10 juillet 2026

Temps de lecture : 10 min

Arnaud Baudry d’Asson (Øconnection) : « J’ai vu Le Malade Imaginaire 27 fois. À la fin, je crois que j’aurais pu corriger Guillaume Gallienne sur ses répliques »

Sa maxime : « Rien ne sert de partir à l’heure, il faut toujours courir », en dit long sur Arnaud Baudry d’Asson. Le président-fondateur du Groupe Øconnection et co-président de l’AAMI répond au « Questionnaire d’INfluencia », autour d’une madeleine et d’un thé, au sein de l’Hôtel Littéraire Le Swann* – Proust oblige

INfluencia : Votre coup de cœur ?

Arnaud Baudry d’Asson :  Depuis quelques années, j’ai un véritable coup de cœur pour le théâtre et son énergie unique. La France, et Paris en particulier, offrent une diversité, une richesse et une qualité théâtrales exceptionnelles. C’est un art qui me touche profondément, pour deux raisons principales.

D’abord, le théâtre, c’est l’art de la vérité pure. Sur scène, on ne triche pas : on peut répéter, mais une fois le rideau levé, il n’y a pas de prise deux. J’adore cette authenticité. À l’ère où l’intelligence artificielle investit tous les domaines, il y a une chose qu’elle ne pourra jamais remplacer : la présence des comédiens. Peu importe les avancées technologiques, ils resteront toujours là, vivants, sur scène. Pourtant, le théâtre n’est pas toujours l’art le plus mis en avant, alors qu’il traverse aujourd’hui une période particulièrement brillante. Les derniers Molières en témoignent, avec un nombre impressionnant de pièces récompensées.

J’aime autant le théâtre privé que le théâtre public. Si je devais citer mes coups de cœur récents, deux pièces du théâtre privé, toutes deux primées aux Molières, m’ont marqué. Ce n’est peut-être pas très original, mais elles allient une mise en scène remarquable, des comédiens exceptionnels et des récits percutants, toutes deux centrées sur des luttes sociales.

La première, « Made in France », créée par la compagnie La Poursuite du Bleu, raconte le combat d’ouvriers pour sauver l’industrie française et leur usine. La mise en scène est époustouflante, avec une batterie au centre de la scène – une idée géniale. La seconde, « Le Procès d’une vie », est une pièce magnifique qui a remporté trois Molières.

Côté théâtre public, deux autres coups de cœur, bien que non récompensés par des Molières, m’ont profondément impressionnée par leur force scénique. « Le Cercle de craie caucasien » de Brecht, au Théâtre de la Ville, propose une mise en scène d’une beauté rare. Et « La Distance » de Tiago Rodrigues, née au Festival d’Avignon avant une courte période au Théâtre 71 de Malakoff, qui explore avec justesse la relation entre un père et sa fille.

Enfin, un coup de cœur un peu plus ancien : « Le Soulier de satin », mis en scène par Éric Ruf à la Comédie-Française. Une expérience inoubliable, avec ses 6h30 de spectacle – une durée que je n’aurais jamais imaginée tenir, mais qui m’a offert un moment magique.

IN. : Et votre coup de colère ?

A. B. d’A. : J’ai trois coups de colère en ce moment.

Le premier, le plus profond : notre incapacité à vivre ensemble. J’admirais tant l’île de La Réunion, où toutes les origines, toutes les religions cohabitent avec une harmonie rare. Aujourd’hui, je ne comprends pas cette montée du rejet de la différence – pas seulement du racisme, mais d’un refus pur et simple de l’autre. Je ne saisis pas cette envie d’exclure, de revenir en arrière. Et ça me rend impuissant, parce que c’est aux antipodes de mes valeurs. Je crois que beaucoup partagent cette colère.

Il faut arriver à redonner envie aux gens d’avoir soif, pas seulement de culture, mais d’ envie d’apprendre

Mon deuxième coup de gueule est plus léger, plutôt une déception, mais tout aussi triste : la disparition de la curiosité. Ce n’est pas une question de génération, c’est sociétal. On a perdu cette humilité d’apprendre avant de juger. Aujourd’hui, tout le monde a un avis sur tout, souvent sans compétence. Sur les réseaux, on classe, on like, on juge… mais on explore moins, sans chercher à comprendre, à aller plus loin. Pourtant, comme le disait Socrate : « ce que je sais, c’est que je ne sais rien » – une phrase magnifique, qui devrait nous guider. Je trouve qu’il faut arriver à redonner envie aux gens d’avoir soif, pas seulement de culture, mais d’ envie d’apprendre. Dans le monde professionnel comme dans la vie, cette soif d’apprendre s’étiole. Et ça, c’est inquiétant.

