Adrien Labastire (Kessel et Nxtmind) : « Il n’existe toujours pas sur les réseaux sociaux de HugoDécrypte pour l’économie ou la tech »
Adrien Labastire, le fondateur de Golden Moustache et de la plateforme de newsletters Kessel, s’est associé au créateur du média The Impact Story, Mamad Dembélé, pour lancer Nxtmind. Cette agence dédiée aux créateurs et créatrices de contenu d’information a déjà convaincu en six mois une jolie liste de clients, dont Rolex, SFR, Fnac, Renault, Lidl, Samsung, et AXA. Adrien Labastire nous dévoile les dessous de ce lancement ainsi que son ambitieux projet d’expansion.
INfluencia : Vous venez de lancer avec Mamad Dembélé, le fondateur du média The Impact Story, Nxtmind qui se définit comme l’agence des nouveaux leaders d’opinion. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
Adrien Labastire : Nous nous sommes toujours intéressés au marché de l’information, de l’edutainment et des contenus sérieux provenant de créateurs ayant une réelle expertise. La plateforme Kessel que nous avons lancée en 2022 cherche à fédérer les voix de confiance de l’information et de les faire grandir en amplifiant leur impact et en leur donnant des ressources.
Aujourd’hui, nous diffusons, par l’intermédiaire de newsletters, les contenus de 4000 créateurs auprès de 2 millions de lecteurs qui se sont inscrits sur Kessel et nous envoyons entre 10 et 15 millions d’e-mails par mois. Notre chiffre d’affaires tourne, lui, autour de 2,5 millions d’euros.
Nous avons aussi lancé une régie de podcasts car les créateurs, les clients et les CPM sont les mêmes que ceux de nos newsletters. Nous nous adressons surtout à des leaders d’opinion CSP+ et nos clients sont principalement des grands groupes, souvent cotés au CAC 40. Ce sont eux qui nous ont dit qu’ils souhaitaient gagner en puissance et pour cela, ils souhaitaient que nous leur proposions des formats vidéo. L’idée nous est donc venue avec Mamad Dembélé de créer l’agence Nxtmind.
IN : Il existe déjà beaucoup d’agences de créateurs ?
A. L. : C’est vrai mais la plupart des créateurs se concentrent sur des secteurs comme le lifestyle, la beauté ou l’entertainment mais je suis persuadé qu’il y a une place à prendre pour les leaders d’opinion spécialisés dans la culture, l’énergie ou la santé. Il n’existe toujours pas sur les réseaux sociaux de HugoDécrypte pour l’économie ou la tech. Je suis persuadé qu’il existe une place pour ces créateurs. C’est aussi très important dans la période actuelle où les médias traditionnels sont de moins en moins suivis.
IN : Les annonceurs sont prêts à franchir ce pas et à aller sur les réseaux sociaux ?
A. L. : Jusqu’à maintenant, les gros annonceurs qui souhaitaient prendre la parole le faisaient via leurs relations presse ou leur service communication avec des articles publiés sur des titres comme Le Figaro. De plus en plus de dirigeants voulaient toutefois parler via des créateurs de contenus en apparaissant sur leurs sites et c’est pour cela que nous avons fondé Nxtmind.
Nous sommes bien conscients qu’une interview filmée d’un patron ne fera jamais autant de vues qu’un jeu de Squeezie mais il est possible de parler de sujets sérieux en prenant des angles plus légers, par exemple. Pour évoquer la volonté des groupes énergétiques de préserver l’environnement, on peut ainsi expliquer le fonctionnement des ascenseurs à poissons sur les barrages.
IN : Qui sont les créateurs que vous représentez et comment les sélectionnez-vous ?
A. L. : Nous cherchons des personnes expertes en leur domaine qui peuvent parler de choses sérieuses tout en étant capables de comprendre les attentes des annonceurs. Nos clients nous payent en effet pour être questionnés par nos créateurs de contenus.
Aujourd’hui, Nxtmind représente six créateurs et créatrices :
Julia Layani est la fondatrice de Fraîches, Coming Out et du podcast Conversations avant la fin du monde
Jules Stimpfling est le créateur de Jules comme César
Mamad Dembélé est le fondateur de The Impact Story
Yovann Pigenet est un vulgarisateur des enjeux d’entrepreunariat qui a créé Kainova Group
Maxou Report est un spécialiste de l’edutainment et de la vulgarisation culturelle
Yasmine Douadi est une experte notamment en cyber et pilote Risk Summit
IN : Combien facturez-vous à vos clients et comment partagez-vous ces revenus ?
A. L. : Nous retenons en moyenne 30% des forfaits des annonceurs qui sont calculés en fonction du nombre d’impressions. Nous sommes particulièrement actifs sur Instagram et YouTube.
IN : LinkedIn est pourtant très apprécié des annonceurs corporate…
A. L. : C’est vrai mais les grands groupes s’aperçoivent de plus en plus que les réseaux sociaux autres que LinkedIn ne sont pas uniquement regardés par les jeunes. Cette règle s’applique même à des plateformes comme TikTok et Snapchat.
IN : Pourquoi avez-vous choisi de vous associer avec Mamad Dembélé pour fonder cette agence ?
A. L. : Je souhaitais travailler avec une personne plus jeune qui soit en phase avec les nouvelles générations. Mamad a vingt ans de moins que moi et il a un très bon réseau auprès des créateurs de contenus. Nous partageons aussi beaucoup de valeurs. Nous sommes notamment tous les deux persuadés de l’importance et de la valeur de la data. Mamad a également été investisseur, ce qui lui donne une excellente approche business et nous sommes convaincus qu’une grande partie des revenus des créateurs viendra des événements qu’ils seront capables d’organiser. Squeezie l’a très bien compris avec son GP Explorer. Avec Mamad, on réfléchit actuellement beaucoup aux events qu’on pourrait créer avec nos créateurs et à la manière dont on pourra communiquer autour d’eux.
IN : Votre agence a déjà démarré ses activités ?
A. L. : Oui, nous nous sommes lancés en janvier. Nous avons choisi de rester discret pour l’instant pour voir si notre modèle fonctionnait mais nous avons déjà collaboré avec des annonceurs et institutions de premier plan, comme Rolex, SFR, Fnac, Renault, Bpifrance, Lidl, Samsung, La Poste Mobile, AXA ou encore la MAIF. Nos revenus ont, par ailleurs, atteint 600.000 euros en six mois. Nous pensons donc qu’il est temps de mieux faire connaître Nxtmind.
IN : Quel sera le poids de votre agence dans trois ans ?
A. L. : J’espère que nous serons le leader en France de la diffusion de contenus éducatifs et d’information sur les réseaux sociaux. Nous comptons aussi participer à la consolidation du secteur des agences de créateurs de contenus.
IN : Vous étudiez déjà des dossiers de reprise ?
A. L. : Nous discutons avec certains acteurs mais vous comprenez bien que je ne peux pas vous en dire plus. Nous sommes uniquement intéressés par des rapprochements avec des agences et des personnes incarnantes qui proposent des contenus liés à l’information et à l’éducation.