Confiance dans les médias : utilité, neutralité, clarté… ce que les Français réclament surtout
Les Français n’ont jamais autant questionné leurs médias. Entre fatigue informationnelle, défiance persistante et attachement intact au journalisme, le 39ᵉ baromètre La Croix-Verian-La Poste esquisse les lignes de fracture… mais aussi les pistes très concrètes pour reconstruire la confiance à l’heure des élections, de l’IA et de l’infobésité.
Photo : Quentin de Groeve / Hans Lucas via AFP
Malgré un intérêt toujours élevé pour l’actualité (71 % des Français), la confiance envers les médias reste fragile. Selon le 39ᵉ baromètre La Croix-Verian-La Poste, publié le 15 janvier 2026, 61 % des Français estiment qu’il faut se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité, un niveau quasi stable mais nettement supérieur à celui observé en 2023.
Paradoxe : 56 % des Français déclarent pourtant avoir une bonne opinion du métier de journaliste, signe d’une distinction de plus en plus marquée entre la profession et le système médiatique dans son ensemble.
La défiance s’explique notamment par la lassitude informationnelle -près d’un Français sur deux dit ressentir fatigue ou rejet face à l’actualité- et par le sentiment que les médias privilégient la confrontation au détriment de la pédagogie.
Pour restaurer la confiance, les attentes sont claires : séparer strictement information et opinion (78 %), garantir l’indépendance des journalistes vis-à-vis des actionnaires (77 %) et renforcer la transparence, notamment sur les sources de financement et l’usage de l’IA (75 %).
À l’approche des élections municipales, l’étude rappelle aussi le rôle clé des médias locaux, perçus comme utiles et crédibles par une majorité de Français.
Ce que cela dit du futur du journalisme (et des marques médias)
1. La fin du “tout commentaire”, le retour du journalisme utile
Le message est limpide : les publics veulent moins de bruit et plus de sens. La priorité accordée à la séparation claire entre faits et opinions (78 %) traduit un rejet des formats anxiogènes, polarisants ou sur-commentés.
Enjeu stratégique : réhabiliter l’explication, le temps long, la pédagogie. Le journalisme redevient un service, pas un spectacle.
2. La confiance ne se décrète plus, elle se prouve
Transparence sur les financements, indépendance éditoriale, reconnaissance des erreurs : les critères de crédibilité exprimés par les Français sont très opérationnels.
Pour les marques médias, cela implique d’assumer leurs modèles économiques, leurs partis pris éditoriaux et leurs méthodes de travail, y compris sur l’usage de l’IA, désormais scruté.
3. Journalistes vs médias : un décrochage révélateur
Le baromètre révèle un paradoxe clé : la confiance dans le métier de journaliste reste majoritaire, tandis que la défiance vise davantage les “systèmes médiatiques”.
Signal faible mais structurant : l’incarnation, la signature, la relation directe avec les journalistes deviennent des actifs éditoriaux majeurs, à l’heure des newsletters, podcasts et formats propriétaires.
Le journaliste, animateur de radio et de télévision et streamer français Samuel Etienne participe à l’événement « Z », un marathon de 50 heures de jeux vidéo de 50 heures de streamers de jeux en direct, à Montpellier, dans le sud de la France, le 5 septembre 2025. (Photo par Sylvain THOMAS / AFP)
4. Le local et le concret comme antidotes à la défiance
À l’approche des municipales, la presse régionale s’impose comme un repère de confiance.
Proximité, utilité, compréhension des enjeux locaux : ce sont précisément ces qualités que les publics attendent aussi des médias nationaux.
Le futur est hybride : national dans la vision, local dans l’impact.
5. Un terrain de jeu stratégique pour les marques
Pour les marques qui investissent le brand content ou les partenariats médias, le message est clair : la crédibilité éditoriale prime sur la visibilité.
Les marques attendues demain sont celles qui :
respectent les codes journalistiques,
privilégient l’information utile à la promotion,
s’inscrivent dans des récits de long terme, non opportunistes.
1. Le retour du journalisme utile : réhabiliter l’explication, le temps long, la pédagogie. Le journalisme redevient un service, pas un spectacle.
2. La confiance ne se décrète plus, elle se prouve : assumer son modèle économique, ses partis pris éditoriaux et ses méthodes de travail, y compris sur l’usage de l’IA, désormais scruté.
3. Journalistes vs médias : l’incarnation, la signature, la relation directe avec les journalistes deviennent des actifs éditoriaux majeurs.
4. Le local et le concret comme antidotes à la défiance : proximité, utilité, compréhension des enjeux locaux au programme.
5. Un terrain de jeu stratégique pour les marques : la crédibilité éditoriale doit primer sur la visibilité à travers le brand content et les partenariats médias.