Face au dérèglement climatique, Naturalia revoit sa stratégie d’approvisionnement
Une étude menée par Quantis révèle la vulnérabilité croissante de plusieurs filières agricoles. L’enseigne bio lance, en conséquence, un plan de résilience pour sécuriser ses approvisionnements.
Le doute n’est plus permis et Naturalia a décidé de prendre les choses en main.
Les épisodes de chaleur extrême, les sécheresses répétées, les tensions sur la ressource en eau et l’érosion des terres agricoles ne sont plus des projections, ils affectent déjà concrètement les rendements agricoles, la disponibilité de certaines matières premières et la stabilité des approvisionnements.
Pour une enseigne alimentaire spécialisée dans le bio comme Naturalia, ces évolutions représentent un enjeu aussi bien environnemental qu’économique.La filiale du groupe Casino a donc décidé d’adapter sa stratégie d’approvisionnement afin d’anticiper ces risques.
Le distributeur a demandé fin 2025 au cabinet de conseil Quantis d’effectuer une analyse approfondie des impacts du changement climatique sur ses filières agricoles. Les premiers résultats de cette étude viennent d’être restitués.
Leurs conclusions sont sans appel : la volatilité des prix des commodités agricoles est devenue la norme. Certains aliments sont plus sensibles que les autres dont le riz, le cacao, le café et le blé.
Naturalia a demandé à Quantis de se focaliser sur deux filières en particulier : la tomate et l’amande. Pour l’amande, l’analyse révèle que les zones d’approvisionnement en Espagne et en Italie sont déjà fortement exposées au stress hydrique, à la sécheresse et au déclin des pollinisateurs, avec une intensification attendue d’ici 2050. Cette tendance va se traduire par des pertes de volume, des baisses de qualité et une hausse matérielle des coûts d’achat.
Sur la base de ces résultats, des ateliers transversaux ont été animés par les équipes de Naturalia afin de coconstruire un plan de résilience priorisé sur trois ans. « Le changement climatique et l’érosion de la biodiversité ne sont plus des risques théoriques : ils impactent déjà nos filières et nos approvisionnements, assure Richard Jolivet, le directeur général de l’enseigne. Notre ambition est claire : transformer ces contraintes en opportunités pour construire des filières plus robustes, aux côtés de nos producteurs. »
Le défi est immense mais il risque de devenir la nouvelle norme lors des prochaines décennies.
Notre insight
La démarche de Naturalia est louable mais un seul acteur peut-il vraiment faire la différence face à une crise aussi profonde et globale?