1 décembre 2020

Temps de lecture : 3 min

« … Il est où le bonheur, il est où ?… »

La crise que nous vivons bouscule notre organisation collective, questionne nos valeurs, ébranle notre socle commun mais elle libère la parole. Un confinement succédant à un autre confinement, comment imaginer l’avenir ?.

La crise que nous vivons bouscule notre organisation collective, questionne nos valeurs, ébranle notre socle commun mais elle libère la parole. Un confinement succédant à un autre confinement, comment imaginer l’avenir ?.

De grandes tendances émergent chez les candidats. Habitués à échanger sur leurs performances, le business, les objectifs, le management, ils veulent débattre du bien-être, de sincérité, de bienveillance, de télétravail en entretien. Ces nouvelles préoccupations ne s’opposent pas au discours traditionnel, au contraire elles se complètent. De nouvelles revendications naissent chez les candidats. Longtemps fantasmées, elles deviennent réalités : revendications du droit au bonheur, au bien-être, à l’équilibre vie privée / vie professionnelle, recherche de sens, flexibilité, télétravail, respect, bienveillance, sincérité, vérité, responsabilité, remise en cause de la période d’essai, limitation du temps de trajet, orientation RSE, engagement…obligeant les entreprises à s’adapter si elles veulent recruter dans de bonnes conditions. Les salariés veulent rappeler à l’entreprise qu’elle est un lieu de partage de valeurs. Ils rappellent que le système ne peut plus fonctionner sans l’engagement et la confiance de toutes les parties prenantes.

Les engagements des entreprises sont étudiés à la loupe par les candidats

L’entreprise est un lieu de socialisation au cœur de l’économie. Les candidats sont plus exigeants et plus regardants. Ils prennent des renseignements avant de faire un choix. Ils posent des questions ouvertement et librement : Quelles sont les modalités du télétravail ? Comment expliquer le décalage entre l’éthique affichée par l’entreprise et son management critiqué ? Pourquoi y a-t-il autant de turn-over alors que nous sommes en période de crise ? Quelles sont les mesures mises en place pour assurer de bonnes conditions de travail ? Quels sont les engagements de l’entreprise vis-à-vis de ses salariés ? Les équipes sont-elles heureuses ?. Les langues se délient. C’est le grand jeu de la vérité. Les candidats veulent s’engager et imposent les nouvelles règles du jeu. Ils veulent des preuves concrètes et des actions. Pour répondre aux demandes, certaines entreprises ont mis en place le fameux Chief Happiness Officer ( CHO) qui traite la question du bien-être des salariés. Aujourd’hui, un candidat choisira en priorité une entreprise pour ses valeurs et son engagement. Les salariés attendent de leur entreprise qu’elle les aide à maintenir un bon équilibre entre le travail et la vie familiale. La rémunération n’est plus leur premier critère. Les tabous semblent levés et le sujet équilibre travail /famille ne semble plus discriminant.

Alors Ils revendiquent ….

Désormais le candidat vous dit : « Je souhaite changer de cap car j’ai compris qu’il est important d’être heureux dans son entreprise et en accord avec ses valeurs et son éthique » . Les candidats sont disposés à s’engager pour une entreprise sincère et responsable. L’émergence des valeurs humaines est flagrante, sans doute une réaction de survie nécessaire liée à la crise. La digitalisation s’est accélérée et les candidats demandent des preuves d’engagement humain. Le 100% digital se fait le miroir de notre humanité. Le débat sur le télétravail ne se pose plus. Pour une grande majorité de candidats, le modèle « hybride « doit être adopté. Plus question de faire du full time au bureau. Le modèle de demain doit consister à partager son temps de travail entre le bureau et la maison. Ils souhaitent plus de flexibilité, ils rêvent de managers mentors, espèrent des entreprises écologiques, plus de liens sociaux, éthiques, en résumé un engagement nécessaire à la société. Ils veulent se recentrer sur les valeurs essentielles d’où cette fameuse quête de sens dont tout le monde parle depuis le début de cette crise.

Les Ressources Humaines au cœur du réacteur

Les entreprises n’ont plus le choix elles ont compris que leur transformation passait par la nécessité de réinventer leur modèle social. La mission est complexe car toutes ne sont pas prêtes. Difficile de casser les habitudes face à une forte résistance de la part d’un management habitué à fonctionner dans un schéma traditionnel. Si les entreprises veulent sortir gagnantes de cette crise, elles devront changer leur regard , créer un environnement rassurant pour répondre aux grands défis sociétaux. Un défi passionnant pour les ressources humaines. Aujourd’hui les RH ont un rôle capital pour accompagner la mutation des entreprises et les rendre plus attractives. La marque employeur doit s’ajuster à la réalité du terrain pour attirer les meilleurs talents. Les DRH sont conscients de l’ampleur de la mission. Ces nouveaux changements sont fédérateurs et ouvrent de nouveaux horizons .

Moukah Yamina

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