10 avril 2026

Temps de lecture : 2 min

Près de 90% des Français jugent les journalistes utiles, un chiffre en hausse alors que prolifèrent les fakes news (notamment les images)

89 % des Français estiment que le journalisme est utile, score au plus haut niveau depuis mai 2022. Ce chiffre est issu du 10e baromètre Viavoice, à l'occasion des Assises du journalisme à Tours, dédiées cette année à la notion de vérité.

Ce baromètre révélé à l’occasion de la 19e édition des Assises du journalisme de Tours, montre l’attachement réaffirmé des Français au journalisme. Près de 9 sur 10 jugent ce métier utile, un niveau au plus haut depuis 2022. Et 72 % la considèrent même indispensable.

La bonne nouvelle ? Ce sentiment d’utilité progresse : 77 % privilégient les informations issues des médias professionnels plutôt que celles relayées par leurs proches.

La mauvaise ? D’abord les Français sont plus critiques, dans le détail. 6 Français sur 10 estiment que les journalistes ont correctement distingué faits et opinions sur des sujets récents sensibles.

Ensuite et surtout : la confusion grandit : 77 % disent avoir du mal à distinguer une source fiable d’un site peu crédible, un sentiment renforcé par l’essor de l’IA.

Un Français sur deux se dit plus exposé aux fausses informations dans son quotidien. C’est en particulier le cas pour les images, ce qui conduit à une défiance croissante envers elles, hors du cadre de médias établis. La multiplication des fakes générés par l’IA – de plus en plus indécelables – n’y est pas étrangère. Exemple d’une de ces fausses images décryptées par AFP Factuel.

Mais c’est parfois, une simple décontextualisation de vraies photos qui sert la désinformation (et souvent la déstabilisation politique).

Des différence de perception selon les profils sociologiques, politiques, générationnels

Les scores d’utilité sont les plus faibles parmi les catégories sociales les moins favorisés (ouvriers – 4 points vs la moyenne), les sympathisants d’extrême-droite (-4 points aussi). Rien d’étonnant, d’autres études montrent combien les catégories populaires – sont sur-représentés dans les votants à l’extrême-droite ndlr).

Une grosse étude 2024 sur le vote Rassemblement national de l’institut Terram notait plus précisément une sur-représentation du bas de la classe moyenne et à la partie supérieure des milieux populaires, soit ceux « qui sont trop riches pour être aidés, mais pas assez pour vivre correctement ».

Plus étonnant, est aussi le score d’utilité relativement plus faible des 35-49 ans (-7 points versus la moyenne).

Hypothèse d’analyse : cette population est finalement la plus touchée par les pratiques informatives « alternatives » aux médias traditionnels. Elle est sortie du milieu scolaire, et suffisamment mâture pour avoir le sentiment de pouvoir se passer des médias traditionnels, via un butinage informationnel à la carte. Ce, même si la plus grosse population d’usagers de Youtube se retrouve dans la catégorie d’âge inférieure (les 25-34 ans), tous sujets confondus (musique, divertissement, information).

C’est aussi un âge très critique où il peut y avoir du désenchantement, de l’insatisfaction politique par rapport à une situation socio-économique difficile. Et les médias, en tant qu »‘institution sont jugés parfois sévèrement comme complices du système, comme l’ont montré les témoignages recueillis lors des épisodes des Gilets jaune et de la crise du Covid-19.

Mais l’autre bonne nouvelle, c’est que le sentiment d’utilité des médias progresse y compris sur ces publics naturellement plus défiants (d’où les chiffres d’augmentation en rouge par rapport à l’an dernier).

Une évolution des attentes du public : vérifier les fait mais aussi être utile au quotidien

Le public attend toujours des journalistes qu’ils vérifient les faits et produisent des contenus utiles au quotidien. Mais les Français veulent aussi être aidés à comprendre l’actualité et à se forger une opinion éclairée.

Le fact-checking regagne du terrain. Il apparaît davantage comme un outil essentiel contre la désinformation, malgré des critiques persistantes.

Un idéal de pluralisme qui se heurte au biais de confirmation

78% des Français jugent indispensable de consulter des médias aux orientations variées. Mais seuls 20 % disent réellement diversifier leurs sources pour construire leur propre opinion.

62 % reconnaissent s’informer aussi pour conforter leurs convictions personnelles.

La pluralité s’affiche comme une norme démocratique, mais les comportements restent guidés par le confort cognitif.

Et vous, vous exposez-vous parfois, souvent aux idées que vous ne partagez pas ?

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