Face à un marché publicitaire incertain, l’Association des chaînes privées soutient l’amendement adopté jeudi 15 janvier par l’Assemblée nationale, qui prévoit une baisse de la taxe sur les services de télévision collectée au profit du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).
Cette diminution résulte notamment de la généralisation, à toutes les chaînes, de l’abattement de 30 millions d’euros sur la base taxable dont bénéficiaient jusqu’à présent les seules chaînes sans publicité. Cette mesure amputera de 34 millions d’euros le produit de cette taxe.
Une somme que le CNC ne pourra plus allouer au financement de la création, au grand dam des interprofessions telles que la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF), l’Union des producteurs de cinéma (UPC) ou encore l’Association des auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP), rapporte Le Monde.
De son côté, l’Association des chaînes privées rappelle, dans un communiqué diffusé le 17 janvier, que les chaînes de la TNT figurent aujourd’hui parmi les principaux soutiens de la création française. Mais la contraction de leurs recettes publicitaires — qui pourrait atteindre -10% en 2026 — impacte directement leur équilibre économique, justifiant ainsi un alignement avec les conditions applicables aux autres contributeurs du CNC.
Le Monde précise par ailleurs que cet amendement, déposé par la sénatrice Christine Lavarde (Les Républicains) et largement voté à l’Assemblée par le Rassemblement national, profite principalement à M6, bien moins bénéficiaire du soutien du CNC que France Télévisions, qui risquerait de perdre 10 millions d’euros de financement.
Le quotidien du soir ajoute qu’une proposition alternative, portée par le CNC, prévoyait une baisse de la contribution des acteurs de la TNT compensée par une hausse de celle des plateformes comme YouTube ou TikTok. Elle n’a cependant pas été retenue par Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, malgré l’avis favorable de Matignon.
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