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Planète OUI x ISLANDER : comment une PME française du Good est aux manettes d’un projet fou ?


Publié le 08/04/2021

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À l’image du projet danois VindØ que The Good analysait il y a peu, le projet ISLANDER débarque en terre allemande. Né en octobre 2020, ce projet a pour ambition de rendre l’île de Borkum autonome en énergie et de lui faire atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2030. Fournisseur d’électricité verte et de biogaz, la PME française Planète OUI  a été sélectionnée pour mettre ses compétences concrètes au service de cette île décarbonée et écologique. Rencontre avec Albert Codinach, CEO de Planète OUI pour mieux comprendre les enjeux et opportunités du projet.

 

The Good : En traduction symbolique comme politique, que signifie ce projet pour Planète OUI ? Quels sont les enjeux majeurs de ce partenariat ? 


Albert Codinach : ISLANDER est une opportunité incroyable pour mettre en œuvre et en valeur nos compétences sur un projet qui participe très concrètement à la transition énergétique.

 

C’est l’occasion d’accroître notre crédibilité et notre notoriété en matière de recherche et développement et d’innovation, et d’élargir nos collaborations avec des entreprises et instituts de recherche internationaux de renom.

 

C’est surtout un projet qui traduit concrètement 2 de nos valeurs d’entreprise : l’innovation et l’engagement. C’est une fierté d’avoir été choisis pour participer à ce projet européen de recherche ambitieux, et une reconnaissance de notre positionnement et expertise en tant que gestionnaire d’énergie 100% renouvelable.

 

 

The Good : Si Planète OUI est définitivement opérationnel sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’énergie, quels sont les obstacles et difficultés spécifiques liés à ce projet que vous vous apprêtez à surmonter ? 

 

A.C. : L’objectif du projet est d’aider à rendre l’île autonome avec un système énergétique renouvelable et décarboné. Dans ce contexte, Planète OUI mobilise ses équipes en R&D et travaille sur les outils de prévisions qui sont nécessaires à la planification et à la gestion optimale du stockage, et qui visent à assurer un approvisionnement en énergie sûr et compatible avec les besoins.

 

Notre équipe en recherche et développement doit composer avec la multiplicité et la complexité des modèles de prévision à développer. Ce sont 5 modèles différents, qui touchent des domaines (production d’EnR, consommation, prix) et des échelles temporelles et spatiales (prévisions individuelles et macroscopiques) variées.

 

 

The Good : Puisque l’idée est ici de participer concrètement à la transition énergétique et écologique, pouvez-vous nous en dire plus sur les objectifs visés ? Des chiffres et données à nous communiquer ?  

 

A.C. : L’objectif visé est d’atteindre un mix énergétique 100% renouvelable pour toute la consommation d’électricité et de chauffage (et les transports publics), ouvrant la voie à une décarbonation complète de l’île de Borkum d’ici 2030 :

 

– en proposant des approches innovantes pour le stockage d’énergie à différentes échelles temporelles ;

– en rendant les réseaux d’énergie (électrique et chaleur) intégrés, connectés et intelligents («smart grids»), reposant sur la flexibilité issue d’une production décentralisée, d’un équilibrage local entre l’offre et la demande, et du stockage de l’énergie ;

– en concevant des modèles de prévisions de consommation et production performants, à différentes échelles.

 

Des objectifs plus généraux sont aussi visés tels qu’intégrer les sciences sociales, favoriser la création de communauté énergétique et exceller dans le management des données et la cybersécurité.

 

 

The Good : Quid du projet VindØ au Danemark ? Des divergences ou similarités inspirantes pour vous ? En quoi ISLANDER fait-il la différence ? 

 

A.C. : Il y a une différence fondamentale entre les 2 projets : VindØ s’intéresse à créer une île artificielle qui permet d’alimenter le continent en déportant les installations EnR. Cela permet de développer des EnR sans causer de problème d’acceptabilité et de tirer profit des ressources en mer. 