Je déteste les QR codes sur les menus

Enfin, un coup de gueule plus trivial, mais qui me tient à cœur : je déteste les QR codes sur les menus. Moi, je vais au restaurant pour échanger avec les serveurs, le restaurateur, discuter des plats, choisir avec eux. Regarder son téléphone à table, c’est déjà dommage. Mais si en plus il faut scanner le menu, c’est la catastrophe. Je milite pour le retour des ardoises, des menus en papier, des échanges humains. Entre un resto avec QR code et un autre avec un vrai menu, mon choix est fait.

IN. : L’événement qui vous a le plus marqué ?

A. B. d’A. : J’ai eu une révélation en découvrant la puissance des foules qui vibrent ensemble. Dès mon enfance, j’ai adoré ces moments : mon premier match (Saint-Étienne contre Nantes), mes premiers concerts : Fête de la Musique, SOS Racisme, où Bruce Springsteen jouait. Ce qui m’a marqué, ce n’était pas l’artiste ou les clubs, mais cette émotion partagée par des milliers de personnes en même temps. Un vrai déclic : réaliser qu’on pouvait faire naître une émotion commune à tant de gens.

J’adore ces vibrations collectives, cette union autour d’une idée. Bien sûr, il y a un risque : l’émotion de groupe peut aussi mener à des dérives. Mais quand elle est positive, c’est magique.

Pour les 80 ans de mon père, j’ai privatisé gratuitement le Stade de France un jour de fermeture

Mon père m’a emmené très jeune à des événements, et j’ai ressenti ce lien unique. Aujourd’hui, j’aime discuter avec des gens de générations différentes et découvrir qu’on a vécu, sans le savoir, les mêmes moments forts. Le collectif construit les pays, les civilisations, les mémoires. Un artiste, un sportif, un événement… et hop, un déclic qui unit des inconnus pour toujours.

Ça m’a construit. Ça m’a donné envie de créer des aventures, collectives ou personnelles. J’en ai fait mon métier. Aujourd’hui, j’adore organiser des événements, car offrir un moment d’émotion partagée, c’est exceptionnel. Ça construit le fameux mot « ensemble » qu’on a aujourd’hui trop tendance à oublier !

Et dans ma vie privée aussi : pour les 80 ans de mon père, j’ai privatisé gratuitement le Stade de France un jour de fermeture. Il a pu se promener en famille dans le stade, avec sa photo sur les écrans géants. Un moment inoubliable.

IN. : Votre rêve d’enfant ou si c’était à refaire

A. B. d’A. : J’aurais aimé faire venir les foules. Petit, je rêvais d’être footballeur, tennisman ou chanteur. On ne devient pas tous champions, mais une médaille olympique devant des milliers de spectateurs, ça me bouleverse.

Pourtant, mes débuts dans le sport auraient dû me décourager à vie : mon premier match de foot, en poussin, s’est soldé par un 18-0 contre Chartres. On s’est crus nuls… jusqu’à ce qu’on apprenne que les 18 buts avaient été marqués par un seul joueur : Éric Lada, futur champion de France avec l’OM. J’aurais pu abandonner. Au lieu de ça, j’ai compris une leçon : il y a des talents exceptionnels, et on ne peut pas tout avoir. Ça m’a rendu admiratif des grands talents.

Henri Émile, l’entraîneur, m’a fait venir sur le banc de touche et m’a dit : « Lève-toi, c’est toi qui annonces le changement ».

Aujourd’hui, je me rattrape en organisant des matchs avec des anciens de l’équipe de France. Je vis ces émotions par procuration, et j’apporte ma pierre à l’édifice. Une anecdote ? J’ai organisé un match en Tunisie avec les champions de 1998. Henri Émile, l’entraîneur, m’a fait venir sur le banc de touche et m’a dit : « Lève-toi, c’est toi qui annonces le changement. » J’ai pu faire sortir Sidney Govou pour faire entrer Sylvain Wiltord. Un moment inoubliable. Jamais je n’aurais pu imaginer pouvoir faire cela. Ces instants me permettent de réaliser, par d’autres moyens, des rêves que mon talent ne m’a pas permis d’atteindre.

Plus sérieusement, j’ai, pendant un temps pensé, à une autre direction de ma vie. Ma famille est très différente de moi car elle est engagée dans le social : presque tous ont travaillé dans des orphelinats. Quand j’ai annoncé que je me lançais dans la publicité, ma mère m’a demandé : « Mais ça sert à quoi ? » Longtemps, j’ai envisagé de suivre cette voie, même devenir juge pour enfants. Puis j’ai bifurqué – peut-être par manque de solutions concrètes, ou par besoin d’énergie-.

