Prisma Media se tourne de plus en plus vers l’IA et les influenceurs pour produire ses contenus
Le groupe de presse multiplie les restructurations, les expérimentations éditoriales, et réduit la place des journalistes dans la production de l’information. Au risque d'abîmer la relation aux lecteurs ?
L’entité de Louis Hachette Group a récemment lancé un plan de sauvegarde de l’emploi (certains termes ne manquent pas d’ironie) qui devrait déboucher sur le départ de 40% de ses 650 employés.
Le groupe, qui édite de nombreux titres dont Télé Loisirs, Géo, Voici, Femme actuelle et Capital, utilise également massivement l’intelligence article pour rédiger des contenus.
Selon des chiffres internes, plus de 2000 articles ont été réalisés avec l’IA l’an dernier pour Ça m’intéresse, ce qui représente 40% de sa production totale. L’IA serait même utilisée dans la presse cuisine pour créer des faux profils de journalistes, faux auteurs de contenus générés intégralement par de l’intelligence artificielle.
Les créateurs de contenus à l’initiative du brand content
La dernière idée de Prisma Media, qui appartient depuis 2021 à Vincent Bolloré, est de s’appuyer sur les producteurs de contenus pour créer le brand content associé à ses titres phares.
Prisma Media a crée ainsi une plateforme, baptisée Projets Créateurs, qui « réunit, selon le groupe, une trentaine de projets et de formats imaginés sur mesure par des créateurs de contenus, auxquels sont associées nos marques médias les plus affinitaires en fonction des thématiques abordées ».
Les contenus ne sont donc plus créés par des rédacteurs et ensuite soutenus par des influenceurs mais, au contraire, lancés par des créateurs pour ensuite « bénéficier de la puissance de frappe et de la caution éditoriale des marques médiasdu groupe », aux dires même d’un communiqué du groupe de presse qui ajoute :
« Avec cette nouvelle offre, Prisma Media entend faire évoluer les codes de la relation tripartite propre aux dispositifs OPS, en plaçant les projets imaginés par les créateurs de contenus au point de départ de la réflexion. »
Notre insight
Prisma investit massivement dans l’IA pour réaliser des économies, face à un marché print qui décline. Il faudra bien prendre garde toutefois à ne pas abîmer la qualité éditoriale et la confiance des lecteurs. Par ailleurs, le recours aux influenceurs pour les opérations spéciales pour s’appuyer sur leurs communautés est plutôt une bonne idée. A condition de bien séparer l’éditorial, du brand content. Tout le risque procède de ce mélange des genres parfois trompeur via les « infiltrations éditoriales » de contenus de marque.