IA et emploi : la transformation technologique profitera-t-elle uniquement aux hommes ?
L’essor de l’IA se fait sur un air de Patrick Juvet : Où sont les femmes ?
Les fonctions stratégiques et techniques liées à l’intelligence artificielle — de l’ingénierie IA à la recherche en machine learning, sans oublier la gestion des data centers — s’imposent nettement en 2026, selon le classement LinkedIn des métiers en croissance.
« Pour y figurer, un métier doit afficher une croissance soutenue parmi notre base de membres et avoir généré un volume significatif d’offres d’emploi sur l’année écoulée », rappelle le réseau professionnel.
Les missions attribuées à ces postes, les compétences principales et les années d’expérience de ceux qui les occupent, mais aussi leur localisation ou leur répartition par genre, sont renseignées.
On observe alors que l’essor de l’IA profite aux hommes. Ces métiers, plutôt bien placés dans le classement, sont en effet très largement masculins. Dans le meilleur des cas, 28% des directeurs IA sont des directrices…
Dans le détail :
1er : Ingénieur IA (82% d’hommes)
2e : Directeur IA (72% d’hommes)
15e : Expert informatique (86% d’hommes)
16e : Chercheur en machine learning (80% d’hommes)
18e : Technicien en data center (79% d’hommes)
La résistance toutefois des métiers du lien et de l’organisation
Toutefois, comme l’indiquent très justement certains commentaires sur LinkedIn, le classement fait également ressortir le besoin de restructurer l’entreprise pour faire face à l’essor de l’IA.
« Ce qui me rassure dans ce classement, c’est la résistance des métiers du lien et de l’organisation. RH, responsable qualité, HSE… Aucune technologie ne remplacera jamais le besoin de structurer une entreprise et de prendre soin des équipes. C’est cet équilibre Tech/Humain qui fera la performance de demain », note ainsi Mai Nguyen, consultante spécialisée en transformation des organisations.
Une vision complétée par Corinne Lafitte, coach en transition professionnelle :
« Un classement qui reflète bien la double transformation à l’œuvre : technologique et sociétale. L’IA redessine les métiers, mais la montée des fonctions HSE, qualité ou médico-sociales rappelle que performance, sécurité et humain restent au cœur des priorités. L’enjeu pour les actifs sera clairement l’adaptabilité et l’apprentissage continu. »
Des analyses qui permettent de nuancer le constat selon lequel ce sont les hommes qui vont profiter de la démocratisation de l’IA en entreprise.
Les métiers de responsable qualité (8e, 55% de femmes), responsable RH (9e, 84% de femmes), mais aussi chargé des admissions (10e, 71% de femmes) ou responsable des risques (25e, 50% de femmes) sont moins genrés, voire plutôt féminins. Même celui de banquier privé est occupé à 61% par des femmes…