettre en marche, il semblerait qu’il joue au sourd face aux fracas générés par la crise du Coronavirus, comme soumis à la tentation trop grande de tout oublier pour retrouver nos vies d’avant : un retour à la normale. 

 

Pour en parler et mettre chaque acteur du monde face à ses responsabilités, L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture pose les faits noir sur blanc : notre « normal » n’a rien de normal ; et c’est le moment ou jamais pour le rendre meilleur. Comment ? En encourageant l’action collective et en incitant le monde à réfléchir sur la normalité de nos sociétés, mais aussi en invitant médias internationaux et leaders d’opinion à diffuser le message à l’échelle mondiale.

 

Dans un film intitulé « le prochain normal », DDB°Paris met en pratique ces intentions en exposant le parallèle complétement incohérent entre ce qui est communément admis dans le normal et l’anormal. Entre les solidarités nouvelles nées de la crise du covid-19 jugées anormales et les conditions inhumaines de vies que nous acceptons et jugeons normales.

 

Ici quelques exemples : 

 

La pollution de l’air cause 8,8 millions de morts prématurés par an - normal 

Pendant le covid-19, les pics de l’Himalaya sont visibles pour la première fois en 30 ans - anormal

Un enfant meurt d’une pneumonie toutes les 39 secondes, 43 ans après la découverte due vaccin - normal 

Le coronavirus pousse chercheurs et entreprises à mettre leurs brevets en open-source - anormal

Une infirmière fait la Une du NYT - anormal 

1 enfant sur 5 n’a pas accès à l’école - normal 

Pour la première fois en mars 2020,  il n’y a eu aucune fusillade dans les écoles américaines

 

 

Incisif, saisissant et brillamment réalisé : « Le prochain normal » se doit d’être le plus largement diffusé. Pour mieux comprendre les ambitions et intentions de cette prise de parole, l’UNESCO répond à nos questions. 

 

 

IN : qu’entendez-vous par le concept de normalité ?

 

UNESCO : l’objet du film est précisément d’inviter chacun à interroger ce concept – à se demander si les choses que nous nous sommes habitués à considérer comme normales sont réellement justes ou acceptables. Ce concept résonne très fortement avec l’histoire de l’UNESCO, dont l’une des ambitions est précisément de cultiver le meilleur de notre humanité commune, de protéger les sites du patrimoine de valeur exceptionnelle universelle, d’assurer l’éducation de qualité pour tous, d’en appeler à l’intelligence collective pour faire valoir les plus hautes aspirations à la dignité. 

 

L’UNESCO a toujours permis d’adopter des normes, des standards, des conventions internationales pour élever le niveau d’exigence collective, dans la protection du patrimoine, l’éducation de qualité, la bioéthique ou aujourd’hui l’éthique de l’intelligence artificielle. Cette crise du Covid-19 nous appelle clairement à franchir un pas supplémentaire.

 

 

IN : quelle est l’intention de cette prise de parole ?

 

UNESCO : notre intention est double. D’abord, il s’agit de montrer qu’un autre monde est possible. C’est le cœur même de la promesse humaniste des Nations Unies et de l’UNESCO en particulier. Nous pouvons faire mieux, et les solutions résident dans la coopération internationale, dans la mise en commun des ressources et des idées, et non dans le chacun pour soi des Etats livrés à eux-mêmes. Ensuite, il s’agit de rappeler que les changements durables doivent aller bien au-delà des accords politiques ou économiques : ils doivent s’établir sur un fondement beaucoup plus solide, dans l’esprit des hommes et des femmes, par l’éducation, le partage des connaissances, la culture. C’est là que tout commence.

 

 

IN : selon vous, quels changements positifs durables la crise dont nous commençons à sortir pourrait-elle entraîner ?

 

UNESCO : d’abord, nous sommes très loin d’être sortis de la Crise, et si la France se dé-confine progressivement, d’autres états connaissent une résurgence de la maladie, et des continents entiers, l’Amérique ou l’Asie, sont frappés de plein fouet. Il est trop tôt pour identifier des changements durables, mais l’on peut déjà retenir quelques leçons. La première, c’est la nécessité absolue de réinvestir dans certains biens communs mondiaux qui ont parfois été délaissés : l’école ou la santé, les mécanismes d’entraide et de cohésion sociale, mais également les écosystèmes fragiles, dont la destruction accélère la propagation de certains virus. 

 

Face à de nouvelles menaces, la meilleure protection collective réside dans l’éducation, le partage des connaissances et la recherche scientifique : c’est la construction intellectuelle des individus qui fait la différence, leur capacité à gérer les informations, à détecter les fausses nouvelles. La deuxième grande leçon, c’est évidemment l’interdépendance des sociétés, et malgré ses lacunes, l’importance du système multilatéral et des Nations Unies. En quelques jours, l’UNESCO a pu réunir en ligne plusieurs centaines de ministres de l’éducation, des sciences ou de la culture, pour partager les données, établir des mesures en commun. Nous avons vu un immense appétit de coopération, et cette crise peut conduire à un renforcement de ces mécanismes, malgré les difficultés que nous connaissons.

 

 

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