EDITION / MÉDIAS
1. L’édition attaque le dernier géant de l’IA encore épargné
Hachette Book Group (troisième éditeur américain), Cengage (leader du scolaire), Elsevier (éditeur scientifique du Lancet et de Cell), le romancier Scott Turow et le collectif d’auteurs S.C.R.I.B.E. ont déposé une plainte en nom collectif contre Google devant le tribunal fédéral de Manhattan, rendue publique en début de semaine.
L’accusation vise nommément Gemini : le groupe aurait entraîné ses modèles sur des millions d’œuvres protégées, sans autorisation ni compensation… Le grief tient au détournement de Google Books : les éditeurs avaient initialement confié leurs ouvrages pour un service de recherche limité à des extraits, pas pour alimenter une IA concurrente.
La plainte ajoute le piratage de bibliothèques en ligne, le contournement de contenus payants, et la suppression des informations de gestion des droits (les métadonnées d’auteur et d’éditeur) pour masquer les sources.
Pièce maîtresse : un document interne où Google évalue lui-même le risque à des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars d’amendes. Les plaignants chiffrent la concurrence déloyale d’une formule : Gemini, 650 millions d’utilisateurs mensuels, peut produire un polar de 100 pages en vingt minutes… pour 39 centimes.
Rappel : Les mêmes éditeurs avaient attaqué Meta en mai, et Anthropic a soldé son propre dossier de piratage par un accord record de 1,5 milliard de dollars.
2. Hollywood contre-attaque la méga-fusion Paramount-Warner
Douze États américains (démocrates) menés par le procureur général de Californie Rob Bonta, ont déposé lundi une plainte antitrust pour bloquer le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance, une opération valorisée de 81 milliards de dollars hors dette à plus de 110 milliards dette comprise selon la presse américaine.
Leur argument : la fusion « éteindrait la concurrence » dans la distribution de films en salles et la télévision par câble. Devant le refus des deux groupes de suspendre l’opération, les États ont déposé lundi soir une requête d’urgence pour l’arrêter immédiatement. Paramount juge la plainte « erronée sur les faits comme sur le droit ».
Le lendemain, la WGA, le syndicat des scénaristes américains, a déposé sa propre plainte devant le tribunal fédéral de Californie du Nord. Cette fois, l’angle est social : l’entité fusionnée deviendrait le premier employeur de scénaristes du pays, avec le pouvoir d’écraser les salaires et de réduire la production. Paramount leur répond par des engagements : au moins 30 films par an, des fenêtres salles de 45 jours, deux studios maintenus…
L’angle mort : La question posée aux juges n’est pas de savoir si Hollywood doit se consolider, mais qui aura le droit de fixer le prix du récit américain, des studios ou des plateformes.
AGENCES
2. Omnicom Media France prend la parole, avant que le groupe ne rende ses comptes
Ce mercredi dans les colonnes de Minted, Anne-Sophie Cruque, directrice générale d’Omnicom Media France(IPG) s’accordait à dire que « La fusion Omnicom/IPG [était] une réussite : la satisfaction est en hausse sur l’ensemble de notre portefeuille client (…). En France nous sommes des challengers, avec l’ambition d’entrer dans le top 3 sur un marché où Publicis est très fort ». Figure du marché des agences médias, elle avait pris ses fonctions le 13 janvier dernier aux côtés des co-CEOs Benjamin Grumbach et Franck Farrugia
Il faut dire qu’après six mois de digestion, ce mois de juillet semble déterminant pour le groupe : Omnicom publiera ses résultats du deuxième trimestre le 28 juillet, après la clôture de Wall Street. Premier vrai jalon financier estival de l’ère Omnicom-IPG, après un premier trimestre à 6,2 milliards de dollars de revenus (en hausse de 69,2 % par l’effet de la fusion), une croissance organique de 3,9 % et un bénéfice ajusté par action de 1,90 dollar. Le groupe vise 1,5 milliard de dollars de synergies sur trois ans.
À retenir : Entre la prise de parole française et la publication mondiale, juillet dira si le premier groupe de communication au monde tient sa promesse d’intégration sans casse commerciale…
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4. Divertère, l’agence d’influence née d’un média de 22 ans
Une nouvelle venue sur le marché de la communication d’influence : Divertère, qui se revendique première agence française de communication et d’influence « Gen Z native » dédiée aux nouveaux médias. Sa fondatrice, Théa Serfaty, 22 ans, est la créatrice de PM (Politique Médiatique), un média lancé en 2024 qui décrypte la communication des industries dites sensibles, l’armement, le tabac, les énergies ou le funéraire, et dont la vidéo de lancement avait dépassé les 100 000 vues.
L’agence prolonge cette ligne : conseil stratégique et influence à destination des décideurs, avec un discours assumé de « bataille culturelle » à mener sur les plateformes où l’opinion se forme désormais.
NOMINATIONS
5. Reworld MediaConnect réorganise son pôle mode et beauté
Reworld MediaConnect, la régie de Reworld Media (premier éditeur de presse magazine français en volume, de Marie France à Grazia), nomme Alexandra Tondeur directrice commerciale du pôle Mode, Beauté & International, et fait évoluer Fabrice Sabatte vers les fonctions de Fashion Market Editor.
Ce dernier, arrivé en octobre 2024 comme directeur de publicité de Grazia et Icon après un parcours chez Procter & Gamble, Marie Claire et Mondadori, avait accompagné la relance de l’édition papier de Grazia en mars 2025.
Le signal : Les régies des groupes de presse magazine se réorganisent en verticales de marché plutôt qu’en titres, calquant l’organisation de leurs concurrents numériques.
6. Hula Hoop rappelle son ancien directeur de création
Le groupe indépendant lyonnais Hula Hoop (implanté aussi à Paris, Bruxelles, Genève et Montréal) confie la direction générale de son agence design et publicité à Julien Platteaux. Un retour au bercail : passé par Euro RSCG et l’agence Novembre, il avait rejoint Hula Hoop en 2012 et y a occupé la direction de la création jusqu’en 2020.
Depuis, il avait cofondé La Cavalerie, un collectif de professionnels indépendants de la communication, puis créé La Fougue, structure de conseil créatif spécialisée dans la stratégie d’entreprise, l’identité et l’expression de marque. Il revient piloter le développement de l’agence.
Bonnes vacances à toutes et tous, on se retrouve en septembre !