1 juin 2026

Temps de lecture : 1 min

Audiovisuel public : un baromètre annuel d’impartialité, des chartes et un dispositif de plaintes… ce que prévoit le ministère de la culture

La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a annoncé vendredi une série de mesures applicables « dès cet été » pour mieux évaluer l'impartialité de l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France et France Médias Monde), en réponse à la polémique sur les liens entre certains journalistes du service public et des responsables politiques.

Souvenez-vous…

Ce rapport avait été demandé par l’Arcom à la suite de la polémique déclenchée par la vidéo montrant deux journalistes intervenant sur le service public, Thomas Legrand et Patrick Cohen, échangeant en privé dans un restaurant parisien avec des responsables du PS.

La polémique a conduit à l’ouverture d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale (qui ne vous aura certainement pas échappé, tant elle a captivé les médias), où France Télévisions et Radio France ont été soumis à un feu nourri de critiques de son rapporteur, le député UDR Charles Alloncle, allié au RN, et lui-même attaqué pour ses méthodes qualifiées d’« inquisitoriales » par ses détracteurs.

👉 Lire aussi Rapport Alloncle : comment le pluralisme de l’info a été retourné contre lui-même

Dans ce contexte, la ministre de la Culture « annonce l’engagement immédiat de travaux pour modifier les cahiers des charges de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde », indique un communiqué de son ministère.

Ces décrets viseront notamment à :

  • Instaurer un baromètre annuel public de l’impartialité
  • Créer une charte par entreprise formalisant leurs engagements
  • Mettre en place un mécanisme interne de traitement des plaintes pour les citoyens.

👉 Lire aussi France Télévisions ouvre ses comptes au grand public

Un peu plus tôt, le vice-président honoraire du Conseil d’Etat, Bruno Lasserre, a remis un rapport contenant 17 mesures, dont l’obligation pour les médias de service public de se doter d’une charte éditoriale plus robuste que ce qui existe à l’heure actuelle, sur le modèle des « editorial guidelines » de la BBC au Royaume-Uni.

Il faut, selon lui, « un recueil accessible, simple (…) un truc comme ça qu’on peut toucher du doigt », a-t-il souligné, en brandissant le manuel et en précisant qu’il compte « 450 pages ».

Nous voilà rassurés…

👉 Lire aussi Indépendance des médias en France : une liberté de la presse plus menacée que jamais

En savoir plus

Ces annonces ne sortent pas de nulle part : elles prolongent une séquence ouverte autour de l’audiovisuel public depuis 2024.

Acte 1, le projet Dati (2024-2025). Lancée par la prédécesseure de Catherine Pégard au ministère de la Culture, Rachida Dati, la réforme entendait fusionner France Télévisions, Radio France et l’INA au sein d’une holding unique, « France Médias », pour bâtir une « BBC à la française ». Portée par la proposition de loi Lafon (déjà adoptée au Sénat), elle a été rejetée par l’Assemblée nationale le 30 juin 2025.

Acte 2, le rapport Alloncle (mai 2026). Née de la polémique sur le dîner entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen et des responsables du PS, une commission d’enquête parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a publié le 5 mai un rapport de 551 pages. Son rapporteur, le député UDR Charles Alloncle, y avançait des recommandations très contestées (obligation de neutralité y compris hors antenne, grille de sanctions internes, nomination des dirigeants par le président de la République, plus d’un milliard d’euros d’économies).

Acte 3, la fuite des scénarios Ernotte (26 mai 2026). Trois jours avant les annonces du ministère, la presse (L’Opinion, puis Le Monde) révélait que la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, avait présenté à huis clos trois scénarios de refonte du groupe : suppression de France 4 et de France TV Slash, fusions de chaînes… Des pistes qui recoupent largement celles d’Alloncle, signe que la direction du service public anticipe désormais elle-même sa restructuration.

Allez plus loin avec Influencia

les abonnements Influencia

Les médias du groupe INfluencia

Les newsletters du groupe INfluencia