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Walking Meeting : marcher pour mieux bosser


Publié le 04/11/2019

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En plein essor au États-Unis mais taxées encore d’un certain scepticisme en France, les Walking Meetings sont passé au crible d’Utopies. Afin d’inciter les citadins à se bouger pour une meilleure santé et pour une activité professionnelle épanouissante, l’association a co-signé un guide de sensibilisation à la marche avec la Fédération Francaise du sport d’entreprise.

 

Née en 1993 pour inciter les entreprises à intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans leur stratégie, Utopies s’intéresse à la pratique émergente des walking meetings dans le cadre de sa réflexion sur le sport en entreprise. Les réunions en marchant sont à la croisée de nombreux sujets tels que les villes durables, les nouveaux espaces de travail, la qualité de vie en entreprise, la lutte contre la sédentarité, la libération de la parole et de la créativité, le désengorgement des bureaux etc. Pour inciter le reste du tissu entrepreneurial à se mettre au pas, l’association a co-signé avec la Fédération Francaise du sport d’entreprise un guide destinés aux marcheurs en devenir -laissez la politique en dehors de tout ça-, dont nous vous livrons les principaux enseignements. Vous pouvez le retrouver dans son intégralité en cliquant juste ici. À vos marques.. prêts … marchez !

 

« Mes pensées dorment si je les assis. Mon esprit ne va si les jambes ne l’agitent ». « La marche a quelque chose qui anime et avive mon esprit; je ne puis presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit ». « Seules les pensées qu’on a en marchant valent quelque chose ». Quand on commence son plaidoyer par des citations de  Montaigne, Jean Jacques Rousseau et Nietzche qui vont dans votre sens, autant dire qu’on avance dans la bonne direction. Mais au-delà de l’approbation de nos héros d’antan, il fallait bien un prophète moderne pour convaincre les « walking-ophiles ».

 

 

Une étude sur la ligne de départ

 

C’est au Dr. James Levine, directeur de la Mayo Clinic-Arizona State University Obesity Solutions Initiative, que l’on doit ce nouveau mantra de la qualité de vie et de la santé au travail : « Sitting is the new smoking ». De notre canapé au bureau, dans la voiture ou les transports en commun, nous passons en effet aujourd’hui plus de temps assis que jamais dans l’histoire de l’homo sapiens : en moyenne 7h24 par jour en France, dans la moyenne européenne établie par une étude Harris Interactive de mai 2018, presque autant que nos 8h03 minutes de sommeil quotidiennes. Qu’est-ce que ces données disent de nous ? Tout simplement que nous sommes sédentaires au sens de l’Onaps -l’Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité, puisque nous passons plus de 7 heures assis quotidiennement. 

 

 

 

 

Ne pensez pas que faire du sport à la fin de la journée vous sauvera : rester assis trop longtemps a intrinsèquement des conséquences néfastes pour la santé, peu importe que l’on aille ensuite faire du sport ou non. D’après une étude longitudinale qui a suivi sur 4 ans près de 8 000 Américains, le fait d’être assis plus de 30 minutes sans bouger est déjà néfaste et augmente le risque de décès. Le Dr. James Levine a résumé ses nombreuses recherches en deux phrases à l'occasion d’une interview dans le LA Times en 2014 : « Rester assis est plus dangereux que fumer, tue plus que le VIH, est plus traître que le parachutisme. Nous mourons littéralement par le siège ».

 

 

Improviser ne va pas marcher 

 

Telle une réunion classique, un walking meeting se pense et se prépare en amont. Comme pour toute activité en extérieur, prévoyez des chaussures adaptées et vérifiez la météo : en cas de forte chaleur, évitez les réunions marchées entre 12h et 16h et pensez à emporter une bouteille d’eau si vous n’avez pas la chance de croiser une fontaine Wallace sur votre itinéraire. En termes de durée, le côté sportif de la marche permet de respecter le temps imparti : si certains  le comptent en minutes et préconisent une durée comprise entre 30 et 60 min, d’autres l’évaluent en distance et recommandent un parcours de 3 à 6 km. 

 

Les habitués de cet exercice conseillent généralement de ne pas être plus de trois afin de pouvoir marcher côte-à-côte et de préserver une bonne écoute, le risque d’une réunion plus nombreuse étant de se scinder en apartés de taille plus réduite au cours de la marche. Les boulevards parisiens, avec des trottoirs qui font généralement 8 mètres de large, sont plus adaptés aux réunions en groupe que les rues résidentielles, mais ce qu’ils font gagner en espace est malheureusement perdu en tranquillité. 

 

 

 

 

De plus en plus conscientes du rôle de l’urbanisme dans l’évolution des habitudes des citadins, les villes commencent à se transformer pour permettre une marche plus agréable et replacer le piéton au cœur des préoccupations : piétonisation des centres- villes, limitation de la vitesse et de la pollution, végétalisation des trottoirs, aménagement des berges de fleuves... Certains vont même plus loin en proposant de développer le New Pedestrianism, une théorie selon laquelle l’espace urbain doit avant tout être pensé pour être praticable à pied. On est bien loin de l’injonction de Georges Pompidou dans les années 70, selon laquelle il fallait « adapter la ville à la voiture ». Par extension, on commence aussi à parler de Walkable Urbanism, avec l’idée d’intégrer ces considérations piétonnières dans le design de la ville.

 

 

Remodeler les villes

 

Plus généralement, ce sujet devient un thème de revendication des riverains mais aussi un espace d’innovation pour les villes, à la croisée de leur politique environnementale et de leur politique santé : ainsi Le Plan piéton de Genève, démarche pionnière il y a plus de quinze ans, avait pour but de promouvoir la marche en développant un courant de sympathie autour de cette pratique. Il propose une dizaine de parcours pour faire découvrir la ville et montrer qu’il est facile d’y circuler à pied. Dans le même esprit, la ville de Paris a signé en 2017 la Charte internationale de la marche établie par l’ONG internationale Walk21 et s’est dotée d’une stratégie globale qui passe avant tout par une transformation de l’espace public et une levée des obstacles qui entravent le déplacement des personnes à mobilité réduite. 

 

Ainsi réaménagées, les rues des villes offrent un espace de réunion sain, ouvert et gratuit. Alors que les problématiques d’engorgement des bureaux sont devenues une problématique publique -hausse du prix au mètre carré, surpopulation-, les walking meetings permettent un usage moins systématique des salles de réunion, une diversification de l’usage des espaces...et une réappropriation des espaces urbains par la population active.

 

  

 


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