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Ne vous laissez pas embiobiner !


Publié le 04/06/2019

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ScanUp permet de vérifier les composants des aliments en rayon dans les magasins. Cette application prouve à quel point certains produits bios ne sont pas aussi vertueux qu’ils le laissent penser.

 

 

Au secours ! Faire ses courses devient aujourd’hui, un véritable parcours du combattant. Entre les différents labels éthiques, les garanties « bio », les certifications « 100% naturels » et les étiquettes « produits régionaux », le consommateurs bien intentionné peut facilement y perdre son latin voire même son français. Faut-il privilégier les producteurs locaux ou les aliments bios? Tous les labels bios se valent-ils ou certains sont-ils plus sérieux que d’autres? Quels produits bios sont meilleurs pour la santé ? Doit-on faire davantage confiance à des références qui garantissent le bien-être animal ou à celles, cultivées sans produits chimiques? Pas facile de séparer le bon grain de l’ivraie dans un tel capharnaüm.

 

 

 

Perdus face à l'offre

 

Des applications existent pour tenter de vous faciliter la tâche lorsque vous faites vos courses. ScanUp est l’une d’entre elles . Sa co-fondatrice, Caroline Péchery, ne cherche toutefois pas à berner les internautes. « Beaucoup de gens nous disent qu’ils se sentent perdus lorsqu’ils sont dans les magasins, raconte cette ancienne chargée de développement chez KPMG France. Ils ne savent pas quoi acheter même après avoir scanné les produits sur leur téléphone. L’idée selon laquelle le bio serait la solution à tous les problèmes est en effet fausse. Faire ses course de manière vertueuse est beaucoup plus compliqué que cela ». Désolé de vous décevoir…

 

 

 

 Du bio ultra-transformé…

 

Avec ce produit, le doute ne semble pas permis. Sur ce paquet de quatre fines tranches de jambon sans couenne, le mot « bio » est inscrit avec une police encore plus importante que la marque  elle-même, Fleury Michon. L’emballage garantit aussi que cette viande a été produite avec 25% de sel en moins et qu’elle est issue d’animaux qui ont été nourris sans OGM. Que demande le peuple? Par acquis de conscience, un consommateur averti peut avoir le réflexe d’utiliser ScanUp et là quelle n’est pas sa surprise de découvrir que ce jambon figure dans la septième et dernière catégorie baptisée « Ultra-transformé niv. 1,2 & 3 ». Ce produit bio contient en effet du sucre de canne, du nitrite de sodium et de l’ascorbate de sodium.

 

 

 

Pas très Proust, les madeleines...

 

Les madeleines, elles aussi labélisées bios, de la marque Bjorg cachent, pour leur part, du phosphate de calcium et des carbonates de sodium. « Les certifications bios ne prennent pas en compte les méthodes de production ni le degré de transformation des aliments », regrette Caroline Péchery. Des tomates cultivées en hiver dans des serres chauffées qui consomment énormément d’énergie ou des fruits cultivés au Chili ou au Vietnam et transportés par avion peuvent ainsi être « bios » malgré leur impact pour le moins néfaste sur l’environnement.

 

 

 

 La rébellion s’organise

 

La FNAB (Fédération nationale d’agriculture biologique) et plusieurs associations dont Greenpeace, la Fondation Nicolas Hulot et le Réseau Action Climat viennent d’ailleurs de lancer une pétition nationale pour interdire la production de fruits et de légumes bio hors saison . « Nous défendons surtout les aliments non transformés et nous conseillons aux consommateurs de regarder avec notre application la composition des produits qu’ils achètent et tout particulièrement la présence ou non d’additifs, recommande la co-fondatrice de ScanUp dont l’application qui référence plus de 600.000 produits est consultée par 70.000 utilisateurs réguliers. Il n’existe en effet aucun label qui garantit à la fois les produits bios, leur degré de transformation, leur valeur nutritionnelle et le bien-être animal ». L’anarchie actuelle n’est pas due au hasard mais elle est la conséquence d’une histoire de gros sous.

 

 

 

Guerre économique

 

« Le marché du bio, qui croit de 20% par an, représente déjà 7 milliards d’euros en France, détaille Caroline Péchery. La demande est telle qu’elle a créé une guerre économique. La France importe ainsi 30% de ses produits bio. Pour les fruits et légumes, ce pourcentage atteint 60%. Au fil du temps, la philosophie du bio a été détruite par cette guerre économique ». Une contre-offensive commence toutefois à s’organiser. En s’informant mieux, les particuliers pourront privilégier des produits réellement vertueux. ScanUp a également lancé une démarche de co-création de produits entre les consommateurs et les spécialistes de l'industrie agroalimentaire. Une marque peut ainsi déposer un projet de co-création de produit si celui-ci répond aux critères d'éligibilité Clean Label de l'application (sans additif évalué à risque, sans arôme de synthèse, sans sucre caché ni édulcorant).

 

 

 

Co-créez !

 

Les internautes peuvent alors voter pour le cahier des charges du produit en répondant à quelques questions à choix multiples. Par exemple, l'utilisateur peut choisir l'origine des matières premières, le mode de production ou encore les ingrédients. Le premier produit co-créé par ces « consom’acteurs » est une pizza végétarienne de la marque Franprix. Plus de 4000 personnes ont participé à cette initiative. D’autres projets de co-création sont actuellement en cours sur l’application ScanUp, notamment des biscuits sains et gourmands de la marque Néo Gourmets pour lesquels les utilisateurs peuvent voter jusqu’au 24 juin 2019. A vos smartphones…

 

 

Les applications existent

 

D’autres applications permettent aux particuliers de juger les produits proposés dans les grandes surfaces. Lancée en janvier 2017, Yuka comptait deux ans plus tard 8,5 millions d’utilisateurs dont 50% d’actifs mensuels. 1,2 million de personnes la consultent chaque semaine et 2 millions de produits sont scannés chaque jour sur cette app. myLabel permet, elle, d’évaluer des produits selon une vingtaine de critères qui peuvent être sélectionnés par les consommateurs. Éviter les OGM, les pesticides, les allergènes ou les antibiotiques, refuser le travail des enfants, préserver les populations locales ou assurer une rémunération juste aux producteurs… C’est à vous de faire vos choix.

 

 

Le succès de ces applications est appelé à durer. Une étude de lObservatoire Société et Consommation publiée l’an dernier montre que 7,5 millions de Français sont disposés à utiliser leur smartphone lorsqu’ils font leurs courses afin de se renseigner sur les aliments en vente. Et vous?

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