J’ai toujours eu l’envie de « racheter le château de mon père ». Pas littéralement, mais symboliquement

J’ai une histoire personnelle. Mon père vient d’une grande famille de Vendée. Il a connu la vie de château, avec précepteur… avant de se retrouver du jour au lendemain à l’orphelinat. Et dans un orphelinat très dur. Cette histoire m’a marqué. J’ai toujours eu, si je peux dire, l’envie de « racheter le château de mon père ». Pas littéralement, mais symboliquement : réussir, faire ce que j’aime, avec ambition. Lui a choisi de s’occuper d’enfants en difficulté. Moi, j’ai repris l’histoire d’avant – celle de la réussite, de l’audace. Ma manière à moi de réparer, ou de construire.

J’ai refait une maison de A à Z

IN. : Votre plus grande réussite ? (pas professionnelle)

A. B. d’A. : Ma plus grande réussite n’est pas concrète, c’est d’avoir su garder mon enthousiasme. Je crois avoir cette capacité à être heureux, à savourer les petits comme les grands bonheurs et à les partager, avec mes enfants, et dans mon travail.

Ce qui me semble tragique, c’est de devenir blasé ou cynique avec le temps. Dans nos métiers, on finit par tout trouver normal. Moi, j’ai cette chance – que je cultive – : je m’enthousiasme encore. Une invitation, un moment partagé, un cadeau, modeste ou somptueux… tout me touche.

J’ai toujours voulu conserver cette vision, peut-être un peu irréaliste, mais pleine de rêve. Parce que le rêve, dans la vie, je trouve ça essentiel.

Sinon dans la vie de tous les jours, j’ai quand même une petite réussite. Il y a eu une période où j’ai voulu tout maîtriser : plomberie, peinture, électricité… J’avais dressé une liste, et je me suis lancé. J’ai presque tout coché, sauf l’électricité, qui ne m’attire pas – peur ? manque d’intérêt ? peu importe – Mais j’ai refait une maison de A à Z. Quand je veux quelque chose, j’y arrive. Une fois la liste bouclée, j’ai tourné la page…

IN. : Et votre plus grande fierté ?

A. B. d’A. : Elle n’est pas pour moi. C’est celle d’un père, pour ma plus jeune fille, Ambre, qui a joué dans « Le Malade imaginaire avec Guillaume Gallienne » – qui revient d’ailleurs à la Porte Saint-Martin. Elle n’y sera pas cette année, elle a trop grandi. Mais quelle expérience magique : voir ma fille de 11 ans sur la scène de la Comédie-Française, aux côtés de comédiens exceptionnels ! J’ai une affiche avec son nom. Nous avons suivi la pièce en famille… 27 fois. À la fin, je crois que j’aurais pu corriger Guillaume Gallienne sur ses répliques ! (rires)

Je peux aujourd’hui avouer que j’ai révisé une épreuve du bac, le matin même, en me levant à 2h !

IN. : Votre plus grand échec ? (idem)

  1. B. d’A. : J’ai un problème avec le temps. Ma plus grande anxiété ? Regarder un calendrier. L’anticipation me stresse, alors que mon métier — événementiel, médias — exige des plannings serrés et une course permanente. J’ai mis en place des processus, j’ai progressé, mais je reste compliqué avec cette notion. Ma maxime, que La Fontaine n’aurait pas aimée : « Rien ne sert de partir à l’heure, il faut toujours courir. » C’est vrai : je pars souvent en retard… mais je rattrape tout à toute vitesse. J’ai une capacité de travail folle, et j’exige que tout le monde suive. Je sais que c’est difficile pour mon entourage.

Pourtant, je suis entrepreneur dans des milieux où le temps, c’est de l’argent. On vit à 100 à l’heure… et moi, je refuse de voir les minutes filer. Contradiction ? Sans doute. Un psy y verrait probablement un truc à creuser : peur de vieillir ? Peur que tout aille trop vite ? Je ne sais pas.

Florence Foresti avait fait autrefois, je crois, un sketch là-dessus : quand j’étais écolier ou étudiant, 10 secondes avant la sonnerie, si j’étais encore au lit, c’était jouable. Et c’est vrai : je peux aujourd’hui avouer que j’ai révisé une épreuve du bac, le matin même, en me levant à 2h ! Pas sérieux ? Non. Mais c’est comme ça que je fonctionne. Je tente de m’améliorer. Mais force est de constater que le bilan n’est pas glorieux…

IN. : Quels personnages vous inspirent ?

A. B. d’A. : Je n’ai pas un personnage inspirant, mais des dizaines. Je suis comme ça : picoreur, pas disciple.

En gastronomie, j’adore la soupe d’artichauts de Guy Savoy, les couteaux de Philippe Etchebest… et le Big Mac de McDonald’s. Sans comparaison, sans hiérarchie, juste du plaisir, que ce soit à l’un ou à l’autre.

Dans la vie, c’est pareil : j’aime le regard sur l’humanité de Renaud, la psychologie de Philippe Djian, les œuvres de Roman Nguyen, les ballets de Preljocaj… Toutes ces inspirations cohabitent. Pas de favori, juste une soif de diversité.

