16 juin 2026

Temps de lecture : 2 min

Le Royaume-Uni interdit à son tour les réseaux sociaux aux moins de 16 ans : la vague de prohibition devient mondiale

Après l'Australie, un nouveau poids lourd bascule. Le Royaume-Uni interdit aux moins de 16 ans l'accès à Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook et X. Une loi promise avant Noël, applicable au printemps mais qui épargne les messageries comme WhatsApp et Signal.

Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a fait de ce combat une « étape importante » pour les familles : les réseaux « rendent les enfants malheureux » et facilitent « le harcèlement et les abus ». À noter : l’interdiction visera les grandes plateformes sociales mais pas les applications de messagerie.

Beaucoup de détails restent encore à trancher, mais le calendrier est déjà posé : un vote avant Noël pour une entrée en vigueur « probablement vers le printemps ».

Le Royaume-Uni rejoint un mouvement déjà bien engagé dont l’Australie avait montré la voie : depuis le 10 décembre 2025, sa loi bannit les moins de 16 ans des réseaux, avec des amendes pouvant grimper jusqu’à 32 millions d’euros pour les plateformes récalcitrantes.

L’Indonésie a suivi le 28 mars 2026, coupant l’accès à près de 70 millions de mineurs. La France est également « dans le coup » : en janvier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi pour les moins de 15 ans, qui attend encore son adoption définitive. Pays après pays, le terrain se rétrécit pour les plateformes.

Reste le nerf de la guerre : être capable de vérifier l’âge des utilisateurs. Le seuil actuel de 13 ans est déjà jugé inapplicable par les directeurs d’école, qui redoutent un « faux sentiment » de sécurité, comme l’expliquait hier à l’AFP Ian Russell, dont la fille Molly s’est donné la mort à 14 ans après avoir visionné des contenus faisant l’apologie du suicide, et qui s’est toujours dit opposé à une interdiction.

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TechUK, qui fédère les plateformes concernées, prévient que la mesure risque de « déplacer le problème plutôt que le résoudre ».

Le gouvernement élargit d’ailleurs le périmètre : blocage des inconnus qui contactent un mineur sur les plateformes de jeu et de streaming, couvre-feux nocturnes et pauses dans le défilement automatique pour les moins de 18 ans, interdiction des chatbots IA simulant des relations intimes avec des mineurs.

Le tout sur fond politique : Starmer dégaine son programme à trois jours d’une élection décisive pour son maintien à la tête du Labour.

Ce qui est intéressant

Le vrai levier n’est pas l’interdiction, c’est la vérification de l’âge. Sans système fiable, la loi reste un symbole… et les ados contournent (le Premier ministre l’admet lui-même). Celui qui résoudra le contrôle de l’âge, plateformes ou tiers, tiendra la clé du dispositif.

Notre insight

Pour les marques et l’influence, le terrain de jeu se redessine par la loi. Toucher les plus jeunes sur les grands réseaux deviendra, marché par marché, un parcours sous conditions… L’attention des mineurs migrera alors peut-être vers les messageries (épargnées) et les espaces fermés. A moins que les contournements soient si massifs que l’effet produit soit le contraire de l’effet recherché…

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