20 mai 2026

Temps de lecture : 2 min

Hantavirus : 4,4 millions de messages, des bots MAGA… et déjà les mêmes mécaniques complotistes qu’au Covid

En quelques jours, l’hantavirus est devenu l’un des sujets sanitaires les plus commentés au monde sur les réseaux sociaux. Selon une analyse de Visibrain, plus de 4,4 millions de messages ont déjà été publiés, avec un pic à 1,1 million en 24 heures. Mais derrière cette viralité record, les vieux réflexes complotistes et les campagnes de manipulation refont déjà surface.

Le virus circule… mais les récits vont encore plus vite. En quelques jours, l’hantavirus s’est imposé sur X, LinkedIn et Instagram comme l’un des sujets sanitaires les plus viraux du moment, avec une moyenne de 449 128 publications par jour.

Le pic a été atteint le 7 mai, juste après plusieurs prises de parole de l’OMS.

Selon les chiffres publiés par Visibrain, le volume de conversations observé est même près de trois fois supérieur à celui enregistré au début du Covid-19, sur des périodes comparables. En France, le sujet reste pour l’instant plus contenu, avec 335 173 messages recensés sur ce laps de temps.

Très vite, l’hantavirus a réveillé une mémoire collective encore très marquée par 2020. Près de 15 % des messages mentionnent directement le Covid-19, tandis que les analyses sémantiques font remonter les mêmes marqueurs : contamination, navires de croisière, propagation. Des codes immédiatement familiers… que certains internautes ne se privent pas d’instrumentaliser.

Visibrain identifie ainsi des signes d’astroturfing, autrement dit de manipulation artificielle de l’opinion via des comptes automatisés ou coordonnés. Certains profils suspects publient plus de 500 posts par jour autour du sujet. Plusieurs affichent des références explicites au mouvement MAGA, d’autres opèrent de manière anonyme, sans photo ni biographie, avec des messages très polarisés ou anti-institutionnels.  

Sur X, ces comptes alimentent déjà des narratifs complotistes plus familiers : citations scientifiques sorties de leur contexte, affirmations selon lesquelles le virus ne serait “pas contagieux”, soupçons de manipulation politique ou réinterprétation de faits réels pour alimenter des récits plus larges. Voyez vous-même :

En parallèle, plus de 300 organisations ont déjà pris la parole sur LinkedIn, où l’OMS, les Hôpitaux universitaires de Genève, le ministère de la Santé ou encore des chercheurs tentent de reprendre la main sur la conversation.  

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Ce qui est intéressant

Avant même que l’hantavirus ne devienne un sujet sanitaire installé, les mêmes mécaniques qu’au Covid réapparaissent déjà : bots, citations scientifiques sorties de leur contexte, défiance envers l’OMS et recyclage immédiat de récits anti-institutionnels.

Notre insight

Sur les sujets sanitaires, quelques centaines de comptes très actifs peuvent désormais imposer les premiers angles de lecture avant même les autorités.

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