Le running séduit 12 millions de Français, décryptage d’un phénomène qui enfle, et commence à poser des problèmes
Marathons, semi-marathons et 10 km : pourquoi le running séduit 12 millions de Français. Une activité de plus en plus populaire qui commence à poser des problèmes d'organisation, de santé, ou d'impact environnemental.
Ses organisateurs promettent d’accueillir « l’événement qui va redéfinir le running en France ». Rien de moins…La ville de Mâcon va accueillir, les 23 et 24 mai, le premier festival hybride alliant course à pied, musique et art.
Run&Fest -c’est son nom- va proposer trois compétitions aux amateurs de running : un marathon, un semi-marathon et un 10 kilomètres au milieu des vignes et des paysages vallonnés du Mâconnais.
Des concerts live, des performances artistiques et un food court seront aussi lâ pour divertir les participants et une tentative de record de France des 24 h sur tapis roulant, portée par l’un des fondateurs du festival, sera organisé. Cet événement cherche clairement à surfer sur la vague du running qui ne finit pas de grossir en France et à l’étranger.
Un quart des Français court
Dans notre pays, la course à pied rassemble plus de 12 millions de pratiquants, soit environ un quart de la population, selon les chiffres du 7eObservatoire du running, réalisé par Union Sport & Cycle. Les deux-tiers de ces amateurs allongent leurs foulées au moins une fois par semaine.
La course à pied n’est pas un phénomène récent. Elle est historiquement liée à l’athlétisme et aux pratiques sportives antiques. Toutefois, sa démocratisation massive remonte surtout à la seconde moitié du XXᵉ siècle, notamment avec l’apparition du jogging dans les années 1960 et 1970.
Depuis les années 2000, la croissance de la pratique du running s’est accélérée. Selon plusieurs études internationales, la popularité de la course à pied a bondi d’environ 57% au cours de la dernière décennie, illustrant un véritable boom mondial des sports d’endurance.
La pandémie de Covid-19 a encore accéléré ce phénomène. Alors que de nombreuses activités sportives étaient limitées par les restrictions sanitaires, le running est devenu l’une des rares pratiques accessibles en extérieur.
Les données issues d’applications sportives montrent ainsi une augmentation de 65% des activités de course à pied pendant le confinement.
Cette période a également contribué à modifier la perception de la pratique sportive. Le running s’est imposé comme un outil de gestion du stress, une activité individuelle compatible avec la distanciation sociale et une alternative aux salles de sport fermées. Dans de nombreux pays, ces nouveaux pratiquants ont continué à courir après la pandémie.
Depuis quelques années, les formats de course se sont beaucoup diversifiés. Courses nocturnes ou à obstacles, événements hybrides combinant running et fitness, Ultra-trail… Le choix est large, pour le grand plaisir des amateurs et des fabricants d’articles de sport.
Le marché mondial de produits destinés au running aurait en effet atteint 44,2 milliards de dollars en 2024 et il pourrait approcher le cap des 70 milliards dès 2033, selon une récente étude. La marque Nike représente environ 35% du marché mondial des chaussures de running, tandis qu’Adidas en détient près de 18%.
En moyenne, un coureur français dépense 554 euros pour son équipement, incluant chaussures, vêtements et accessoires. En 2024, 1,2 million de paires de chaussures de course ont été vendues dans l’hexagone.
Des marques comme Asics, ont récemment dépassé, pour la première fois, le milliard d’euros de chiffre d’affaires sur le marché européen. Hoka a, lui, affiché en 2024 une hausse annuelle de 28% de ses revenus, à 1,8 milliard de dollars. Excusez du peu… Les montres et les applications sont, elles aussi, devenus des « must have », comme le prouve les 5,2 milliards de dollars encaissés par Garmin en 2023.
Ce succès commence toutefois à créer certaines difficultés. Les grandes courses urbaines ont de plus en plus de mal à gérer les inscriptions massives des participants. La sécurité, la gestion des déchets, l’impact des compétitions sur les espaces naturels et leur empreinte carbone sont d’autres obstacles à surmonter.
Le running commence également à poser des questions de santé publique. Si ce sport présente de nombreux bénéfices (amélioration du système cardiovasculaire, réduction du stress, maintien de la forme physique), il peut aussi entraîner des blessures et des problèmes articulaires liés notamment à un surentraînement.