« Ça marchera jamais » ? La pire phrase du monde.

IN. : Votre principal trait de caractère

A. B. d’A : Je suis un fonceur avec une ténacité à toute épreuve. Ce n’est pas toujours bien pour un entrepreneur, mais je prends beaucoup de risques. Quand j’ai une idée, un objectif, rien ne m’arrête. Il faut des arguments en béton pour que je lâche. « Ça marchera jamais » ? La pire phrase du monde.

Là où les autres voient un mur, moi je cherche une porte, un contour, une solution. Je traverse. Toujours. Avec le temps, j’ai appris à tempérer : les grandes idées, c’est bien, mais il faut aussi des chiffres et de la rigueur. Et calmer le rythme pour mon entourage , même si, au fond, je ne changerai jamais.

Les défis me portent. Dans ma vie privée comme dans ma vie professionnelle. Mon banquier vous le confirmera : je suis fou, j’ose toujours. (rires) Et pour l’instant, ça marche.

J’ai un autre trait de caractère : Je suis collectionneur dans l’âme, et quand je tombe dans une passion, je deviens déraisonnable. Pas financièrement, non : juste obsessionnel.

Au début, j’achetais les vinyles que j’aimais. Puis j’ai basculé : listes des meilleurs albums, traque en brocantes, chasse aux pépites. Résultat ? 450 en 6 ans

Prenez les vinyles. Au début, j’achetais ceux que j’aimais. Puis j’ai basculé : listes des meilleurs albums, traque en brocantes, chasse aux pépites. Résultat ? 450 vinyles en 6 ans. Mon entourage doit parfois me dire : « C’est super… mais arrête. »

J’ai eu ma phase numéros 1 de magazines. Maintenant, ce sont les objets ayant appartenu à des sportifs. Je passe des heures à chercher, sans me ruiner. Exemple : deux balles de tennis de la finale Borg-McEnroe à Wimbledon, signées par les deux légendes. Pas une fortune, mais une fierté immense.

J’adore ça : des envies accessibles, et la joie de les concrétiser

IN. : Quel livre emmèneriez-vous sur une ile déserte ?

A. B. d’A : j’emmènerais toute la collection de Philippe Djian. J’ai l’impression qu’il écrit comme il parle. J’aime son franc parler, ses réactions vis-à-vis du monde. Et si je devais emmener un livre qui n’existe pas, cela peut paraître bizarre, ce serait un livre avec les textes des chansons de Renaud.

* l’Hôtel Littéraire Le Swann, situé au cœur du quartier historiquement proustien de la plaine Monceau et de Saint- Augustin, présente une collection d’œuvres originales sur l’écrivain ainsi que des pièces de haute couture, des photographies, des tableaux, des sculptures. Notre interviewé(e) pose à côté d’une sculpture de Pascale Loisel représentant bien sûr l’auteur d’ « À la recherche du temps perdu

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-A travers sa signature « We connect brand and people », Øconnection est la « première Open Agency française proposant une offre à la croisée des media, des RP, de l’influence, du digital et de l’événementiel » et réunissant plus de 150 talents. Après son entrée dans le Top 20 des agences de communication indépendantes en 2025, Øconnection poursuit sa dynamique de développement en 2026 en rejoignant directement la 3ᵉ place du classement Comvergence des agences médias indépendantes.
De nombreux gains animent l’année en cours, avec notamment l’APEC, Audilab, Marionnaud, la Métropole du Grand Paris, le Groupe ADP, les Championnats d’Europe de Natation 2026 et les Championnats du Monde de Cyclisme UCI 2027.
L’agence amplifie par ailleurs son leadership sur le marché de la communication culturelle avec une PDM de plus de 90% des budgets culturels gérés en agence media (source Kantar) et des gains emblématiques tels que le Musée d’Orsay, la Philharmonie de Paris ou The Grace Company de Benjamin Millepied.
Enfin, Øconnection étoffe ses offres pour répondre aux nouveaux enjeux de la communication avec son partenariat avec Spyne, la création d’Ocube son département Influence et Brand Content, le développement de sa nouvelle offre Stratégie, Data et Innovation.

– Parallèlement, l’AAMI (Association des Agences Média Indépendantes), qui rassemble les 12 principales agences médias entrepreneuriales françaises, célébrera ses 20 ans le 22 septembre 2026 à l’occasion de la deuxième édition de son festival We Love Media, organisé au Trianon et à l’Élysée Montmartre. L’événement réunira tout l’écosystème media autour d’un format original mêlant conférences, networking et programmation artistique. Plus de 800 professionnels y sont attendus pour fêter l’entrepreneuriat, l’indépendance, l’innovation et la valeur humaine du marché de la communication.

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