3 novembre 2021

Temps de lecture : 3 min

Êtes-vous prêt à retourner en salle ?

Civic Science a publié ce mois-ci une vaste étude qui donne le pouls des habitudes de consommation culturelle post Covid des Américains. Êtes-vous prêts à retourner en salle ?

À l’heure où les productions françaises se succèdent furieusement dans les salles obscures mais se cassent une à une la figure au box office (seules les grosses productions américaines s’en tirent) , il faut le marteler : oui, la pandémie de covid-19 a modifié au profondeur notre rapport à la culture. Non contente d’avoir entravé l’accès aux biens culturels physiques,  le confinement a tout bonnement supprimé pendant de nombreux mois l’accès à la culture dite de sortie, par le biais des musées, des salles de concerts, ainsi que… les cinémas. Dans une étude intitulée Pratiques culturelles en temps de confinement, publiée par le ministère de la Culture en décembre 2020, les auteurs rappelaient que ce « nouveau cadre spatio-temporel, restreint et non choisi, centré sur le domicile, a redistribué le rapport au temps et notamment au temps de loisir ».

Il n’est pas certain que les amateurs de films à domicile résilient leur abonnement Prime Vidéo pour se précipiter en salle

Pour Anne Jonchery et Philippe Lombardo, les deux chargés d’étude du Ministère de la Culture et de la Communication, notre temps libre s’est retrouvé assujetti à notre espace domestique, au sein duquel la culture d’écran et les équipements numériques ont pris une place prépondérante. Résultat, la consommation de films et de séries s’est maintenue à un niveau très élevé, avec 90% des cadres, 92% des professions intermédiaires, 93% des employés et des demandeurs d’emploi, et 94% des ouvriers et des sans emploi qui y ont succombé.  À écouter certains de ces consommateurs, la majorité même, pas sûr de les voir résilier leur abonnement Prime Vidéo pour se précipiter en salle dans les mois qui viennent. Au grand dam, entre autres, de Denis Villeneuve, réalisateur de Dune (sorti en salles le 15 septembre dernier et premier long métrage à avoir dépassé la barre du million d’entrées dès sa première semaine, après la fatidique pandémie)…

71% des sondés préfèrent à présent regarder du contenu depuis chez eux…

Afin d’apporter des éléments de réponse à cette problématique qui obnubile les exploitants de salle du monde entier, CivicScience a interrogé plus de soixante mille Américains pour savoir à quel moment ils seront fin prêts  à retourner en salle. La moitié d’entre eux  (54%) a répondu « dans les trois prochains semaines », mais plus d’un tiers des répondants  (36%) a préféré répondre « plus tard cette année ». Si l’envie de retourner en salle, est tangible, la pandémie a bien altéré notre manière de consommer le cinéma.

 

Les données collectées par CivicScience démontrent que 71% des sondés préfèrent à présent regarder du contenu depuis chez eux.

 

L’âge, cependant, joue un rôle déterminant. Plus le consommateur est âgé, plus il sera susceptible à regarder un film chez lui. En effet, les 65 ans et plus sont 22%  à préférer le cinéma à domicile. Avec les vacances hivernales qui s’annoncent, de nombreuses productions risquent de s’enchainer en salle dans les prochains mois.

cependant 44% réaffirment leur volonté de se rendre en salle, à l’occasion de  nouvelles sorties…

Les sorties des sempiternels films de Noël et l’embouteillage mondial de longs métrages qui n’ont pas pu sortir tout au long des confinements en sont les causes principales. Dans ce contexte, 44% réaffirment leur volonté de se rendre en salle, à l’occasion de  nouvelles sorties.  Seulement 13% des sondés expliquent avoir déjà, acheté, -ou prévu de le faire-, leurs billets ces nouveautés sur les plateformes de streaming – quand celles-ci le permettent –.

 

En considérant la large proportion d’Américains préférant regarder des films à domicile, existerait-il une opportunité pour les maisons de production de capitaliser sur cette tendance en s’associant avec des services de streaming ? Aujourd’hui, la plupart des Américains ne sont pas prêts à payer plus de dix dollars afin de streamer un long-métrage sur une plateforme… pour laquelle ils ont déjà payé. Et plus le consommateur est âgé, plus les statistiques s’assombrissent. Seulement 19% des américains âgés de 55 ans et plus se déclarent favorables à payer dix dollars pour ce service additionnel. En revanche, les jeunes, sont  67% à accepter l’effort financier. En somme, quand on connait la faculté qu’ont États-Unis à façonner les habitudes de consommation et les pratiques culturelles du reste du monde, les exploitants de salles françaises ont de quoi redouter les mois à venir.

 

 

En résumé

Une étude dévoile les nouvelles habitudes de consommation des américains liées au Cinéma dans la société post Covid.

Sacha Montagut

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