K-culture : comment la Corée du Sud a conquis le monde
De la K-pop aux K-dramas, de la K-beauty à la gastronomie, retour sur le phénomène culturel coréen célébré à Paris au musée Guimet.
Après la K-pop, la K-Beauty, les K-dramas et la K-Food, voici venu le temps de la K-culture.
Pour célébrer cette année le 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et l’ancien royaume du Silla, le musée Guimet passe en mode Corée ! À travers trois expositions exceptionnelles, une installation monumentale en façade et une riche programmation à l’auditorium, le musée national des arts asiatiques, basé à Paris, souhaite faire découvrir au grand public les multiples visages de ce pays dans lequel les traditions séculaires se marient aux technologies les plus modernes.
La Corée du Sud a commencé à devenir un phénomène mondial avec le succès de la K-pop à partir de la toute fin des années 2000.
Wonder Girls est le premier groupe à être entré dans le Billboard Hot 100 aux Etats-Unis en 2009 avec « Nobody ».
PSY avec son hit « Gangnam Style » détient, quant à lui, le record du premier clip à dépasser le milliard de vues sur YouTube.
D’autres groupes ont aujourd’hui une renommée planétaire dont BTS, Blackpink et StrayKids. En 2023, 19 des 20 albums les plus vendus au monde appartenaient à la musique coréenne. Seule Taylor Swift était parvenue à se faire une petite place dans ce palmarès. Le clip « Dynamite » de BTS a été visionné, à lui seul, plus de 2 milliards de fois sur YouTube.
Si la K-pop rencontre un tel succès, c’est grâce à sa diversité. Les groupes les plus populaires marient le rap, la pop, le rock et le hip-hop. La plupart des artistes savent danser et beaucoup se réunissent au sein de boys et girls bands, reprenant ainsi les clés du succès d’anciennes gloires des Tops comme les Spice Girls, Take That, One Direction, Back Street Boys ou NSYNC dans lequel a débuté un certain Justin Timberlake…
Plus récemment, de nombreux artistes internationaux ont collaboré avec des stars de la K-pop dont Selena Gomez, Lady Gaga, Dua Lipa et Bruno Mars. Et qui a oublié le titre enregistré par Coldplay et BTS en plein coeur du Covid intitulé « My Universe »?
Les films « Made in Korea » rencontrent également un succès croissant. Bong Joon-ho a été le premier réalisateur coréen a recevoir la Palme d’or à Cannes en 2019 pour son long-métrage « Parasite ».
Les plateformes de streaming proposent aussi de plus en plus de productions locales. Et pour cause! Avec 265,2 millions de visionnages, Squid Game est à ce jour la série qui a été la plus vue sur Netflix. En 2021, son lancement a été le meilleur jamais connu sur la plateforme avec 111 millions de visualisations en 17 jours.
Le cinéma coréen séduit par sa capacité à mêler les genres, à aborder des thèmes sociaux forts et à proposer une mise en scène audacieuse. Dans le même esprit, les K-dramas offrent une alternative aux formats occidentaux classiques avec leurs récits émotionnels souvent centrés sur les relations humaines.
La gastronomie coréenne participe elle aussi à cette dynamique. Longtemps méconnue, elle s’est imposée grâce à des plats emblématiques comme le bibimbap, le bulgogi ou le kimchi.
En France, de nombreux restaurants coréens ont ouvert, allant de la street food conviviale à la cuisine plus gastronomique. Les Français semblent apprécier les saveurs épicées, fermentées et audacieuses de cette cuisine riche en légumes et souvent saines qui utilise beaucoup le riz, l’ail et le sésame.
La dernière « K-tendance » très à la mode est la K-Beauty.
D’abord phénomène d’initiés sur Internet, la skincare coréenne s’impose aujourd’hui comme le nouveau pilier de la beauté occidentale. Les marques locales ont profondément transformé les habitudes de soin en France, en mettant l’accent sur la prévention, l’hydratation et la douceur plutôt que sur la correction agressive.
Leurs routines en plusieurs étapes avec les masques en tissu, les textures innovantes et les ingrédients naturels ou technologiques ont séduit une génération en quête de transparence et d’efficacité.
À contre-courant des promesses de résultats immédiats, les marques coréennes ont une philosophie fondée sur la prévention, la régularité et le respect de la peau. Cette approche, centrée sur la santé cutanée à long terme, a séduit les consommateurs français qui sont de plus en plus attentifs à la composition des produits qu’ils achètent et leur impact.
Cette prudence n’empêche pas les groupes coréen d’investir massivement dans la recherche et le développement, leur permettant ainsi de proposer des formules avant-gardistes, des ingrédients valorisés comme la centella asiatica, le ginseng ou les actifs fermentés, et des textures inédites.
Aujourd’hui, la K-beauty est présente dans notre pays aussi bien dans les enseignes spécialisées que dans les grandes chaînes de distribution. Récemment, le Printemps Haussmann a ouvert un pop-up réunissant 14 marques coréennes de soins, maquillage et parfums. Sephora, Oh My Cream ! et Nocibé ont, elles aussi, leur corner dédié.
La « soft power » coréenne se traduit aussi en « hard currency » pour ce pays de 52 millions d’habitants
L’an dernier, les exportations culturelles de la Corée du Sud ont atteint, pour la première fois, près de 38 milliards de dollars. « Oh! Pilseung Korea! » (« Oh! Victoire, Corée ») ont l’habitude de chanter les supporters de l’équipe nationale de football. Si les « Guerriers Taeguk » ne sont pas les meilleurs dans les stades, d’autres fleurons nationaux font carton plein à l’étranger…