7 juillet 2026

Temps de lecture : 4 min

Les parents français délaissent progressivement les écrans pour occuper leurs enfants en voiture, mais pas dans les transports en commun…

La tablette n'est plus reine : face à la pression des écrans, les familles redécouvrent les histoires audio et les jeux qui créent du lien pendant les vacances.

« On est bientôt arrivé ? », « C’est encore loin ? », « J’ai mal au cœur… », « J’ai faim », « J’ai soif ». Combien de parents ont-ils entendu ces phrases prononcées par leurs jeunes passagers sur les sièges-arrière de leur véhicule ?

Les grands départs en vacances riment souvent avec embouteillages, longs trajets… et inévitablement, la question de l’ennui des enfants. Comment les parents français parviennent-ils à occuper leurs jeunes passagers sans transformer le voyage en épreuve ?

Une étude OpinionWay pour la plateforme audio interactive pour enfants tonies révèle une évolution notable des habitudes : si les écrans restent présents, ils perdent du terrain au profit de solutions plus interactives et de contenus audio.

Premier enseignement de cette enquête : les parents identifient la tranche des 3 à 5 ans comme la plus difficile à gérer pendant les longs déplacements. Près de quatre parents sur dix (39%) estiment que c’est à cet âge que l’ennui devient le plus compliqué à canaliser, loin devant les moins de 3 ans (22%) ou les enfants de 6 à 10 ans (17%). Cette période est celle durant laquelle nos chères petites têtes blondes sont déjà très curieuses mais se montrent, dans le même temps, incapables de rester immobiles pendant plusieurs heures.

Les stratégies d’occupation privilégiées

Face à cette réalité, les familles diversifient leurs stratégies. La discussion reste le premier réflexe (66%), devant l’écoute de musique (60%).

Les livres et bandes dessinées conservent également une place importante (49%, soit cinq points de plus qu’en 2025), tandis que près d’un parent sur deux invite encore ses enfants à observer les paysages (48%, 6 points). Cette dernière option semble la plus compliquée, a priori, mais qui ne tente rien, n’a rien.

Les jouets, devinettes, blind tests musicaux ou encore le célèbre « ni oui ni non » complètent un arsenal destiné à faire passer le temps sans provoquer de tensions. Maître Capelo (pour les plus anciens) ne dirait pas le contraire.

Le recours aux écrans est de moins en moins systématique

Seuls 38 % des parents déclarent les utiliser comme solution privilégiée durant les trajets estivaux, soit une baisse de 11 points par rapport à 2025. Dans le détail, 20% proposent une tablette, 17% une console portable et 16% un smartphone.

Cette évolution intervient alors que les autorités sanitaires multiplient les messages de prévention. En France, les recommandations portées notamment par Santé publique France et les experts réunis dans la règle dite des « 3-6-9-12 », élaborée par le psychiatre Serge Tisseron, invitent à limiter fortement l’exposition aux écrans chez les jeunes enfants et à privilégier les activités favorisant les échanges, l’imagination et le langage. Les longs trajets constituent souvent une exception tolérée par les familles, mais l’objectif reste d’en limiter la durée.

L’audio progresse fortement

L’audio apparaît toutefois comme l’une des principales alternatives au « tout écran ». Selon l’étude OpinionWay, 78% des parents utilisent désormais des conteuses d’histoires, livres audio ou podcasts pendant les déplacements estivaux. Plus d’un quart (27%) indiquent même qu’il s’agit de leur solution privilégiée, un chiffre en progression de 5 points par rapport à l’année précédente.

Cette tendance rejoint les observations de nombreux spécialistes du développement de l’enfant.

Contrairement aux écrans, l’écoute d’histoires sollicite davantage l’imagination, la concentration et le langage, tout en laissant l’enfant construire ses propres représentations mentales. La lecture à voix haute et les récits audio participent également à l’enrichissement du vocabulaire, un bénéfice régulièrement souligné par les recherches en sciences cognitives.

Les jeux verbaux restent parmi les plus efficaces

Autre confirmation de l’étude : les jeux verbaux conservent toute leur efficacité. Le Roi du Silence, le pendu, le petit bac ou encore les devinettes sont jugés efficaces par 65% des parents. Peu coûteux, ne nécessitant aucun matériel et favorisant les interactions familiales, ces jeux restent des incontournables des départs en vacances.

Pour autant, les écrans n’ont pas disparu. Au total, 79% des parents les autorisent au moins dans une situation de transport. Leur utilisation dépend toutefois du contexte. En voiture, seuls 25% les proposent dans la première demi-heure du trajet, contre 34% en train et 39% en avion. Plus le transport est collectif et plus les parents semblent céder rapidement afin de préserver le calme, notamment sous le regard des autres voyageurs.

Car au-delà de l’ennui, c’est bien la pression sociale qui pèse sur les familles. Plus d’un tiers des parents (38%) reconnaissent que le regard des autres les pousse à être plus stricts avec leurs enfants. Un tiers (33%) disent avoir déjà ressenti de la honte face au comportement de leurs enfants durant un voyage.

Cette pression influence même les choix de vacances : 36% des parents ont déjà privilégié une destination plus proche afin d’éviter un long trajet, 32% ont renoncé à certains modes de transport et un quart (26%) déclarent avoir déjà abandonné un projet de voyage en raison des difficultés anticipées.

Enfin, l’étude montre que la volonté de réduire les écrans dépasse largement le seul temps des trajets. Neuf parents sur dix cherchent à limiter leur usage pendant les vacances, et près des deux tiers estiment y parvenir. Un effort que beaucoup tentent également d’appliquer à eux-mêmes, même si l’exercice se révèle plus difficile.

À l’heure où les vacances sont souvent associées à une déconnexion recherchée, cette étude témoigne d’une évolution progressive des pratiques familiales. Sans bannir totalement les écrans, les parents semblent privilégier davantage les échanges, les histoires et les jeux partagés, transformant peu à peu le trajet lui-même en temps de vie familiale plutôt qu’en simple parenthèse à faire passer.

Et vous, comment occupez-vous vos en enfants durant les trajets ?

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