 

ISLANDER c’est l’inverse. On a ici une île habitée qui est relativement isolée (même s’il y a une liaison électrique au continent) et qui souhaite devenir autonome et renouvelable. Pour y parvenir, elle doit déployer tout un système sur son île. La prise en compte des besoins particuliers des habitants et l’optimisation combinée de la production, du stockage et de la consommation constituent une différence fondamentale.

 

On peut également noter que ISLANDER est piloté par un consortium international, ce qui amène une pluralité des visions et des expertises, mais également une ambition de répliquer le modèle à d’autres systèmes insulaires.

 

Ces 2 projets ont pour similitudes leur caractère innovant, leur horizon temporel à 2030, ainsi que les technologies déployées (déploiement d’actifs renouvelables, installation de batteries et stockage hydrogène).

 

VindØ est un projet inspirant, par son ampleur (puissance installée de 3 GW en 2030) et son caractère innovant (première île énergétique).

 

 

The Good : Comment ce projet s’inscrit-il dans la démarche globale d’entreprise de Planète OUI ?

 

A.C. : L’innovation est une valeur fondamentale chez Planète OUI. Elle est au cœur de notre stratégie et nous cultivons cette valeur en interne depuis le début de l’aventure. ISLANDER nous permet de « faire rayonner » cette valeur.

 

Contribuer à l’émergence d’une énergie 100% renouvelable est notre raison d’être. Ainsi, ce projet nous permet de mettre à profit nos compétences et notre expertise pour atteindre cet objectif, mais aussi d’acquérir de nouvelles connaissances pour aller plus

loin en faveur de la transition énergétique.

 

Ainsi, nous bénéficions d’un apprentissage auprès d’autres acteurs innovants internationaux et nous faisons bénéficier en échange de notre expertise !

 

 

The Good : Des objectifs/projets RSE concrets à venir pour Planète OUI sur 2021 et les années à venir ?

 

A.C. : Planète OUI a souhaité ancrer ces enjeux dans une démarche de labellisation, avec de fortes ambitions quant au futur de sa politique RSE pour les années à venir.

 

C’est pourquoi, après un process de plusieurs mois démarré en 2020, nous avons obtenu le label 100% français Positive Workplace.

 

Ce label vient valoriser nos démarches engagées depuis notre création : notre engagement pour la transition énergétique, l’éthique et la cohérence dont nous faisons preuve pour atteindre nos ambitions, la gestion de l’énergie de A à Z. Le label, par ailleurs, a pour mission d’identifier les pistes d’amélioration sur lesquelles nous travaillons en 2021 tels qu’un accompagnement plus poussé des clients à la réduction de leur consommation d’énergie, l’intégration de la raison d’être aux statuts de l’entreprise ou encore une communication plus claire sur notre business model, et nos impacts environnementaux et sociétaux.

 

De nombreux chantiers RH sont également poussés cette année et dans les années à venir : un système de télétravail et d’aménagement des horaires à construire avec les salariés, une politique parentalité à développer, une offre de formation à structurer et à promouvoir… ainsi que le développement d’instances de gouvernance plus mixtes.

 

En 2021, nous allons recruter 50 nouveaux profils, principalement pour les fonctions IT et service client. Pour encore mieux se structurer, nous mettons en place un modèle d’organisation inspiré de l’holacratie. L’idée est de ne pas concentrer le pouvoir dans les mains d’une personne ou d’un groupe de personnes ; il y sera redistribué et partagé dans un modèle plus organique, horizontal, et qui prend le contrepied des organisations pyramidales traditionnelles.

 

Ce positionnement s’inscrit pleinement dans notre vision : défendre la construction d’un modèle énergétique 100% renouvelable et une transition écologique et solidaire, portées par la force collective et celle de notre modèle intégré : une maîtrise de l’énergie de A à Z.

 

Cet engagement se poursuivra en 2021 par l’accroissement des volumes de production EnR agrégés en interne, des investissements toujours plus forts dans des actifs de production renouvelables, des co-investissements auprès des clients B2B, producteurs et collectivités, et l’accompagnement à l’autoconsommation pour les professionnels et les particuliers.

 

Ce papier a d'abord été publié sur The Good

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