10 juin 2013

Temps de lecture : 3 min

Dialoguer ou… ne pas être

Si l’on choisit d’écarter volontairement la Big Data, la mobilité, le crowdsourcing… - qui façonnent le nouveau commerce - d’autres tendances jalonnent les trottoirs de nos villes, les magasins, les lieux publics, la Toile… On y repère une multitude d’initiatives, commerciales ou non, mais dans tous les cas, révélatrices de l’émergence de nouvelles manières de consommer et de nouveaux modèles relationnels. Leur observation fait émerger plusieurs tendances. La première, forte et clairement exprimée, est la recherche du dialogue.

Avez-vous remarqué comment le « je » décide à travers ce que pense le « nous » ?  Une relation qui n’est pas sans souligner l’importance croissante de l’avis des « autres » jusque dans nos actes d’achat. Et qui confirme l’opportunité d’un commerce intégrant nouvelles technologies et réseaux sociaux.
 

Le dialogue avec sa communauté

Si les premières garantissent précision, rapidité, accessibilité et flexibilité, les seconds jouent un rôle fort dans les prises de décision. Ils nous démontrent aussi que les consommateurs ne sont plus seulement des acheteurs mais les membres d’une communauté au sein de laquelle l’opinion des autres sert de repère.

Un constat intégré par eBay au Royaume-Uni, où près de la moitié des Britanniques consulteraient leurs amis via les réseaux sociaux avant d’effectuer un achat. Rappelez-vous l’opération « eBay Social Shopping »,  organisée à Londres pour les fêtes de fin d’année. Des salariés d’eBay, équipés de tablettes dotées d’algorithmes, renseignaient les passants sur les cadeaux les plus plébiscités via les réseaux sociaux  et ceux les plus revendus ; une façon d’aider les acheteurs à faire le bon choix ! A Paris, une boutique Bonobo avait créé un «espace shooting» pour permettre à ses clients de se photographier et d’envoyer leur photo par mail ou de la publier sur Facebook pour connaître l’avis de leurs amis avant de se décider à acheter.

Le dialogue avec la ville

Nourrie de technologie et de médias, la ville se réinvente pour devenir aussi un espace de communication et de services. Une ville moderne est désormais une ville qui facilite les échanges. Une réponse à de nouvelles formes de citoyenneté, dans lesquelles les habitants deviennent des acteurs participatifs. En mêlant mobilité et technologies, les villes de demain auront réussi à reproduire dans la réalité les habitudes prises dans le monde numérique.

Illustration avec le iPavement conçu par la start-up espagnole Via Inteligente. Voilà un « pavé intelligent » (doté d’un microprocesseur connecté au Wifi et Bluetooth) qui, directement intégré à la chaussée, permet aux possesseurs d’un smartphone d’accéder aux événements culturels du moment, à une librairie digitale centrée sur les acteurs locaux ou encore à des coupons de réductions à valoir dans les magasins alentours.

A Paris, l’abribus RATP (imaginé en collaboration avec Marc Aurel) boulevard Diderot a été pensé comme un espace multi-services. Outre des informations utiles sur le quartier, il offre la possibilité d’y prendre un café, d’emprunter un livre, d’écouter de la musique, de recharger son téléphone…A Lyon, développé par le designer Vincent Autin, le panneau Girouette s’alimente des contributions des internautes sur les réseaux sociaux. Le logiciel intégré collecte régulièrement sur Twitter tous les messages géolocalisés portant le ou les tags relatifs au quartier puis les affiche sur la Girouette. Celle-ci s’oriente alors automatiquement vers le lieu associé au message en précisant la distance à parcourir et le temps nécessaire pour s’y rendre.

Le dialogue avec son corps

Les technologies s’installent aussi dans notre rapport à la performance physique mais aussi dans la connaissance de notre propre corps. Emergence d’une nouvelle génération de promesses de bien-être « 2.0 »  ou de gain de performance, c’est en tout cas une nouvelle ère de la relation homme-machine qui s’ouvre, à l’aide d’objets connectés en permanence au corps (phénomène croissant du quantified-self). Le succès du bracelet électronique Fitbit en est un bon exemple. Munis de capteurs (accéléromètre et altimètre), il mesure en permanence les mouvements du corps. Il en déduit le nombre de pas effectués, la distance parcourue, les escaliers montés et les calories brûlées au cours de la journée, avant de les transmettre à un ordinateur.

Nike, de son côté, propose une paire de basket dotée de capteurs de pression permettant de mesurer la hauteur des sauts effectués et Babolat, fabricant de raquettes de tennis, présentait l’été dernier, Play and Connect, une raquette disposant dans son manche d’une puce permettant au joueur d’analyser chacun de ses coups. D’autres technologies portées sont, quant à elle, destinées à améliorer notre confort de vie. C’est ce que promettent les bracelets « intelligents », comme le UP, diffusé par la marque américaine Jawbone. Porté nuit et jour, il enregistre, grâce à ses capteurs, les mouvements du corps (calories dépensées, rythme, temps total d’activité…), suit les cycles de sommeil (durée de l’endormissement, phases…) et délivre des informations sur les plats consommés (via son smartphone) comme leurs incidences sur le métabolisme…

A SUIVRE…
Tendance n°2 – Consommer oui, mais autrement
Tendance n°3 – Je veux vivre des expériences

L’ŒIL by LaSer, l’observatoire des tendances de consommation du groupe LaSer
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Crédits photo : BrianSolis.com

La rédaction

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