5 janvier 2026

Temps de lecture : 3 min

D’Orange à Sopra Steria : Béatrice Mandine réinvente la com’ Tech (avec brio)

À la tête de la communication de Sopra Steria depuis deux ans, Béatrice Mandine revient sans détour sur les coulisses d’un métier aussi stratégique que complexe. De ses débuts de journaliste à la direction de la com’ de grands groupes, elle partage un regard franc et expérimenté sur la communication dans la Tech.

Acteur majeur de la Tech en Europe avec 50 000 collaborateurs dans près de 30 pays, Sopra Steria est reconnu pour ses activités de conseil, de services numériques et de solutions. Assurer la direction de la communication d’une multinationale spécialisée dans un secteur aussi technique n’est pas aisée.

En poste depuis deux ans, Béatrice Mandine nous révèle les dessous de son métier. L’ancienne « boss de la com » d’Orange pendant près de dix ans, qui a fait un court passage de quatre… mois chez Casino, a commencé sa carrière comme journaliste au Figaro, à Marie Claire et sur La 5.

Son parcours assez atypique fait d’elle une communicante sans langue de bois. Entretien.

INfluencia : Comment devient-on directrice de communication dans la Tech quand on vient du journalisme ?

Béatrice Mandine : Un peu par hasard, pour ne rien vous cacher. A la base, j’aime les choses qui bougent et la tech est un secteur en constante évolution.

IN : Comment décririez-vous votre rôle ?

B. M. : J’ai la conviction personnelle que mon rôle n’est pas de parler beaucoup de technologie. La communication doit être le trait d’union entre notre entreprise et le monde extérieur. Nous devons être des vulgarisateurs et des décodeurs. Dans la tech, les acronymes sont légions et cela peut aboutir à des échanges ubuesques entre collaborateurs.

Lors des réunions, j’interdis tous ces acronymes : tout le monde doit s’exprimer de manière intelligible. Mon axe de communication est donc assez pédagogique, si je devais le résumer.

Les grands discours trop techniques et exclusifs n’aident pas au rayonnement de l’entreprise. Il est important d’être œcuménique, d’expliquer nos convictions et de montrer le chemin que nous souhaitons suivre dans ce secteur où les experts et les consultants se sont toujours plantés.

IN : N’est-il pas difficile de passer d’une entreprise grand public comme Orange à un groupe BtoB ?

B. M. : A Sopra Steria, beaucoup me disent que j’ai encore la patte d’Orange et que j’amène le BtoC dans une entreprise BtoB mais je ne crois pas aux frontières entre ces deux mondes.

Tout d’abord, nombreux sont ceux qui oublient que le tiers des revenus d’Orange proviennent de ses activités BtoB. Je connais donc bien ce secteur.

Les métiers de la tech ont, par ailleurs, profondément changé ces dernières années. Dans les années 80, la communication consistait principalement à parler à ses clients. Aujourd’hui, tout est beaucoup plus sophistiqué.

Nous devons, bien entendu, continuer de communiquer au monde extérieur à l’entreprise mais le premier public que je me dois de servir, en tant que directrice de la communication, ce sont nos collaborateurs.

IN : Quelles plateformes utilisez-vous pour diffuser vos messages ?

B. M. : Nous avons beaucoup de canaux internes pour communiquer. A l’extérieur, nous utilisons énormément LinkedIn ce qui est assez logique pour une entreprise de notre secteur. Cette plateforme est un vrai levier pour notre image. Nous nous en servons notamment pour poster des photos et des vidéos.

Notre implication dans The Famous Project, qui est la première équipe 100% féminine à tenter de battre le record du tour du monde à la voile sans escale et sans assistance, nous a aussi encouragé à créer un compte sur Instagram.

IN : Utilisez-vous l‘IA pour créer des contenus ?

B. M. : Il est impossible aujourd’hui d’être crédible dans nos métiers si l’on ne maîtrise pas l’intelligence artificielle.

Nous avons notamment créé un programme interne destiné à sensibiliser les collaborateurs sur toutes les questions liées à l’IA. Certains chefs de projet ont développé leurs propres programmes mais nous utilisons aussi des outils disponibles sur le marché.

En communication, l’IA nous aide à rédiger des contenus pour LinkedIn notamment et les designers s’en servent pour sauter quelques étapes dans leur processus de création.

Nous n’avons pas d’idées préconçues concernant les outils à utiliser car ils évoluent tous très rapidement mais il est important de s’assurer que les salariés se familiarisent avec l’IA et nous le faisons en communiquant avec eux sur ces sujets.

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